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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Déclaration

 

enrayer la dangereuse spirale de la violence ethnique en Guinée

 

Dans le cadre de l’exécution de son programme de surveillance du processus électoral en Guinée, la RADDHO, en partenariat avec Trust Africa, a envoyé du 16 au 23 octobre 2010 une mission de trois personnes à Conakry qui fait  suite à une série de missions sur le terrain.

 

La délégation de la RADDHO a rencontré les principaux acteurs de la Transition dont le Premier Ministre, Jean Marie Doré, les deux Vice-présidents du Conseil National de la Transition, Monseigneur Albert David Gomez et El hadj Mamadou Saliou Sylla, le Président de la CENI, le Général Siaka Toumani Sangharé, l’ancien président de la CENI, Loucény Camara, les Centrales syndicales, les deux principales Coalitions des organisations de la société civile, le président de l’Observatoire National des Droits de l’Homme, Aliou Barry, les états major des candidats, le Représentant de l’Union Européenne, Philippe Van Damme et plusieurs autres personnalités et observateurs de la vie politique en Guinée.

 

La nouvelle donne de la situation politique guinéenne depuis l’organisation du premier tour de la présidentielle, c’est le combat de titans sans merci que se livrent les nouveaux aspirants au pouvoir et la résistance farouche des anciens détenteurs du pouvoir qui cherchent à les contenir.

 

L’enjeu de ce contexte étant le contrôle du pouvoir d’état suite à plus de 50 ans de dictatures militaires et civiles au cours desquelles les seules zones de replis et de sécurité pour les citoyens restaient les communautés ethniques et territoriales, transformées en partis politiques et  en instrument de conquête du pouvoir.

 

Delà, le jeu politique dangereux en période électorale de la diabolisation réciproque des groupes en compétition, phénomène tout à fait normal dans n’importe quel contexte démocratique, mais risqué dans la situation d’émergence de la démocratie marquée par la faiblesse de la conscience citoyenne et de la culture démocratique.

 

D’où, la nécessité absolue d’une vigilance de tous les instants de la part de tous les acteurs et de toutes les institutions guinéennes dangereusement traversées par une profonde fracture ethnique qui ne cesse de s’approfondir au fur et à mesure qu’on s’approche des dates fatidiques d’un deuxième tour de la présidentielle impossible à organiser avec sérénité depuis le 27 juin 2010.

 

L’ultime obstacle à vaincre aujourd’hui étant la dangereuse montée de la spirale de la violence ethnique qui a commencé avec la crise de la CENI et qui s’est paradoxalement  accentué de façon imprévisible avec sa résolution.

 

Cette campagne électorale a connu plus d’une dizaine de morts, plus d’une cinquantaine de blessés, des cas de viols et de destructions de biens, sans compter toutes les manœuvres de déstabilisations marquées par la désinformation, les rumeurs, les exagérations, les dramatisations excessives dont il est difficile d’évaluer l’impact sur le climat délétère, les tensions et les violences interethniques. Une violence qui ne cesse de s’étendre dans les régions du pays, notamment à Conakry, Kankan, Kissidougou, Kouroussa, Nzérékoré et Siguiri et qui constitue la plus sérieuse menace contre le processus électoral. Car, désormais le décor et les ingrédients spécifiques des violences armées et des guerres civiles en Afrique sont en place en Guinée.

 

En cas d’échec du processus se présente la douloureuse alternative entre un coup d’état militaire ou un conflit armé car nous avons atteint un niveau ou les leaders politiques ne semblent plus contrôler totalement leurs troupes.

 

La RADDHO :

 

Exprime sa vive inquiétude face aux  menaces qui pèsent non seulement sur la paix et la sécurité de la Guinée mais également de toute la sous-région ;

 

Recommande :

·         Au Chef de l’état, le Général Sékouba Konaté à agir avec plus de célérité et de diligence dans cette phase complexe et délicate de sa mission, de veiller scrupuleusement au consensus national mais également d’assurer un soutien sans faille au président de la CENI, le Général Siaka Toumani Sangharé ;

·         Au Premier Ministre et à son gouvernement dont la mission est d’assurer le succès de la transition démocratique de faire preuve de sagesse, de cohésion, et de rigueur  en appelant toutes les communautés au calme, en condamnant toutes les violences et en prenant les décisions idoines pour les prévenir et réprimer leurs auteurs conformément à la loi.

 

Appelle :

·         La CENI à s’atteler à l’organisation du scrutin du deuxième tour dans des délais raisonnables  et en toute impartialité ;

·         Les candidats à condamner expressément toutes les violences d’où qu’elles viennent ;

·         La société civile guinéenne longtemps considérée comme fer de lance de la transition à jouer pleinement son rôle de force de propositions pour une sortie de crise apaisée  en faisant preuve de recul et d’impartialité par la condamnation de toutes les violences ;

·         La communauté africaine et internationale à se mobiliser pour éviter à la Guinée les aventures  du Rwanda, de la Cote d’Ivoire ou des pays de la sous-région qui ont connu des conflits meurtriers consécutifs à la conquête du pouvoir.

 

Enfin la RADDHO salue chaleureusement l’initiative de la Première Dame et des épouses des candidats consistant à s’impliquer directement dans une campagne pour la paix en Guinée et elle  invite toutes les guinéennes à leur emboîter le pas.

 

Fait à Dakar, le 26 octobre 2010