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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

Encore un drapeau libyen à Aouzou ?


Cette folle rumeur qui circule à N’Djamena me parait invraisemblable. La bande d’Aouzou qui fut un scandale géologique entre le Tchad et la Libye est restituée depuis le 23 février 1994 à notre pays. Il a fallu trois ans de marathon judiciaire devant la Cour Internationale de la Haye pour arracher le procès au profit du Tchad. Durant toute la procédure, les experts des deux pays ont bataillé dur à coups de documentation et d’argumentation devant les grands justiciers de la Haye. C’est l’occasion de rendre ici un vibrant hommage au juriste défunt Abdéramane Dadi qui avait mis tout son savoir-faire au profit de sa patrie (Allah Yar-hama). Si le drapeau libyen flotte encore à Aouzou, ça serait une plaisanterie de mauvais goût. Les nouveaux dirigeants libyens ont d’autres chats à fouetter car ils savent qu’une telle aventure n’est pas en leur faveur. Cette provocation ne peut provenir que de quelques Tchadiens égarés, des eternels assistés. La rébellion est devenue un commerce usurier pour eux. Après quelques troubles dans cette région, ils entameront avec le gouvernement des pourparlers et au nom de la réconciliation nationale ils seront accueillis avec enthousiasme par leurs corégionnaires qui nous gouvernent par la persécution et l’humiliation.    
Rafraichissons la mémoire de nos compatriotes sur le conflit de la bande d’Aouzou qui a fait couler beaucoup de sang, de salives et d’encre. Beaucoup ne connaissent pas certains détails importants de ce différend. En effet, entre 1915 et 1916, une relative accalmie dans la zone Nord du pays a permis aux explorateurs français d’entreprendre des nombreuses recherches scientifiques dans le BET. Une mission de l’Académie des Sciences dirigée par le Commandant Thilo secondé des capitaines Blaizot, Couturier, Figaret, Lacegannt, le Lieutenant Fouche et le Sergent Lauciron, cette mission, disions-nous, a établi son poste de commandement à Faya Largeau et a entrepris de nombreux travaux de recherche géologiques et géographiques. C’est justement cette équipe qui a établi la première carte tant géographique que géologique du BET à l’échelle de 1/1 000 000. Les résultats des recherches de cette équipe ont mis en évidence l’existence dans la région de plusieurs minerais dont l’uranium, le cobalt, le manganèse, le fer, etc. La Libye dont les dirigeants ont eu connaissance des résultats de ces recherches géologiques menées par les anciens colonisateurs dans cette région, a donc cru pouvoir s’en saisir et exploiter ces richesses minières le moment venu. Voila la vraie raison de l’occupation par la Libye de la bande de terre de 114 000 Km2 à l’extrême nord du Tchad.

Le tout remonte en 1935. La France et l’Italie, alors puissances colonisatrices de deux pays, signèrent un traité compensatoire. Ce traité reconnait à l’Italie la possession sur une bande d’environ 114 000 km2 au dessus du Tchad entre le tropique du cancer et les Erdis. En retour de quoi, la France disposait d’une bande de terre en Tunisie et au Niger. Le but en est de permettre à la France de faire une jonction entre ses possessions territoriales de l’Afrique de l’Ouest et celles de l’Afrique Centrale. Sur ce fait, le traité a été ainsi conclu entre les sieurs  Mussolini et Laval respectivement représentants de l’Italie et de la France de jure, il n’ya jamais eu une existence juridique quelconque. En effet, le parlement français n’a jamais eu à ratifier ce traité. Par conséquent, juridiquement, ce traité est nul et de nul effet. D’ailleurs, le traité de paix signé plus tard entre les deux pays (le 10 février 1957) reconnait explicitement la caducité de ce traité Mussolini-Laval et donc l’appartenance de la bande d’Aouzou au Tchad s’impose. En ce temps, la Libye était indépendante depuis 1951, tandis que le Tchad ne l’était pas encore. Malheureusement, ni la France, ni l’Italie au moment de donner l’indépendance à leurs anciennes colonies n’ont eu le moindre souci de l’exploiter clairement (ou plutôt, elles l’ont fait exprès pour créer des problèmes aux deux jeunes Etats dont il faut reconnaitre qu’elles ne voulaient se débarrasser). Ceci étant, la bande d’Aouzou était restée comme une bombe à retardement, que le Tchad trainait derrière lui depuis son indépendance. Et profitant de la situation de troubles créées dans la zone du Nord du pays par le Frolinat, le gouvernement libyen, sous prétexte de venir en aide aux révolutionnaires de ce moment s’est imposé peu à peu dans la région. Et à partir de juin 1973, la Libye réclame officiellement l’application des accords Mussolini-Laval et en vient ainsi à revendiquer ouvertement l’appartenance de la bande d’Aouzou à son territoire. La bande d’Aouzou est depuis le 23 février 1994 restituée au Tchad par le droit.
Al-Hadj Garondé Djarma