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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

francois-hollande

Nul ne saurait le nier. Incontestablement, l'élection à la présidence de la République Française de François Hollande est une bonne nouvelle
pour le peuple tchadien. Elle inaugure une nouvelle ère dans les relations entre le pays des Sao et la puissance qui le colonisa pendant plus d'un demi-siècle. D'ailleurs, Idriss Déby ne s'y est pas trompé lorsque, le 6 mai dernier, il a jeté un cendrier sur sa télévision à l'heure où celle-ci lui apprenait le départ de son ami et bienfaiteur, Nicolas Sarkozy. Car effectivement, ces cinq dernières années, on ne peut pas dire que l'Etat français ait joué un rôle positif dans l'émergence d'un Etat de droit au Tchad.

Plus encore, bien loin d'être indifférent à la tyrannie d'Idriss Déby Itno, il en a été le complice. Plusieurs faits peuvent en attester,
comme ceux qui se déroulèrent lors de l'assaut rebelle contre N'Djamena le 2 et 3 février 2008. Qui pourra oublier ces hélicoptères
de l'armée française qui, prétextant l'évacuation de leurs ressortissants, s'emparèrent du tarmac de l'aéroport et l'utilisèrent comme rampe de lancement pour aller bombarder les libérateurs de la capitale tchadienne ? Qui pourra encore oublier cette posture inqualifiable, celle de Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères de l'époque, qui s'était érigé depuis le Palais de l'Elysée en chef d'Etat-Major conjoint de l'armée d'Idriss Déby et des forces Epervier ? Qui pourra enfin oublier le silence coupable de la France devant l'arrestation de l'opposant démocratique Ibni Oumar Mahamat Saleh, silence qui fut acheté à grands renforts de valises remplies d'argents et transportées par un des plus proches amis de Nicolas Sarkozy, le député Patrick Balkany ? Cette connivence fut à la hauteur de l'affront fait par le pays de Mirabeau et de Victor Hugo au peuple tchadien. Innommable.

Mais, malgré les avanies, malgré les injustices, la grande majorité de nos compatriotes continuent de croire en une France fidèle à son
Histoire et fidèle à ses valeurs. Cette France, ce n'est pas le masque hideux que s'échinent à lui tresser les tenants de la Françafrique,
cette France, ce n'est pas non plus cette clique avide d'argent et de pouvoir qui entourait le Président sortant, cette France, c'est celle
qui a toujours porté haut le flambeau de la liberté à travers les âges et à travers le monde. Et il reste fort à parier que la classe
politique qui accède aujourd'hui au pouvoir dans l'hexagone sera en mesure de restaurer cette flamme vacillante.

Car, oui, un faisceau d'indices laisse à penser que la politique française à l'égard du continent africain se transformera sensiblement
dans les mois à venir. Et la nomination comme conseillère Afrique de François Hollande de Hélène Le Gal (qui sera appuyée par Thomas
Melonio), peu introduite dans les réseaux françafricains, n'en est qu'un avant-goût. En effet, de nombreuses personnalités du Parti
Socialiste réclament depuis fort longtemps un renouveau dans les relations entre la France et ses anciennes colonies d'Afrique
francophone, notamment le Tchad. Pour ce dernier, les noms du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, de celui qui le secondait au groupe
parlementaire PS,un certain député Gaëtan Gorce et même du nouvel ambassadeur de France au Tchad, Michel Reveyrand de Menthon (par ailleurs conjoint de Marisol Touraine) peuvent être mis en exergue. Signeront-ils l'acte de décès de l'ingérence néfaste de la France au
Tchad ? Il serait inconséquent de ne pas l'espérer.

Nonobstant, il convient de ne pas attendre béatement que la girouette de la politique française à l'égard de l'Afrique se tourne vers des
auspices plus radieux et plus conformes à son statut de pays protecteur des Droits des l'Homme. Certes, la fenêtre d'opportunités
de ceux qui veulent mettre à bas le régime sanguinaire d'Idriss Déby s'est largement ouverte avec l'arrivée à l'Elysée de François
Hollande. Mais c'est à nous, tchadiens, de prendre notre destin en mains. Ni la France, ni aucune autre puissance à travers le monde, ne
pourra le faire à notre place. Nous devons, par les armes s'il le faut, renverser Idriss Déby et ses courtisans, pour que la République
du Tchad puisse enfin avoir accès au développement et à la prospérité.
Sans rien demander à personne, surtout pas à notre ancien colonisateur.

Car, contrairement à Idriss Déby, nous ne nous abaisserons jamais à demander des armes, des chars, des hélicoptères pour imposer le
silence à une population indigente, nous ne nous avilirons jamais à réclamer des conseillers techniques à la Présidence pour établir un
plan de bataille destiné à réprimer toute velléité libertaire, nous ne quémanderons jamais aucune couverture pour venir arrêter un opposant
un peu trop charismatique devant sa femme et le dernier de ses fils.
Nous ne sommes pas de la même race que ceux qui gouvernent actuellement le Tchad. Nous savons que notre combat est juste et qu'un
jour ou l'autre, il triomphera, même sans appui extérieur. Tout ce que nous pouvons demander à nos amis français, c'est de considérer avec
une bienveillance de principe tout mouvement qui se lèvera pour un Tchad meilleur. Ainsi, et seulement ainsi, la grandeur de nos deux
pays en ressortira renforcée et les liens indéfectibles qui les unissent se trouveront lavés des stigmates du passé.





Oumar Amarak

Correspondance de Biltine

Rédaction de Tchadenligne.com