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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

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 Comme nous vous l’avions annoncé précédemment, il y’a plusieurs zones d’ombres qui couvrent le retard sur le calendrier à propos du déplacement du médiateur Abderaman Moussa à Khartoum.

 

Avant d’évoquer ce cas important dans la suite des événements, nous voudrions d’abord poser l’optique de la situation intérieure qui demeure profonde au sein même du clan des Itno et des zaghawa au sens configuration large. 

Depuis l’avènement de l’expulsion du Dr Khalil Ibrahim (chef rebelle soudanais du MJE), la situation s’est réellement tendue et la méfiance de mise, car ne l’oublions pas, la dictature de Deby Itno avait privilégié leurs frères zaghawa soudanais au détriment des Tchadiens au sein de l’administration et l’armée. Pire, la majorité des hommes dans les rouages de l’état sont dirigés par ces semi-analphabètes qui prêtent allégeance à Dr Khalil Ibrahim en premier et Idriss Deby en second. Si l’évacuation cinéma du MJE du Tchad vers le Darfour demeure une chose que beaucoup de ces sacrifiés ne l’ont gobé, ils sont nombreux à ronger leur frein quant aux sentiments de s’y sentir flouer par un homme envers lequel tout a été sacrifié.

 

Ces Zaghawa soudanais existent bel et bien. Ils deviennent comme une épine aux pieds des caïds du régime qui voit en eux un danger permanent, et des suppôts qu’il faut écarter. La défiance établie entre ce clan et le perroquet multinational Ahamat Bâchir se passe de commentaires. Menaces, diatribes et caches-caches se passent entre un ministre qui connait ses limites, une frousse sans pareil, et la majeure partie de cette communauté qui se comporte comme des califes en territoire des zèbres. Tout changement à la tête d’une colonne de la milice de ce régime est fait méthodiquement, appelant à un mouvement de troupe pendant la nuit, comme pour neutraliser tout once de revolte.

 

Parallèlement à cette situation, le système du despote tchadien est noyé par quelques proches parents suspectés d’intelligence pour déposer le dictateur tchadien s’il arrivait à ne plus pouvoir gouverner. La fameuse réunion à laquelle quelques caciques de la garde rapprochée avaient assisté fut interprétée comme une traitrise, et le dictateur décida de limoger quelques protégés. Si la nature exacte de ce qui s’est passé reste encore comme un mystère, il n’y a aucun doute sur le malaise général qui gangrène un clan qui pendant longtemps est resté au pouvoir en terrorisant les Tchadiens dans leur quotidien et leur intimité de citoyen.

 

Aujourd’hui tout semble se mélanger dans l’amalgame. Si dans le subconscient des Tchadiens certains pensent que le salut viendra de l’intérieur, d’autres croient encore à l’opposition armée. Mais l’arithmétique de la situation actuelle appelle à la relève pour que la lutte puisse être posée autrement. L’éclatement et les dissensions de la rébellion laissent place à un vide que l’adversité ne soit posée. Et, ce cadre non homogène arrange le régime de N’djamèna…

 

La nature a horreur du vide dit-on, mais ce vide n’est pas anodin. Il est le facteur d’une entité qui se déprécie et qui amène les discrédits à elle. Un vide qu’il faut vite savoir combler, car fondamentalement le peuple tchadien veut le changement, réellement démocratique. La prise du pouvoir pour le pouvoir ne peut constituer un apanage de conviction.

 

Le pourrissement et les fractions amenuisent le véhicule de l’improbable. E t nous y voilà face à un jeu d’échec que se voue le pouvoir en place.

 

Si le médiateur Abderaman Moussa est retardé dans son départ vers Khartoum, c’est parce que deux facteurs se jaugent dans l’optique des résultats. D'abord, il faudrait savoir que l’homme n’approuve pas l’aspect échec d’un projet, et que s’il devait faire le déplacement au Soudan, il voudrait que cela se finisse par un résultat positif. Mais tant que les Soudanais n’émettent pas des signaux clairs poussant l’opposition à rallier, il n’irait pas pour des sardines. À sa randonnée de pêche, il voudrait des gros poissons. Mais les Soudanais ne sont pas dupes, car ils connaissent l’appui en sous-main du régime tchadien au MJE par la connexion solidaire inter zaghawa. Rien ne dit que les cadres de la rébellion seront mis dehors comme certains l’espèrent, et les supputations çà et là d’une certaine gent sur le sort négatif de cette même opposition armée est sans fondement. Restons dignes même si notre tristesse est légitime.

L’autre aspect du retard d’Abderaman Moussa relève de la stratégie tout court, car les conseillers par parcimonie jouent sur le pourrissement et la division. Certains continuent de souffler sur la braise à travers les traitres établis parmi les membres de la rébellion afin que tout soit intenable, et pousser ainsi tout le monde à jeter l’éponge. Dans la foulée, le médiateur viendrait récupérer toutes espèces fatiguées et tourmentées.

 

De toute évidence, ce n’est qu’après la visite incongrue d’Abderaman Moussa à Khartoum que les vraies choses vont se dessiner. Mais fondamentalement rien ne change, car la majeure partie des Tchadiens veulent le changement, et des hommes pour porter ce fait existeront toujours.

ASSILECK HALATA Mahamat