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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

PENSONS-Y

La fonction publique tchadienne connait un dysfonctionnement due à plusieurs décennies de guerre qu’a connues notre pays. Jusqu’à présent, nous ne disposons pas d’un fichier unique permettant l’identification des agents de la fonction publique. Disposer d’un fichier unique permettrait de cerner l’effectif des fonctionnaires, d’empêcher la saignée du trésor, de réduire la masse salariale et de mieux gérer la carrière des fonctionnaires. 

Ces ressources supplémentaires dégagées seront redirigées vers d’autres secteurs prioritaires .Comme tout pays, le Tchad doit disposer d’une stratégie en matière de reforme de la fonction publique, des cadres bien formés existent et les compétences ne manquent pas .Mais force est de constater qu’aujourd’hui, on essaye de montrer qu’au Tchad, qu’il n’y a plus d’analphabète qui commandent des diplômés: ces gens apprennent un peu le français, se fabriquent un bac, arrivent à l’extérieur utilisent toujours le même chemin pour avoir un nouveau diplôme, ils repartent et occupent des postes qui leurs sont déjà réservés . Ceux-là ne seront pas efficaces malheureusement, ce n’est pas la peine de prendre les mêmes et recommencer, la base étant déjà faussée. Il faut « decancrétiser » la fonction publique, qu’on fasse appel à d’autres compétences, jeunes surtout avec des idées innovatrices à la place de ces fonctionnaires fictifs qu’on aura dégagés, ou organiser des concours professionnels pour les fonctionnaires.

Ces derniers que vous envoyez à l’extérieur sont sélectionnés sur quels critères ? On ne sait pas. Ils ont occupé des hautes fonctions pour certains mais ils nous font honte. Parfois quand je discute avec certains, ils ont un niveau de technicité lamentable que lorsque tu regardes leur tête tu te  poses même la question si ces gens ont le cervelet plus grand que celui d’un criquet pèlerin. Comment ces gens peuvent-ils prendre  des décisions pour le bon fonctionnement d’une administration ?

Il faut remarquer que l’évolution technologique au Tchad ne suit pas le contexte mondial et surtout même pas celui de l’Afrique pour diverses raisons, combien de services en province ne disposent même pas d’un seul ordinateur? C’est vraiment un frein pour notre développement. Sous d’autres cieux aujourd’hui pour créer une entreprise, on dispose d’un guichet unique où toutes les formalités s’y passent, or chez nous c’est toujours comme au temps de Fort Lamy où il faut passer dans plusieurs bureaux et la nouveauté, il faut que chaque chef de bureau s’assure de sa part de «  gombo ». Une pensée à ces retraités qui pour avoir ce qu’ils ont cotisé doivent trimer et se faire humilier dans les services. Mes hommages à ces veuves, ces veufs ou à ces orphelins qui devraient attendre longtemps avant d’entrer en possession de leur droit ou sans pitié se faire encore arnaquer par certains agents de la fonction publique. Faisons quelque chose pour réduire le cash-flow des actes administratifs donc de la corruption.

Le Tchad dispose quand même des meilleurs textes mais leur application pose problème. Certains voient dans ces textes leurs avantages volés en éclat, ils sont prêts à s’y opposer par tous les moyens, des cadres plein d’esprits innovicides. On ne parle plus patrie mais de ses intérêts personnels. Au Tchad l’Etat c’est nous tous et personne à la fois. D’abord moi, ensuite ma famille enfin mon clan.

Les analphabètes ont pris le dessus au Tchad sur les intellectuels. Aujourd’hui un jeune diplômé plein d’ambitions, compétent se heurtera à difficultés de toutes sortes pour la mise en œuvre de ces projets de la part des ressortissants de son propre village, qui pour des raisons politiques veulent se positionner comme leaders chez eux. En réalité se sont des gens mal intentionnés, qui ne savent que colporter des ragots. Essayons de vérifier minutieusement leur propos avant de prendre toute décision. Si la politique actuelle est de diviser pour mieux régner, qu’il en soit ainsi. Ces leaders ethniques ou des villages veulent s’imposer par tous les moyens en faisant du «  doungourou », à entrer dans les sectes bizarres, pratiques étrangères à la culture tchadienne. C’est quand même au Tchad que quelqu’un qui ne sait ni lire ni écrire veut avoir un poste de responsabilité gouvernementale, c’est parce que jusque là, on n’a rien fait pour montrer à chacun, la place qu’il peut occuper et apporter sa pierre pour l’édification d’un Tchad fort et prospère dans la paix et la quiétude.

Le président à promis au moins 6ooo emplois aux jeunes chaque année pour les années à venir, voilà une très bonne initiative. Mais sachez que les emplois ont toujours existé mais qui sont consacrés à quelques privilégiés. Qu’il y ait une certaine transparence autour de ces recrutements au besoin organiser des concours serait l’idéal. Si le chef de l’Etat continue avec sa politique de ni or, ni argent…Ce sera toujours la même chose et les couches défavorisées vont toujours se plaindre. Là encore, avons-nous pensé à ces jeunes de la campagne, à ces artistes, à ces sportifs…Je pense qu’avec l’éducation que nous offre le Tchad, il est difficile que les tchadiens de l’intérieur puissent assurer un rayonnement du Tchad dans certains domaines… Le Tchad dort encore et son sommeil est profond, mais sur le plan sportif, culturel avec un peu de moyens, le Tchad brillera dans le concert des nations. Pour la petite histoire, à la coupe d’Afrique de basket qui s’est passée en Algérie, deux amis d’enfance de Sarh, jouaient pour la Centrafrique, ils m’ont dit qu’ils s’étaient présentés pour jouer avec le Tchad mais ils n’ont pas été sélectionnés. Pour émerger, il faut partir ailleurs ou les conditions sont réunies et hypocrisie aidant, on t’accueillera à grande pompe lorsque tu deviendras héros national (présents, accueil la présidence…)

Il faut aussi noter qu’il ya un effritement de la fibre patriotique, on ne croit pas à notre pays. Malheureusement beaucoup de jeunes tchadiens ne te diront pas qu’ils travailleront pour le Tchad mais te diront qu’ils iront bouffer. C’est la vache à lait qu’il faut traire à volonté .Beaucoup même te diront que toi seul, tu ne pourras relever le Tchad.

Il faut qu’on développe cette fibre patriotique, apprendre incessamment à ces jeunes que le Tchad c’est le plus beau pays du monde, le plus beau cadeau que Dieu nous a donné mais que c’est nous, ces minuscules êtres, ces microbes qui avons rendu l’atmosphère invivable pour satisfaire nos intérêts égoïstes.

Actuellement, on court sur un toit, on colmate les brèches pour avancer, on finira un jour par s’arrêter si on continue dans ce sens. Asseyons nous, pardonnons nous, faisons un travail de fond pour construire le Tchad sur du roc, on se bombera la poitrine et on fera face à n’importe quelle nation sinon un simple vent emportera tout ce qu’on a tenté de faire.

Que Dieu bénisse le Tchad.

 DJARYANG Djouma

Informaticien-économiste-manageur des projets