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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Quel bilan peut-on tirer par rapport à l’adoption par le Tchad de la déclaration universelle des droits de l’homme (DUH) ?

A l’occasion du 61ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le collectif des associations des droits humains (CADH) a dressé jeudi, 10 décembre 2009, à travers une déclaration de circonstance, un bilan sombre des droits de l’homme au Tchad.

Selon le collectif, le Tchad, Etat partie, a bien réaffirmé dans sa Constitution de 1996 révisée par la loi constitutionnelle n°8/PR/2005, les principes de la sacralité et de l’inviolabilité de la personne humaine, contenus dans la DUH. L’article 17 de cette Constitution stipule que la « personne humaine est sacrée et inviolable ».

Or, que constate-t-on aujourd’hui ? Les défenseurs des droits humains soulignent que « dans la pratique, le caractère inviolable et sacré de la personne humaine n’est pas respecté. Chaque jour que Dieu fait, les Tchadiens de deux sexes de toutes les régions, de toutes les contrées sont victimes des enlèvements et disparitions forcées, des arrestations et séquestrations arbitraires et illégales ». Ils font également état « des exécutions sommaires et extrajudiciaires, des assassinats et braquages, des vols à main armée, des déportations dans des prisons de haute sécurité sans contrôle des instances compétentes. »

Le collectif note que les droits à l’intégrité physique et morale des Tchadiens sont bafoués. « Ils subissent régulièrement des traitements cruels, inhumains ou dégradants et des tortures ». Pire, « les présumés tortionnaires jouissent d’une impunité totale et continuent à occuper les hauts postes de responsabilité dans l’administration publique et dans des différents démembrements de l’Etat, pendant que les victimes continuent à souffrir des séquelles de leurs actes sans toutefois obtenir réparation », poursuit-il.

Les ADH mentionnent aussi que le droit à la dignité et à l’intégrité physique et morale n’est pas respecté dans tous les lieux de détention, y compris la tristement célèbre prison de Korotoro. « Il est une obligation pour l’Etat de tout mettre en œuvre pour que les personnes privées de liberté soient traitées humainement », plaide le collectif.

Il constate que les « multiples mesures antisociales prises par le gouvernement dans le cadre de la cherté de la vie censées garantir les droits socioéconomiques constituent une violation des dispositions de la DUH. La mesure relative au déguerpissement prochain des personnes dont les habitations sont riveraines des voies bitumées sommées de construire les maisons en matériaux durables dans un délai de 4 mois ou de déguerpir, comme si le gouvernement avait une politique d’allocation ou de distribution gratuite de matériaux de construction ou de crédits », illustre cette situation, s’indigne le collectif.

Les défenseurs des droits humains indiquent qu’aussi longtemps que l’impunité prévaudra, que le système judiciaire ne sera pas véritablement indépendant, que les hommes en arme continueront à faire la loi, que les discriminations, les inégalités et les pratiques de discriminations sociales persisteront, l’horizon des droits de l’homme au Tchad restera assombri.

Le collectif souhaite voir le Tchad cité comme exemple des pays où les droits de l’homme sont respectés, comme un véritable Etat de droit et un havre de paix. Que le démarrage du projet d’application de la réforme judiciaire soit le début de l’avènement de cet Etat de droit que tous les Tchadiens appellent vivement de leurs vœux. Pourrions-nous espérer la même chose avec les recommandations issues des états généraux de l’armée pour que le droit d’aller et de venir et la sécurité de personnes soit garanties et qu’il n’y ait pas d’atteinte à l’intégrité physique du fait des forces de sécurité.

En ce jour de l’anniversaire de la DUH, le collectif des associations des droits humains exhorte les défenseurs des droits humains à plus d’ardeur et de vigilance pour faire triompher les droits de l’homme. Il exige du gouvernement les suites judiciaires de la commission d’enquête sur les événements des 2 et 3 février 2008.

Alphonse Dokaly