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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

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Ayant pris connaissance de votre communiqué interprétant le droit comme votre protégé interprétait les droits de l’homme lorsqu’il était aux affaires au Tchad, je ne pouvais rester sans donner mon droit de réponse.

Dans votre communiqué, vous avancez que le Sénégal doit respecter l’autorité de la chose jugée en respect des arrêts et décisions prises par les tribunaux sénégalais et la cour de justice de la CEDEAO et ne pas se conformer à l’arrêt de la CIJ.

Ma première question en somme est : Est-ce que les tribunaux sénégalais ou la cour de justice de la CEDEAO se sont prononcés sur les faits à lui reprocher à Hisseine Habré pour parler d’autorité de la chose jugée ?

La réponse est naturellement non.

Un récapitulatif non exhaustif de l’affaire dite Hisseine Habré s’impose pour voir plus net. 

 

-         Plainte des ADH et des victimes

-         Inculpation par un juge sénégalais

-         La justice sénégalaise déclare ses tribunaux incompétents au regard de la législation en vigueur à cette époque au Sénégal

-         Plainte en Belgique des victimes et désignation d’un juge d’instruction

-         Lancement d’une commission rogatoire

-         Mandat d’arrêt international et saisi de la justice sénégalaise pour demander l’extradition vers la Belgique

-         La justice sénégalaise se déclare une fois de plus incompétente à se prononcer sur la demande belge d’extradition de Hisseine Habré

-         Résolution de l’UA demandant au Sénégal de trouver la formule pouvant organiser le procès Hisseine Habré sur les présomptions de crimes à lui reprocher au nom de l’Afrique

-         Saisi par la défense de Hisseine Habré de la cour de justice de la CEDEAO pour rappeler au Sénégal l’autorité de la chose jugée par ses tribunaux qui s’étaient déclarés incompétents à l’organisation d’un procès Hisseine Habré au Sénégal.

-         Gain de cause de la défense de Hisseine Habré à la cour de justice de la CEDEAO estimant que la résolution de l’UA demandant au Sénégal d’organiser un procès Hisseine Habré au Sénégal n’a pas de valeur juridique et que seul l’arrêt de la cour de cassation du Sénégal déclarant ses tribunaux incompétents à juger Hisseine Habré a force de droit. Il n’en demeure que la cour ne s’est pas prononcée sur le fondement juridique à la décision en incompétence prononcée par les tribunaux sénégalais à examiner la demande d’extradition en Belgique.

-         Nouvelle demande d’extradition de la Belgique suivant le mandat d’arrêt international qu’elle avait précédemment lancé.

-         Une nouvelle fois les tribunaux sénégalais se déclarent incompétents à examiner la demande belge.

-         L’UA réaffirme sa résolution malgré l’arrêt de la cour de justice de la CEDEAO et demande au Sénégal d’adapter sa législation ouvrant la possibilité de mettre en place un tribunal ad hoc ou spécial sous l’égide de l’UA ; ce que le Sénégal a fait.

-           Tergiversation autour du financement pour la mise en place du tribunal et l’organisation du procès.

-         Recours de la Belgique devant la cour internationale de justice pour exiger du Sénégal de juger, en sachant que sa législation a été adaptée, ou d’examiner ses demandes d’extradition. Rappel : Les tribunaux sénégalais n’ont jamais examiné les demandes d’extradition ; ils se sont seulement déclarés incompétents à les examiner.

-         La cour internationale de justice ordonne au Sénégal de juger ou d’extrader Hisseine Habré sans délai. On peut lire dans cet arrêt qu’il y a match nul entre le Sénégal et l’UA d’une part et la Belgique d’autre part.

 

 

Vous conviendrez qu’il n’y a pas matière au regard de ce qui précède de parler d’autorité de la chose jugée sauf à penser que lorsqu’un tribunal se déclare incompétent à juger cela est constitutif d’un non-lieu général sur tout les présumés faits reprochés à votre protégé.

Ignorez vous que les arrêts de la CIJ sont supranationaux et même supra sous régionaux ? L’arrêt de la CIJ n’est rien d’autre que d’exiger du Sénégal le respect de ses engagements internationaux de poursuivre les personnes présumées coupables de crimes contre l’humanité en sachant qu’il a ratifié la convention des nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 26 juin 1987. En d’autre terme, la CIJ rappelle que l’incompétence prononcée par les tribunaux sénégalais n’est pas justifiée au regard de ladite convention.

Au regard de cette convention, je ne sais même pas ce que fait l’union africaine dans cette affaire si ce n’est que le Sénégal ait épuisé ses manœuvres dilatoires et passe le relais à l’UA pour servir de bouclier et aussi et surtout que l’éventualité d’un procès ou son extradition fasse jurisprudence.

Par ailleurs, vous accusez l’occident (France, USA etc..) de vouloir régler des comptes avec Hisseine Habré tout comme vous associez à cette soi-disant cabale il y a quelque année la Libye de Kadhafi. Pour ce dernier, vu ce qui était sa nature et celle de son régime, parler de justice ou de faire traduire en justice est une aberration. S’il voulait éliminer physiquement Hisseine Habré, rien ne l’aurait empêché dans un pays comme le Sénégal ou tout ou presque s’achète (confréries, hommes politiques etc.)

Pour ce qui concerne les occidentaux, soyons sérieux.

Ce n’est pas la France et les USA qui l’ont armé via l’Egypte, Maroc et Soudan pour prendre le pouvoir en 1982 ?

En 1983, ce n’est pas les armées française (opération Manta) et zaïroise (à la demande des USA) qui lui ont permis de repousser de (Abéché, Arada, Salal ) et ensuite de contenir les troupes de Goukouni Weddeye appuyé par l’armée libyenne au niveau du 16ème parallèle Nord ?

En 1984, ce n’est pas la logistique française et l’appui des services de renseignement militaire centrafricain (à la demande de la France) pour venir à bout des CODOS de Kotiga et Tokino soutenu indirectement par la Libye via le Congo Brazzaville ?

En 1985, la CIA n’a-t-elle pas formée en Egypte et aux USA les agents de la DDS ?

La même année, les USA n’ont-ils pas commencé à financer la formation des commandos tchadiens à kota-koli au Zaïre et livrer massivement de l’armement ? A votre avis, est ce par altruisme ? Les Ndjaménois se souviennent encore des avions GALAXI faisant au moins 4 rotations par mois.

En 1986, qui a été reçu par le Président des USA ? A ce jour, c’est le seul président tchadien depuis l’indépendance reçu par le Président US. Ça en dit long sur l’importance dont il jouissait pendant cette guerre froide ! La même année à qui la France avait envoyé un corps expéditionnaire (opération épervier) pour éventuellement contenir l’armée libyenne si la reconquête du Nord en préparation tournait mal ?

Qui avait parachuté à Zouar et Bardaï des armes et munitions aux troupes précédemment de Goukouni qui s’étaient élevés contre les troupes libyennes ?

En 1987, avec quel moyen l’armée tchadienne avait fait face à l’armée libyenne au Nord ?

La même année, qui avait été reçu en grande pompe au défilé du 14 juillet en France pourtant 10 ans plutôt, il avait fait enlever 2 français (Marc Combe et Françoise Clautre et plus tard le mari) et fait exécuter un officier français le Capitaine Galopin. N’est ce pas, on passe l’éponge au nom de la sacro sainte raison d’état ?

Déjà en 1978 qui avait imposé au Président du Tchad de l’époque le Général Malloum face à la pression des hommes de Goukouni déjà armé par la Libye à négocier avec un rebelle aux abois dans le massif d’Aramkolé dans l’Est du Tchad ?

En 1990, la guerre froide terminée, la France devenu « ami » de la Libye ont bel bien armé les hommes de Idriss Déby pour se débarrasser d’un allié voulant exploiter le pétrole de son pays avec l’aide des USA.

 L’histoire retiendra que la France ELF s’est retirée de l’exploitation du pétrole tchadien en 1998. Pourquoi ? Les français aient militairement avec les angolais et l’argent de ELF fait partir Pascal Lissouba du Congo au motif qu’il avait signé des contrats pétrolier avec  Exxon mobil et Chevron (USA) Le tout premier acte du gouvernement Sassou Nguesso en octobre 1997 était d’annuler les contrats. Naturellement cela allait irriter les compagnies américaines et semble t-il l’arrangement trouvé avait été l’abandon par ELF du pétrole tchadien qui allait tout naturellement se tourner vers des compagnies américaines. Ce qui est actuellement le cas.

 

En conclusion, Hisseine Habré n’avait été rien d’autre qu’un pion sur l’échiquier de la guerre froide armé et soutenu par les occidentaux pour contrer les velléités libyano-sovetique en Afrique au même titre qu’un Pinochet au Chili ou Mobutu au Zaïre chargé d’aider l’UNITA de Jonas Savimbi contre Dos Santos aidé par Cuba et l’URSS.

Vous avez certainement suivi les conséquences pour Jonas Savimbi dû au changement d’alliance. Aujourd’hui, je ne doute pas un instant, bien au contraire de vous autres collectif de soutien à Hisseine Habré, que les occidentaux ne souhaitent pas donner une tribune à Hisseine Habré ; il en sait suffisamment assez pour nuire à la réputation de ces occidentaux en Afrique pendant cette époque. Rassurez vous, malgré l’arrêt de la CIJ et les gesticulations des autorités sénégalaises et de l’UA, un procès Hissseine Habré ce n’est pas pour demain au même titre qu’un Pinochet mort dans son lit après 15 ans de procédure, d’inculpation, de mandat d’arrêt, d’une rétention à Londres.

Entre-temps, nous autres, attendons de voir en rêvant d’un procès et surtout qu’il reste assez de survivants de ce que l’avocat sénégalais d’Hisseine Habré, un juriste approximatif, appelle des « Vendus »

 

 

 

 

DEFALLAH HATAP