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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

gadaye2-1-.jpgDr Ali Gadaye

 

Le principe de l’intangibilité de frontières héritées de la colonisation décidé par les chefs d’Etat africains lors de la conférence constitutive de l’Unité Africaine (OUA) tenue en 1963 à Addis Abéba, est la plus parfaite illustration de la sagesse africaine. En effet, lors de la conférence de Berlin en 1885, les dirigeants des anciennes puissances coloniales avaient sérieusement balkanisé l’Afrique en zones d’influence. La partition opérée à cette époque n’obéissait à aucun critère objectif si ce n’est à cette logique arrogante dite de « la terre appartient aux premiers occupants ».
 

Ce système avait fragilisé l’Afrique et avait placé le continent sur un volcan qui risque à tout moment de connaître une éruption. En effet, c’est l’arbitraire qui avait présidé, au découpage et au tracé des frontières en Afrique. La partition d’un même pays en plusieurs et la fusion forcée des territoires qui ne repose sur aucun petit commun dénominateur fut la règle de la logique suivie par les conférenciers de Berlin en 1885. En 1963, lors de la conférence d’Addis Abéba les sages africains ont décelé le danger qui guète le continent et qui avaient refusés de prendre tout acte susceptible d’aggraver la situation. D’où la résolution du principe de l’intangibilité des frontières héritée de la colonisation.


Il est vrai que certains pays comme, le Maroc ou encore la Somalie ont émis des réserves justifiées par leurs revendications des territoires qui étaient sous occupation coloniale. Toutefois la résolution a recueilli presque le consensus des chefs d’Etat et de gouvernement réunis à l’époque à Addis Abéba.


Cette résolution quels que soient les griefs qu’elle peut susciter a le mérite d’avoir stabilisé l’Afrique et empêché l’éruption du volcan endormi. Un demi siècle plus tard nous nous trouvons à la veille d’un tsunami qui remettra sérieusement en cause la stabilité de l’Afrique et compromettra à jamais le développement de ce continent. En effet, Néfacha a permit au sud Soudan de renoncer avec la paix. Et des efforts endogènes et exogènes énormes ont été fournis pour repenser les plaies et permettre à cette partie du soudan de renouer avec la paix et la stabilité qui conditionnent le développement économique et social. Les conférences d’Oslo et de Djouba furent des étapes pour la mobilisation de la communauté internationale afin de permettre au peuple du sud Soudan de jeter les bases de son émancipation et de son développement. Nous sommes à quelques mois du referendum prévu par les accords de Néfacha.

La sagesse voudrait qu’à la veille de cette phase importante dans l’histoire du Soudan entier, qu’on oriente nos pensées à la mémoire des milliers de martyrs qui ont péris dans cette guerre d’un demi siècle, aux victimes, aux veuves et orphelins et éviter d’entreprendre tout acte susceptible de contrarier les idéaux dont ils sont porteurs.


Nous sommes convaincus que la majorité des martyrs rêvaient d’un soudan uni, fort, prospère et démocratique. Un soudan qui servira d’exemple pour l’Afrique en matière de justice, de liberté, de respect des droits de l’homme et d’égalité entre les citoyens.


Parmi les martyrs porteurs de ces idéaux, nous pouvons citer sans risque de nous tromper feu John Garang et feu Mohamed Saleh Aziber. Par respect de leur mémoire les responsables soudanais qu’ils soient du nord ou du sud et surtout par souci de préserver l’intérêt de leur pays et au delà la stabilité du continent, ils doivent se départir de toute idée de haine et de revanche en ouvrant une nouvelle page qui prend surtout en compte la préoccupation de laisser un héritage digne de respect aux générations futures.


Par ailleurs, la commission de l’union africaine doit prendre ses responsabilités afin de permettre à l’Afrique d’éviter une catastrophe prévisible. Car en tant qu’héritière de l’actif et du passif de l’organisation de l’Unité Africaine, elle doit tout faire pour éviter l’ouverture des brèches pouvant mettre en cause le principe de l’intangibilité des frontières.

A cet effet la mise en place d’un comité de sages composé des chefs d’Etat et de gouvernement en exercice à l’instar de leur excellence :



 

1. Mohamad Hosni Moubarak


2. Abdoulaye Wade


3. Mouammar Kadhafi


4. Meles Zenawi


5. Paul Bya


Auxquels, il convient d’ajouter des anciens chefs d’Etat ou de hautes personnalités africaines comme :


1. Olessegun Obassanjo


2. Alfa Omar Konaré


3. Daniel Arap Moi


4. Tabo Mbeki


5. Ahmad Ben Bella


6. Kofi Annan


Ce comité sera piloté par le président en exercice de l’union africaine son excellence Bingu Wa Mutharika président du Malawi. Le comité aura pour mission de tout mettre en œuvre pour aider les soudanais à sauver et préserver l’unité de leur pays. Nous sommes persuadés qu’un tel objectif est encore à la portée de la main pourvu que le comité arrive à trouver les bons arguments pour dissuader les uns et les autres d’éviter à conduire le Soudan et le continent Africain avec vers un saut dans l’inconnu et dont les conséquences pourraient être périlleuses.
Rappelons à cet effet, l’adage de sagesse africaine qui dit : « si la case de votre voisin prend feu portez-vous au secours avant que le feu ne déborde sur le votre » en d’autres termes les pays voisins du Soudan doivent plus que les autres s’investir pour éviter un précédent qui risquerait de les atteindre.


Un autre adage de chez nous dit : « ne peuvent devenir de vrais amis que ceux qui se sont battus ».

 


Les soudanais se sont bien battus, ils se sont découverts.

Ils ont donc tout intérêt à plutôt maintenir et consolider leur unité. Si l’on ajoute à ces considérations leur expérience acquise en tant qu’associés dans la direction du pays depuis Néfacha, nous pensons à juste titre qu’ils sont à même d’exploiter tous ces atouts pour se forger un système de bonne gouvernance susceptible de faire tache d’huile en Afrique.


Enfin nous voudrions rappeler à l’intension des dirigeants de notre continent que les velléités cessésionistes sont vivaces un peu partout en Afrique. Ils nous incombent de tout faire pour éviter tout déclic qui pourrait les déclencher.

 
Fait le 20/04/2010


Dr. Ali Gaddaye Adoukhour


Ancien ministre et ancien secrétaire général adj
oint de la CEN-SAD