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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

gadaye2-1-.jpgDemain, 11 août est une journée qui doit en principe être gravée dans tous les esprits des tchadiens. Elle marque en effet l’accession du Tchad à la souveraineté nationale. Le 11 août 1960, le Tchad à l’instar de 16 autres pays africains a accédé à l’indépendance. Cet événement qui est source de fierté n’a jamais été vécu par les tchadiens comme tel. En effet l’indépendance nominale n’a pas permis aux tchadiens de tourner définitivement la page du passé et regarder sereinement vers un avenir prometteur. Non seulement le pays est en train de tourner en rond, pire il n’a jamais réussi à réaliser des résultats tangibles dans les différents domaines essentiels. A savoir :

 

-          la paix,

 

-          la sécurité,

 

-          l’éducation,

 

-          la santé,

 

-          et le désenclavement intérieur et extérieur du pays.

 

Toutes ces réalités ont concouru à faire naître chez les tchadiens un sentiment de crainte de l’avenir. Le tchadien est bloqué dans son élan et ne croit plus à l’avenir. Car les régimes qui se sont succédés au lendemain de l’indépendance ont contribué largement au développement de ce sentiment. Aucun régime n’a pu marquer une rupture dans un sens positif avec le régime qui l’a précédé. Pire dans beaucoup des cas le nouveau régime donne l’impression qu’il est en régression sur des domaines vitaux par rapport au régime précédant. Ce qui faisait dire aux tchadiens : ‘‘ Hier c’était mieux’’. Aucun des régimes qui se sont succédés depuis Tombalbaye jusqu’à nos jours n’a pu échapper à cette règle.

L’indépendance qui signifie pour un peuple souverain la prise en main de son destin n’a jamais été sentit comme tel par les tchadiens. Ils ont été confinés dans l’ignorance, l’obscurantisme et le sous développement mental afin de continuer à les traiter exactement comme des mineurs à qui on doit montrer le chemin. Aucune émancipation notoire n’a pu être notée par le peuple tchadien. Rappelons que : l’âge de la majorité est fixé par la constitution de 1962 à 21 ans et par la présente à 18 ans révolus alors que nous célébrons aujourd’hui nos 50 ans d’indépendance ; le moment n’est il pas venu pour que le peuple tchadien puisse marquer un temps d’arrêt et dire assez d’être tenu par la main et donc de s’affranchir à jamais de ce type de tutorat et prendre enfin en main son destin.

Le 11 août 2010 c’est aussi le début du mois de Ramadan. C’est un mois de repentance et de pardon divin pour la communauté musulmane qui est appelée chaque année au cours de ce mois de se remettre en cause et faire un inventaire objectif de son passif et de son actif par rapport à ses obligations morales mais également par rapport à ce qu’elle a pu réaliser pour consolider le tissu social pour l’amélioration de son bien être.

C’est le lieu ici pour les tchadiens à l’occasion de ce double événement de méditer profondément sur leur sort et inventer des solutions idoines susceptibles de les affranchir du joug de la tutelle et de les placer sur orbite pour un décollage économique, social et culturel digne de ce nom.

Ils doivent relever la tête, regarder sereinement vers l’avenir et refuser toute espèce de clanisme. En effet 20 ans ont largement contribués à ouvrir les yeux sur les méfaits d’un tel système.

Aux frères musulmans du Tchad je profite de cette occasion du mois sacré de Ramadan pour leur dire que le début de ce mois est clémence, son milieu est absolution et sa fin affranchissement de l’enfer. C’est l’apogée de la justice et de la générosité du seigneur par rapport à ses fidèles mis à rude épreuve pendant ce mois de Ramadan. Nous devons nous inspirer de cet enseignement divin et nous poser la question jusqu’à quand le Tchad et les tchadiens continueront à accepter le fait accompli même si cela doit être au prix de leur liberté, dignité, honneur et bien être ? Nous pensons que le moment est venu pour les tchadiens d’initier une réflexion qui permette au Tchad et aux tchadiens de s’affranchir de toute pesanteur et de créer les conditions objectives pour une véritable émergence du Tchad, un Tchad nouveau digne du respect et jouant un rôle de première importance sur la scène internationale.

Ramadan karim.

 

Fait le 10/07/2010

 

Dr. Ali Gaddaye