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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

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Dr Ali Gadaye, ancien ministre

tchadien, opposant au régime tchadien.

 

Comme d’habitude, un show médiatique en haute couleur drapé sous un étoffe scientifique a été organisé à Ndjamena du 02 au 04 octobre 2010 pour démontrer la profonde mutation qu’a subi le Tchad économiquement, socialement et démocratiquement.

La jeune Université Roi Faïçal qui a fait jusque là un parcourt honorable a été choisi pour servir de cobaye. En effet, La jeune institution a organisé durant quatre (4) jours un colloque qui a réuni des chercheurs et des scientifiques venus d’Afrique et du monde arabe pour décortiquer des thèmes que l’institution a proposés. Ceux-ci portent sur les réalisations enregistrées par le Tchad durant les vingt (20) ans de règne de Deby en matière de développement économique, social et surtout en matière de progrès démocratique.

 

L’entrée en matière fut une cérémonie exceptionnelle organisée pour décerner le titre de docteur honoris causa attribué par l’Université Roi Faïçal au locataire du Palais Rose.

 

Ensuite nos scientifiques et chercheurs se sont évertués à présenter des études qui, par complaisance ou sous orientation, vont tous, dans le sens recherché par les organisateurs du colloque et au-delà par Deby lui-même. Selon ces études, tout baigne dans l’huile. Le Tchad, pendant les vingt (20) années de règne de Deby est en passe devenir un pays développé. Tous les clignotants sont dans le vert (pardon un peu de modestie). Malheureusement, la réalité est têtue et on ne peut la cacher.

 

Les dernières intempéries (pluies diluviennes, choléra et autres maladies) n’ont pas manqué de mettre en exergue la vulnérabilité du pays. La capacité de réaction des gouvernements n’a pas seulement été très en déça de l’ampleur des dégâts engendrés mais la main a été tout de suite tendue vers la communauté internationale. Cela voudrait dire et ce, contrairement à ce qu’on a voulu faire croire, que le pays est loin d’être à même d’apporter à lui seul, le soutien nécessaire aux couches vulnérables de la société. En d’autres termes le Tchad est encore un PMA par excellence. D’où, il ne sert a rien de vouloir masquer la réalité.

 

D’ailleurs, le démenti le plus sanglant est tombé comme un couperet le jour même de la clôture du colloque. C'est-à-dire le 04 octobre 2010. Ce jour là l’organisme africain Mo Ibrahim qui se charge chaque année de présenter les paramètres de performance de chaque pays africain en matière de développement économique et humain durable ainsi que de la performance démocratique a procédé à la présentation de son rapport.

En ce qui concerne le Tchad, si le rapport note quelques signes positifs en matière de développement économique et humain durable ; en démocratie, le Tchad ferme avec la Somalie, le Zimbabwe, la République Démocratique du Congo (RDC) et l’Ethiopie, la marche. Autrement dit ce sont les moins bons élèves en la matière. En conséquence, il n y a pas de quoi à se réjouir. A cet effet, il est permis de dire à l’Université Roi Faïçal que si l’on veut aider le pays sur le plan scientifique, on doit avoir le courage et surtout l’honnêteté intellectuelle en situant le colloque dans un véritable contexte scientifique et relever de façon objective les points forts et les faiblesses des domaines étudiés et faire des propositions pertinentes en vue de contribuer à la correction des faiblesses et renforcer les points positifs. Si l’on ne peut assurer une telle démarche, il serait sage d’utiliser d’autres procédés pour chercher une notoriété.

D’ailleurs l’Université Roi Faïçal malgré son jeune âge a réussi à s’imposer en tant que carrefour scientifique respectable et a acquis déjà une notoriété dans le domaine de la science non négligeable. Alors pourquoi cherche-t-on à ternir son image ?

 

Fait le 08/10/2010

 

Dr. Ali Gaddaye Adoukhour