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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Dr Ali Gadaye, ancien ministre tchadien

Opposant en exil au régime tchadien,

Chroniqueur politique sur le Tchad

 

Dans bientôt un quinquennat chasse un autre au Tchad.

 

Les tchadiens se souviennent que le quinquennat qui s’achève était placé sous le signe du social. Ils viennent de découvrir qu’à la fin du parcours leur pays se trouve hissé au podium en emportant la palme d’or des malheureux au monde.

 

Que va nous réserver le quinquennat dont l’inauguration est prévue au mois d’août prochain ? Sur le fond nous sommes convaincus qu’il ne sera pas différent de celui qui le précède. Il est vrai que l’habit a changé, la robe du social a été troquée par le rural. Cependant, en reprenant les mêmes pour recommencer, les tchadiens ne peuvent s’attendre qu’au pire.

 

La dégradation du pays a atteint des proportions inégalées à tous les niveaux. D’abord, sur le plan de la morale, le Tchad a perdu tout repère. La notion de l’interdit a cessé d’exister. Cette situation touche à quelques exceptions près la quasi totalité du corps social. N’eut été l’existence de ces quelques rares hommes et femmes que nous avons qualifiés d’exception qui prient pour nous, le pays serait au bord de précipice. La catastrophe a été évitée grâce à leurs prières.

 

Le châtiment divin ne se produira pas tant que tu es parmi eux et Dieu ne les châtiera pas tant que certains d’entre eux implorent son pardon.

 

  " و ما كان الله ليعذبهم و انت فيهم و كان الله معذبهم و هم يستغفرون"

صدق الله العظيم.

 

Le mensonge, la tricherie, la falsification, la fraude, le tripatouillage, la corruption, le détournement de deniers publics, l’ignorance délibérée de mœurs et coutumes ont contribués à conduire la société tchadienne à se placer en dehors du cadre de la loi et de la foi. Rappelons qu’une telle situation n’est concevable que lorsque le symbole même de la société se trouve en situation de perversion. Il ne fait aucun doute que c’est le cas au Tchad.

 

En effet, le corps humain est commandé par un organe. Si celui-ci est sain c’est tout le corps qui l’est. Il s’agit de la conscience. Cet exemple imagé est transposable au niveau de la société. Ici le point focal, la référence est le premier magistrat du pays.

 

Le sérieux du peuple se détermine à travers le comportement de celui-ci. Pour le reste, nous laissons le soin au tchadiens de juger ;

 

Sur le plan économique ; nous sommes en droit de dire qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Le Tchad se trouve encore dans la rigueur de l’hiver et ce, malgré son pétrole et les quelques bâtiments trompent œil qui ont poussé par ci par là.

 

Sur le plan politique ; le Tchad n’a pas voix au chapitre. En effet, le respect et la considération se méritent. Et il convient de reconnaître que le Tchad n’a absolument rien fait pour un tel mérite. La démocratie ne connaît pas, le respect de droit de l’homme n’est pas la tasse de café du numéro un tchadien. Pour le reste on peut se contenter de n’importe quelle position qu’on veille bien nous attribuer. Drôle d’ambition.

 

Sur le plan diplomatique ; notre diplomatie ne peut décoller et porter la voix du Tchad parmi celles du peléton de tête des pays du continent en particulier et au niveau des pays émergeants en général que lorsque le pays accepte de procéder à des réformes institutionnelles substantielles et entre de pleins pieds dans une véritable logique démocratique.

 

Sur le plan culturel ; le Tchad piétine. Aucun effort n’est fourni pour repérer les points de convergence d’une richesse culturelle sans conteste mais fortement disparate. Jusque là le Tchad ne dispose d’aucun symbole culturel qui peut constituer le petit commun dénominateur entre les fils et filles de ce pays.

 

Sur le plan environnemental ; le Lac Tchad est en train de disparaître sous nos yeux. Le Tchad plus que tous les autres Etats riverains doit être en première ligne pour sauver le lac qui lui a donné son nom. Malheureusement, il n’en est rien. Notre réaction n’est pas plus vigoureuse que celle de la RCA sous feu Patassé qui avait proposé à l’époque, le transfert du surplus des eaux de l’Oubangui pour sauver le Lac Tchad.

 

Le Tchad pourrait par exemple, envisager à titre individuel et dans une logique de sauver le lac, le dragage du fleuve Chari avant de pouvoir s’associer à la communauté internationale en vue de rechercher d’autres solutions plausibles. Pour le moment, vous vous en doutez on se contente de joindre notre voix à celles des autres pour crier timidement que le Lac Tchad est en danger d’assèchement.

 

Comme vous le voyez c’est dans ce contexte qu’un nouveau quinquennat sous Deby va commencer. Semble-t-il qu’il est dédié aux ruraux.

 

Si le quinquennat qui l’a précédé a contribué à nous rendre les plus malheureux au monde en dépit du fait qu’il soit placé sous le signe du social ; où va nous conduire celui-ci ; si ce n’est à l’âge de la pierre taillée ? Touchons le bois.

 

Le peuple tchadien ne se laissera pas faire et nous avons confiance à son génie. Un sursaut n’est pas exclu pour éviter que le pays ne soit conduit au creux de la vague.

 

                                                                              Fait le 20/07/2011

 

                                                                              Dr. Ali Gaddaye

 

 

NB: Nous nous excusons auprès de nos lecteurs. Car, la chronique politique connaîtra une interruption momentanée qui durera tout le mois de Ramadan. Et ce, à partir de la semaine prochaine. Donc rendez-vous est pris pour l’après mois de Ramadan.

Merci pour votre compréhension.