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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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        Dr Ali Gadaye

Ancien ministre tchadien

Opposant en exil au régime Tchadien

Chroniqueur politique sur le Tchad

 

La partition que vient de vivre le Soudan constitue une véritable remise en cause d’un principe consacré par la défunte organisation panafricaine (OUA) et repris par son héritière (UA). En effet, ce principe bien que contesté par certains Etats, il n’en demeure pas moins que personne ne peut récuser le fait qu’il fut un facteur de stabilité pour le continent.

 

L’événement vécu le 9 juillet 2011 par nos frères soudanais doit interpeller tout africain. Il convient de souligner à cet effet, que la configuration de l’ancien Soudan est facilement transposable dans beaucoup des pays africains. C’est pourquoi cet événement peut constituer un fâcheux précédent pour ce continent.

 

L’Afrique ne doit pas reculer en ouvrant la voie à l’émiettement et à l’émergence des micro Etats en général difficilement viables. Une telle option conduit le continent à faire cavalier seul dans un monde où l’on privilégie le regroupement et la construction de gros espaces économiques à l’exemple de l’espace européen.

 

Le démembrement des Etats africains est une véritable boite de pandore. Quand on l’ouvre, elle devient difficilement contrôlable.

 

A dire vrai, le Soudan qui vient de vivre l’amère expérience du démembrement n’est pas à l’abri malheureusement d’une nouvelle contagion. Il n’est pas totalement immunisé. Car les ingrédients d’une telle éventualité existent encore.

 

Il faut souligner par ailleurs que le danger guète sérieusement d’autres Etats du continent notamment la République Démocratique du Congo (RDC) un autre géant de l’Afrique au ventre mou, le Nigeria, le Tchad, la Cote d’Ivoire et d’autres encore.

 

Il serait sage de reconnaître que ce spectre est alimenté surtout par :

 

-         l’absence d’une culture démocratique qui privilégie l’oppression au dialogue ;

 

-         la concentration du pouvoir aux mains d’une personne ou tout au plus d’une poignée d’individus ;

 

-         la mise sur pieds d’une armée parallèle constituée en général par des éléments issus du clan du despote et bien équipée. Ce paradoxe remet en cause l’existence d’une armée républicaine et des forces de sécurité au service des citoyens ;

 

-         la confiscation des richesses du pays par l’équipe au pouvoir provocant la propagation d’une pauvreté généralisée reflétée par l’analphabétisme, la maladie, la malnutrition des enfants et la famine qui remet en cause la dignité de l’homme et enfin ;

 

-         la négation de toute perspective d’alternance démocratique pouvant augurer une ère nouvelle d’espérance.

 

Comme vous le constatez ce tableau sombre révèle :

 

-         la négation totale de la démocratie ;

 

-         de la justice sociale et

 

-         de la bonne gouvernance.

 

Faut-il pour autant, face à cette absence de perspective, céder au découragement et au pessimisme ? Nous disons non. Comme disait l’autre : « tant que l’on vit on doit espérer ». Ne dit-on pas que : « la vie même est un espoir ». Qui aurait pu prédire le printemps arabe qui est encore en cours d’achèvement et qui a pu déjà remettre en scelle nos frères de l’Afrique du Nord. Surtout si l’on pense à l’implacable verrouillage exercé par les anciens dictateurs qui ont soumis leurs concitoyens à l’oppression et à l’intimidation.

 

Le printemps arabe est une véritable source d’inspiration et d’espoir pour nous autres africains. Pour le moment remettons-nous à Dieu pour que notre continent ne continue pas de servir d’exemple d’hérésie par les autres. Amine. Nous devons néanmoins agir pour écarter définitivement le spectre qui menace notre continent d’émiettement grâce à notre engagement de faire de la démocratie, de l’égalité, de la justice et de la bonne gouvernance une réalité palpable en Afrique.

 

Nous sommes convaincus par ailleurs, que si nos frères soudanais du sud jouissaient des mêmes traitements que leurs frères du nord, surtout en matière de justice et d’égalité des chances et qu’ils avaient la certitude qu’ils pourraient un jour hisser un des leurs à la magistrature suprême du pays, ils n’auraient pas dû recourir à cette décision extrême de remise en cause de l’unité de leur pays. Car, le Soudan est plus beau, attractif et fort, uni qu’émietté.

 

Nous osons croire que cet exemple soudanais puisse servir tous les africains afin qu’ils évitent la répétition d’un tel scénario à leurs pays.

 

Fait le 14/07/2011

 

Dr. Ali Gaddaye