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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Afrique :l’imperméabilité de l’Afrique à la démocratie

 

Après une lutte sans merci contre la colonisation, les pays africains ont accédé tous de nos jours, à la souveraineté internationale.

Cette étape décisive dans la vie des nations devrait en principe ouvrir grandement la voie à une mutation profonde de la vie des populations de ce continent.

 

Cette mutation doit viser le bien être des populations entendu dans son sens large. C'est-à-dire elle doit marquer la fin des souffrances, de marginalisation, de l’ignorance, de la famine, des maladies et annoncer sans détour l’émancipation des libertés fondamentales, le respect scrupuleux de droits de l’homme et la marche à pas de géants vers l’instauration des régimes démocratiques. Une telle démarche vise non seulement à crédibiliser la lutte pour l’indépendance mais surtout à affirmer que désormais le dépositaire du pouvoir est le peuple souverain. Cela voudrait dire que les dirigeants sont des représentants et des serviteurs de leur peuple respectif.

 

Malheureusement telle n’a pas été la conception des dirigeants africains du moins pour la plupart d’entre eux. En effet, ces derniers se croient investis d’un droit divin. En conséquence, ils se permettent de s’éterniser au pouvoir et fait grave ils n’hésitent pas à traiter leurs concitoyens exactement comme des sujets. Cette attitude se trouve encouragée par la communauté internationale qui, en se cachant derrière le principe de non immixtion dans les affaires intérieures des autres pays, laisse faire. Un comportement qui s’apparente à l’indifférence. Du coup elle contrarie le principe de porter secours à la personne en danger.

 

Il faut rappeler que le discours lancé à partir de la Baule à l’époque fut une tentative timide de la communauté internationale pour changer son fusil d’épaule. Elle a montré un regain d’intérêt mais pas suffisant sur les questions relatives à l’émancipation des libertés et au respect des droits de l’homme.    

 

Mais très vite cette attitude s’est trouvée émoussée par la sauvegarde des intérêts facilement consentis par les dirigeants africains aux puissances étrangères susceptibles d’exercicer des pressions en vue de les obliger à lâcher du lest.

A l’exception de quelques rares îlots de démocratie la plupart des Etats africains abritent des régimes dont le comportement n’a rien à envier à ce que les populations africaines avaient vécu sous la colonisation sinon pire.

 

Le comble, c’est cette obsession des dirigeants africains à s’accrocher contre vents et marées au pouvoir. Ils n’hésitent pas, pour réaliser ce dessein à marcher s’il le faut sur les cadavres de leurs concitoyens. Comment peut on explique ce cynisme ?

 

Ni l’intérêt général moins encore le bien être des populations ont motivé la prise de pouvoir par les dirigeants africains. Ils ont agit plutôt par pure amour pour le pouvoir. A cet effet, ils ont usé de tous les moyens pour asseoir et consolider un pouvoir taillé sur mesure. Sa conservation appelle les procédés non catholiques suivants :

 

 

1.     créer une garde prétorienne bonne à tout faire au lieu et place d’une armée républicaine ;

 

2.     tripatouiller et/ou modifier la constitution si celle-ci limite les mandats ;

 

3.     empêcher par tous les moyens la liberté et la transparence des scrutins quand ceux-ci sont organisés ;

 

4.     placer des hommes acquis à la direction des organes chargés d’organiser et superviser les élections ;

 

5.     en cas de surprise, voler la victoire de ses adversaires en reniant la volonté populaire.

 

Toutes ces gymnastiques n’ont d’autre objectif que le maintien au pouvoir. Car, ces dirigeants ont une peur bleue de l’éventualité de quitter pacifiquement le pouvoir. Ils traînent beaucoup de casseroles derrière eux et ils ont causé beaucoup de dégâts. Ils manquent le minimum de courage à affronter la justice. C’est pourquoi ils font tout pour s’accrocher au pouvoir jusqu’à la fin de leur vie.

Peut-on accepter une telle logique de pouvoir au XXIe siècle ?

Nous pensons que la mondialisation qui a transformé le monde en un gros village ne doit pas permettre de telles aberrations.

La liberté n’est pas une denrée rare réservée à certains peuples et refusée à d’autres. Ne dit-on pas que « tous les hommes naissent libres et égaux » ? Si telle est la conviction profonde de la communauté internationale, elle doit s’impliquer davantage et empêcher que des populations entières soient prises en otage par des dirigeants véreux. La démocratie ne doit pas être un vain mot pour certains et une réalité pour d’autres. Ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire doit offrir l’occasion à la communauté internationale de jouer pleinement son rôle et inaugurer une nouvelle ère pour les relations internationales.

Tous les peuples du monde aspirent à l’avènement d’un monde cohérant, complémentaire et humain, débarrassé de toute entrave à la liberté. Ce monde doit permettre aux citoyens de la planète de partager les mêmes idéaux de liberté, d’humanisme et de démocratie support de l’émancipation et du bien être social de tout peuple.

 

Fait le 17/12/2010

 

Dr Ali Gaddaye