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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

nourdoubai.jpgAprès l'Afrique australe, les USA et le reste du monde. Il sillonne le Moyen-Orient. Il boit le thé avec les plus grands, de l’Arabie Saoudite au Qatar, des Emirats Arabes Unis au Bahreïn. Il se rend dans les plus hauts de l’Islam et s’attarde à discuter avec les exégètes les plus illustres. Il multiplie les projets d’investissement, dans des secteurs aussi variés que les télécoms ou l’aéronautique.

Mahamat Nour Abdelkerim a beaucoup changé, il s’est pour ainsi dire métamorphosé. D’une démarche assurée, altière, ce jeune prince d’un grand sultanat de l’Est du Tchad trace son sillon sans faiblir. Certes, s’il n’oublie pas qu’il a été formé dans les plus grandes académies militaires de part le monde, désormais, son grade de général et ses postes de commandement ne sauraient lui suffire. Il s’est pour ainsi dire reconverti dans les affaires, sans toute fois se départir de ses ambitions pour le Tchad, dans un registre peut-être moins belliqueux que ses anciens compagnons d’armes.

Car des ambitions, il n’en a pas manqué et n’en manquera sans doute jamais. Certains le surnommèrent « l’enfant terrible du Dar Tama » et d’autre d’une plume beaucoup plus inspirée, le baptisèrent « le Napoléon tchadien ». Ancien compagnon de route du MPS en 1990, exceptionnel meneur d’hommes, il a réussi à mobiliser la plus grande armée de résistants dans toute l’histoire du Tchad. Il réussit à regrouper autour de lui, tout d’abord la communauté Tama, groupe composé essentiellement d'agriculteurs ayant subi d'atroces spoliations et représailles de la part du régime de Déby, puis par la suite tous ceux qui avaient une aversion pour la tyrannie sanguinaire du dictateur du Palais Rose. A la tête du FUC, il a brillamment conduit l’attaque contre N’Djamena en avril 2006 avec l'illustre colonel Mahamat ISSA et n’a dût sa défaite qu’à l’intervention des forces armées françaises pour extirper Idriss Déby des foudres rédemptrices de la résistance nationale.

Mais, presque trahi par une partie de la sécurité soudanaise et vilipendé injustement par certains de ses compagnons d’armes, il se tourne vers de nouveaux horizons et devient finalement Ministre de la Défense Nationale après les accords de Tripoli en décembre 2006. Non par opportunisme, non en se départissant de ses anciens idéaux, non enfin pour s’assujettir à l’hégémonie abjecte d’Idriss Déby mais pour permettre au peuple tchadien de retrouver paix et sécurité dans un Etat rongé alors par une incurie généralisée, il a en fait choisi la paix des braves.  Et il le fit, devenant sans aucun doute le meilleur Ministre de la Défense Nationale que le Tchad n’ait jamais eu, faisant de son pays un espace sécurisé et du departement une grande machine égalitaire privilégiant les militaires du centre et du sud jadis délaissé, ce qu’il n’aurait pu faire au sein de la rébellion. Par ailleurs, il n’oubliera jamais ses engagements de jeunesse en récoltant au sein du Ministère des informations qui seront très précieuses à la rébellion par la suite, notamment lors de l’attaque du début février 2008.

En août 2007, dénonçant les agissements d’une partie du clan des Itno et d'autres aux accointances proche du pouvoir, il doit se faire exfiltrer grace au Guide via l’ambassade de Libye à N’Djamena, tandis qu’Idriss Déby le démet de ses fonctions qu'il ne souhaitait pas d'ailleurs poursuivre (voir ses déclarations sur RFI en direct d'Abeché quand ses élements se sont retirés à Birack). Ecœuré par les turpitudes de la vie politique tchadienne, il se tourne vers le monde des affaires comme autrefois et dont il est depuis longtemps proche. En effet, très jeune déjà, il avait investi dans le domaine des hydrocarbures au Darfour, en partenariat avec les chinois de la CNPC et Talisman Energy, une compagnie pétrolière canadienne. Dès 2008 de nouveau, il se rend dans les pays de Golfe, multipliant les contacts avec des multinationales telles que Thalès , EADS et initiant sans cesse de nouveaux contrats meme en Europe, on se rapellera toujours de sa grande tournée au printemps dernier.Que se soit dans le domaine du nogoce des Milan français pour de grands Etats africains où des des avions de combats, on le retrouve toujours en facilitateur entre des blocs de taille.

Sur le plan politique, le président Déby, se souvenant des qualités indéniables de ministre de Mahamat Nour, a tenté plus d’une fois une conciliation, sans succès. Ce dernier a en effet posé des conditions on ne peut plus claires et précises qui ont irrité Idriss Déby, en demandant dans un élan humaniste que toute la lumière soit faite en matière de droits de l’homme au Tchad, notamment lors des événements de février 2008. Par ailleurs, des dirigeants de l’UFR se sont rendus à maintes reprises au Moyen-Orient pour le rencontrer et semble-t-il, préparer son retour sur la scène politique tchadienne. Car le Général n’a pas oublié dans quelle tragédie est plongée son pays et ne pourra rester longtemps loin de ce dernier, loin de l’action politique dans laquelle il a baigné toute sa jeunesse. Epris éperdument de justice et de paix, Mahamat Nour prépare son retour peu à peu, pas à pas, inquiétant les courtisans véreux qui avaient tenté de l’abhorrer définitivement des affaires tchadiennes ces dernières années. Mais tel que nous connaissons Mahamat Nour, rien ni personne ne pourra le détourner de la destinée qu’il s’est forgée et de sa vision exceptionnelle pour l’avenir du Tchad.



Augustin Beguy

Correspondance de Doha

Tchadenligne.com

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