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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Depuis la nomination de Djimrangar Dadnadji comme Premier Ministre, un folklore ininterrompu s'installa devant le domicile du PM. Les villageois de Mandoul se ruèrent vers la capitale, dans leurs accoutrements les plus extravagants. Certains portent de peaux, d'autres des fibres de plantes comme seuls habits. D'autres sont nus, en sueur, dansant et sautant comme des endiablés. Armés de couteaux-de-jet, de sagaies ou de Mian-ron-gué, ils occupaient le domicile de leur rejeton devenu du coup un héros. Ceux qui n'ont jamais décollé de leur village natal ont eu à faire leur premier voyage vers la capitale.
La plupart l'appelait sous le nom nouveau de "ngar" ou le Chef-suprême, au meme titre que Tombalbaye. Certains villageois, mal informés, le félicitent pour avoir chasser les doums du pouvoir.
C'est la danse, la libation, l'orgie tribale au rythme d'incantations, de carillonnements de lames de couteaux et des prières de mânes ancestrales.
Djimrangar Dadnadji mord aux fétiches, se laisse emporter par la liesse de la faune sauvage de son village. Le front labouré par une vraie ride d'une fausse autorité, Dadnadji reçoit son peuple arriéré, goute aux potions magiques apportées du terroir. L'alcool coule à flot, la bière 33-export supplante l'argui du terroir. les esprits se surchauffent et les langues se délient pour inciter le PM au tribalisme.
Torses nus et aux anges, le peuplade de Mandoul trémousse, se fait agiter dans une secousse des muscles du bras et de l'épaule. Certains entrent en transe, en live sous les cameras de l'Onrtv.
Voilà près de deux mois que la scène est quotidienne. Meme rythme, meme euphorie sous le regard et la bénédiction du nouveau maître de la primature.
Qui peut dire à notre PM qu'il est au service du Tchad et non de son lointain village? Qui peut rappeler à l'ordre ce mouton pour qu'il renvoie sa faune sauvage vers leurs champs de bogolobogolo?
Les clivages sont si criards au Tchad que nos responsables instrumentalisent leurs clans, leurs familles et se laissent emporter par les considérations de ces villageois armés de machettes et prompts à découdre avec leurs voisins. Le sentiment d'appartenance ethnique empiète sur les affaires de l'Etat.
Cet afflux de ceux de Mandoul vers la capitale pour féliciter leur rejeton Dadnadji est un prélude d'un népotisme débutant. Sous le couvert de la solidarité, les villageois veulent Embrigader le PM pour lui imposer leurs desiderata.
Derrières les dires et l'attitude de travailleur chevronné du PM se cache un dinosaure fossile prisonnier de sa tribu. Sinon comment comprendre le soupir d'aise et la gaieté du PM de s'enorgueillir de cet afflux indigène dans sa cour? Quand aura-t-il le temps de se reposer pour les parapheurs du lendemain qui l'attendent à la primature? Comment se prémunira-t-il contre le népotisme qui a poussé d'autres autorités à faire la part belle aux leurs et à leurs terroirs?
Que le PM sache qu'il est bien suivi dans ses actes futurs. Déjà son oncle ou cousin propulsé ministre a été congédié au dernier remaniement. Sa réputation de tribalisme et haineux quand il donnait des cours à l'université restent encore vivaces dans beaucoup d'esprits.
A lui d'être un grand commis de la République au dessus de la mêlée et non un chef de clan comme on en voit beaucoup de nos jours.

Hassan Alphonse
Moursal, N'Djamena.