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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Discussion dans un bar de N’djaména, surpris par Vourboubé Pierre.

— La douane, quel malheur sur cette institution ! Après la direction générale, c’’est le dépôt de N’Guéli qui a pris feu ! Des milliards sont partis en fumée ! Les douaniers d’Oum-Hadjer sont dans la nature ! regrette le premier.

 — Ici, les gens mettent le feu à un bâtiment officiel pour faire disparaître les traces de leurs indélicatesses, réplique le second. Il semble même qu’il y a un défi terrible entre Salay et Daoussa Déby à propos de l’importation frauduleuse du sucre, le premier demandant au dernier d’y mettre fin ou de passer par la voie légale, de dédouaner ses marchandises comme tout le monde. Daoussa refuse, menace même le DG de la douane, bombe la poitrine qu'ils vont se voir, s'affronter, entends. Quand les éléphants se battent…

— Là, la CST doit être fière de Salay. Déby va encore intervenir pour éteindre le feu. Ce n’est pas facile d’être responsable d’une bande de hors-la-loi ! Que de feu dans ce pays ! Pensent-ils à la famine qui nous ravage, ces dirigeants ?

 Quand des esclaves meurent, que gagnent les maîtres ?

 Dans une ville bien électrifiée, on ne se rend pas compte de l'existence de la lune. Comme ces gens vivent loin du peuple, ils ne savent pas nous souffrons.

 En tout cas, Emmanuel Nadingar était sur les lieux, à Nguéli, pendant que les pompiers s’activaient à éteindre l’incendie du dépôt de la douane, le grenier des Déby. Il a dit qu’ils ouvriront une enquête en vue de déterminer les causes de ce désastre. Mais, il n’a pas vu que nos pompiers sont peu nombreux et mal équipés ! D’ailleurs faut-il les appeler ainsi ?

— Ici, tous les services sont mal équipés, même ceux de la primature. Mais, je n’ai pas vu le génie militaire à l’œuvre. Nos hommes en tenue n’ont-ils pas une unité pour ce genre de malheur ? Pourtant, leurs collègues français en possèdent ! Que cela les inspire car ces Français vont partir un jour. Du n’importe quoi, cette déclaration d’Emmanuel Nadingar parce que les architectes ont vite situés les raisons de cet incendie : la construction sans les normes de sécurité de nos édifices publics et maisons privées. Que notre PM se rapproche de nos architectes pour en savoir plus ou les incluent dans sa commission d’enquête.

— Ces architectes-là nous emmerdent : a-t-on besoin d’eux pour bâtir nos maisons en dour-dour, hein ? Ils ne savent pas que chacun de nous est architecte ? Quelle gymnastique fait-on pour avoir le matériau durable ! Quand le fabricant dit un sac de ciment pour 30 briques, nous multiplions par deux ou trois pour aller vite, pour limiter les dépenses, et les architectes veulent encore nous prendre de l’argent au nom de la sécurité ! Et Dieu dans tout ça ?

— Ah, oui, nos architectes n’ont qu’à casser les prix et ils verront qu’on leur fera appel pour nos maisons en sécurité. C’est parce qu’ils sont chers qu’on ne leur fait pas appel.

— Laisse ces gens-là et revenons à Emmanuel Nadingar et son incendie : pendant celui de février 2008, il était sous le lit d’un pasteur pour éviter le lynchage des foules. Maintenant, il ose sortir pour aller assister les pompiers ! Sa présence a plutôt aggravé les choses !

— Il est comme son chef : quand il fourre le nez dans une affaire, tout dégénère et après, c’est la catastrophe. Difficulté dans l’énergie, la cherté de la vie, le carburant, les contrats calamiteux avec les Chinois et ESSO, c’est Idriss Déby. Le Tchad mal géré c’est encore lui. Au fait, sais-tu pourquoi les pompiers n’ont pas pu éteindre ce feu ?

— Non !

— Les gens de la mairie ne savent que rançonner les populations. Combien de maires sont allés en prison dans ce pays? Qui peuvent-ils rançonner lorsqu’il y a le feu ? Personne ! L’ASECNA doit orienter les avions dans les airs et on les déploie pour éteindre un feu à terre ! Tu as vu, ces gens de l’ASECNA ne sont pas venus avec des avions-citernes ! Les éperviers savent mettre le feu aux nations. Quand ce sont des flammes qui arrangent les Tchadiens, comme ce fut le cas en avril 2006 et février 2008, ils sont actifs ! Autrement dit, les éperviers ne réussissent qu’à éteindre un incendie lorsqu’il doit dévorer un dictateur. On a mal fait de choisir ces pompiers.

— Ha, ha, ha, Idriss Déby Itno est allé constater les dégâts aussi mais, des jours après l’échec de son premier Ministre. Il a déclaré la guerre aux...

— Je te coupe la parole : il a déclaré la guerre à la cherté de vie. Aujourd’hui, on connaît le résultat : très peu de Tchadiens mangent trois par jour. Les fonctionnaires ont menacé avant d’obtenir l’application des accords quant à leur nouvelle grille salariale. A qui a-t-il transmis le rapport de la réforme de l’armée ?

— Quoi ? Oses-tu lui demander cela ? Est-ce qu’il a réformé l’armée ? Il a amusé la galerie, oui.

— Il ne réussit que dans les mariages pompeux, ce Idriss Déby ! Il serait en train de nous préparer une nouvelle pour 2016 ! Parce que c'est avant ou après une présidentielle qu'il se moque de nous en épousant une femme.

— Après avoir tripatouillé sur nos urnes ! Quelle réussite quand cette dame venue du Soudan disparaît de la circulation ainsi ?

— C’est vraiment le black-out total sur elle !

Celui qui vient de parler, soulève son verre, boit quelques gorgées et reprit :

— Je voudrais parler de ces décrets qui font couler tant d’encre, ces décrets par lesquels la douane a été vidée de ses vermines…

— Là, mon ami, je ne suis pas d’accord : tous ces gens dégagés n’étaient pas des vermines. Il y avait, semble-t-il, des gendarmes affectés à la sécurité des établissements publics parmi eux aussi.

— Ah, bon ? Et ce Salay, le connais-tu un peu ?

— Pas assez : il parait qu’il est un semi-lettré, un simple combattant qui a l’avantage d’être le demi-frère du Sultan – PR du Dar Itno. Francophone ou arabophone ou les deux ? je ne sais pas.

— C’est tout ?

— Vraiment !

— Comment un décret peut-il partir des finances avec toutes ces tares dont on parle ? Christian n’est-il plus là-bas ? Un décret traverse quand même des bureaux, des cabinets, dont celui du PM, avant d’atterrir sur la table du PR, non ? Où sont passés tous ces intellectuels et cadres qu’on dit compétents, dévoués et laissent un vide difficile à combler quand ils meurent ? Est-ce qu’il suffit d’être le demi-frère du PR pour qu’on tout ce qu’on désire passe ainsi, comme une lettre à la poste ? Comment des Ministres peuvent-ils accepter qu’on vide plus de 400 personnes comme si l’on les évacue d’une salle de spectacle ou d’un marché le soir venu, sans vérifier leurs papiers, leurs passés ? Non, ce n’est pas normal.

— Mon cher ami, ne te fatigue pas : qui est-ce que le PR écoute encore dans ce pays, hein ? La plupart de ses conseillers sont au garage, des gens qui attendent mieux. Parfois, ils sont si malades qu’on a pitié d’eux. Ces derniers ont-ils le temps d’examiner les dossiers ? Qui un malade peut-il conseiller? Oui, des cas sociaus, ces conseillers! C’est pour leur éviter de sombrer qu’il les nomme conseillers. N’oublie pas que quelques-uns ont été ministre dans les domaines pour lesquels ils sont sensés conseiller le PR. S’ils ont raté en tant que ministres avec un budget conséquent, comment pourront-ils réussir en leur qualité de conseillers avec le moyen du bord ? D’ailleurs il paraît que pour que le PR te reçoive vite, il faut passer par son cabinet… militaire ! Tu vois comment l'armée est équipée et mieux respectée par rapport aux autres institutions! Ici, on a dégagé les services de l'agriculture, de l'action sociale, de la justice pour bien caser les militaires. 

— Quoi ? On est vite réçu la présidence de la République quand on passe par le cabinet militaire?

— Oui, c’est ce qu’on déplore dans l'entourage du PR. Il paraît que certains conseillers de Déby utilisent aussi ce circuit pour se faire entendre. Par le cabinet civil, tu mets toute une éternité!

Le téléphone de l’un d’eux sonne soudain. Le concerné le décroche et parle avec son correspondant pendant une trentaine de secondes.

— C’est ma femme qui me dit qu’un visiteur m’attend à la maison, dit-il.

Il vide son verre, se lève, dit au revoir à son ami et s’en va, interrompant ainsi la discussion.