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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

Après l’inachevé  mandat social et son corollaire la cherté de vie, le Président IDI s’attaque au développement rural du Tchad. La jeunesse, la femme, l’industrialisation de l’agriculture et de l’élevage resteront le leitmotiv du énièmemandat. Mais ramené au bas de l’échelle, le moins barbant et féerique discours de l’investiture comporte des incohérences.

Un nouveau Tchad se construit. Pour ce quinquennat, le Président de la République, se lance avec déterminisme pour faire du Tchad un havre de paix et un pays émergent. Quelle audace !  Cependant, il y a lieu de s’arrêter sur certains points saillants sans lesquels la renaissance ne sera qu’une poudre aux yeux.De fois, l’oubli présidentiel force le ridicule.

La croissance économique : un lendemain inquiétant ?

Thème quasi-absent du discours présidentiel.Même pas le pétrole.  Or en ce temps des crises, pour un pays importateur de pétrole, la santé de son économie doit être une priorité.Si c’est pour une entreprise, le souci du manager est d’accroître la croissance et de rendre financièrement performanteson entreprise. Pareil pour tout Etat qui se respecte. Le dirigeant politique est appelé à se fixer un seuil de croissance et à l’atteindre à court terme. Partant de là qu’à fortiori se jugent les tenants dupouvoir. S’agissant de la croissance,  ailleurs, au Cameroun pour la décennie 2010-2020, Biya table sur un taux de 5%. Au Bénin, Yayi Boni se fixe 7% d’ici 2016. En revanche au Tchad que dalle. Sans un taux de croissance, comment se juge la santé financière d’un pays?Qu’on le veuille ou pas, sans économie, il ne peut y avoir de développement ou une renaissance. A moins de piètres mots pour amuser la galerie. Une chose est certaine : le lendemain inquiète.Le pouvoir n’est en mesure de se batailler pour rassurer financièrement les Tchadiens, particulièrement les jeunes.Dans ce cas pourquoi vouloir inculquer à la jeunesse « l’amour du travail, du travail bien fait » quand le sommet ne donne pas l’exemple ?En tout cas, le silence radio du chef de l’Etat sur la santé financière du pays amoindrit toute initiative entrepreneuriale venant de la jeunesse.

 

Femme et jeunesse tchadiennes: l’incertain bout du tunnel

« Socle de l’essor économique et social du Tchad », la femme et la jeunesse sont honorées dans le nouveau quinquennat. Tout porte à croire qu’elles sont les nouveaux promis : fonds national d’appui à la jeunesse, autonomisation de la femme et lutte contre des pratiques traditionnelles néfastes (sic). Mais hélas, ce beau discours, une fois confronté à la réalité quotidienne, s’étouffe du fait de la corruption, du laxisme et du favoritisme à outrage de nos politiques et de leurs acolytes.De facto, les reformes tant voulues ne sont point possibles sans un changement de comportement et de mentalité.Il faut une cure globalisante. Sinon le Tchad n’a pas un avenir radieux où qu’une supposée jeunesse prendra la relève. Un constat. En 20 ans, la jeunesse tchadienne n’existe que de nom.De fois, systématiquement elle est combattue. Entre médiocratie, mal gouvernance et concussionérigées en un système performant de gestion, le sort des jeunes sidère.Sur les pas de leurs ainés, ils ont succombé au gain facile. Le plus étonnant, ceux-ci ont  pris pour modèle des cancres de tous poils et grands pilleurs de l’Etat. A l’instant si bien que tout s’amalgame, même les mœurs ont vacillé. Alors à quoi bon de parler d’une culture d’excellence quand le sommet patauge entre immoralitéet puérilité.A cause  de l’argent, la dépravation se normalise. Encore la 1ère victime de cette dépravation se nomme jeunesse tchadienne. La racine cette immoralité ou incivilité réside  dans le faible pouvoir d’achat de ménages tchadiens. Ce n’est pas pour rien que ″la future vitrine de l’Afrique″ se démarque des autres villes comme la plus chère. A N’djaména, le Tchad en miniature, pendant qu’une catégorie des tchadiens amassent bravement des bakchichs, une autre composée majoritairement des femmes suffoque et broie du noir.Qu’elle soit citadine ou rurale, la femme tchadienne n’est pas à l’abri des affres de la misère. Oui, elle est même son épicentre. Normalement, c’est ici que se voit l’importance des projets de microcrédit. Néanmoins, le comble, au détriment des nécessiteux et pauvres, les microcrédits sont transformés en crédits  et octroyés à des richissimes hommes d’affaires. Alors que vaut encore l’autonomisation de la femme. Certainement que ce mot est nouveau dans le vocable présidentiel et vain en partie. Or ailleurs, particulièrement au Bénin, au nom de l’autonomisation, le Président Boni a institué un crédit dénommé « microcrédit au plus pauvres » (portefeuille 25 milliards)destiné exclusivement aux femmes. Avec un taux de 3% l’an, ce MCPP a pu toucher près d’un million de femmes béninoises et  induire en 4 ans un taux de pénétration de 25% la population totale. Voilà comment un pays plus pauvre (PIB: 6 494 $) que le Tchad (PIB: 7.592 $) se donne le moyen pour autonomiser et soutenir la femme. Un tel système, il le faut aussi pour le Tchad. Il demeure le seul moyenpermettant à la femme tchadienne d’avoir un capital, de créer sa propre richesse et de participer solidement à la cohésion de son foyer. En ces temps de meurtrissure et de décrue, chacun a compris qu’il ne peut y subsister un bien-être et progrès social sans l’apport de la femme et de la jeunesse.Seulement que « le mal du pays, c’est s’ennuyer de ces rares personnes qui nous comprennent à demi-mots » comme le disait Bernard Arcand.Outre cela en s’attaquant tardivement aux maux de la jeunesse et de la femme, certainement le régime actuel met à nu ses tares qui ont fait du Tchad un océan de misérabilisme depuis presque 2 décennies. Comme le rêve est humain, gageons croire au Tchad émergent.

Tchad ″pays émergent″ mais dépendant

Si l’indépendance alimentaire ″se priorise″, il n’en est pas de l’indépendance politique.Encore des thèmes manquant au discours adressé par le père de la Nation. Même pas une phrase. Or à la situation libyenne, 6 bonnes phrases lui sont consacrées. Qu’il est dommage de parler de l’émergence d’un Etat mais pas de son indépendance.Sans une véritable indépendance, politique, économique et militaire, rien ne peut être radieux. Pour que le pays de Toumaï retrouve sa place sur la scène internationale, il faut qu’il se démarque du joug de la France.Plus d’un siècle suffit. Assez d’être permanemment sous tutelle militaire. D’ailleurs cela est une insulte pour les vaillants combattants et militaires tchadiens. S’il en existe d’abord.Normalement au nom de la renaissance de la Nation tchadienne, le discours du président doit se focaliser sur la coopération France-Tchad. Que l’occupation cesse et laisse place à une vraie coopération dite win-win.Faute d’esquiver les sujets sensibles, surtout  la politique de nivellement par le bas de la France depuis 51 ans, le Président de la République n’a pas posé tous les piliers d’une véritable renaissance de la nation Tchadienne.En fait, il ne peut exister un Etat sous une domination politique et économique. Et s’agissant de la diplomatie tchadienne, elle n’est que l’ombre d’elle-même.Inefficace partout. Comme le Tchad a besoin  des autres pour se développer et vu son désenclavement, la renaissance doit miser sur une diplomatie commerciale, en complément de la diplomatie classique dosée d’une politique de placement des cadres dans les institutions internationales et d’ouverture des perspectives à la coopération interuniversitaire.Ce type de diplomatie s’applique  au Sénégal, au Bénin et au Nigéria par exemple. Ainsi ce n’est pas pour rien que le Nigéria se voit comme une puissance continentale et les Sénégalais occupent des postes stratégiques dans les agences onusiennes et autres institutions internationales. C’est en atteignant ce stade qu’un pays peut se réjouir de sa diplomatie. Qu’on le sache la politique étrangère d’une Nation ne s’improvise pas.

Hassana Djidda Abdoulaye.