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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Le président Deby devant les chefs des partis politiques tchadiens.

 

Quand on jette les testicules en l’air chacun se préoccupe des siens.

 

Le discours du président Deby devant les chefs de partis politiques tchadiens ce 7 mars 2011 à N’djamena montre combien il n’y a pas d’acteurs politiques crédibles au Tchad. Comment oser laisser passer une déclaration pareille du président Deby : « Les élections législatives se sont déroulées dans la transparence la plus totale. Cela a été reconnu par tous les observateurs, aussi bien internationaux que nationaux, ainsi que par beaucoup d’entre vous. » C’est indigne et une insulte envers le peuple tchadien qui crie au secours sans pouvoir être entendu face aux fraudes et intimidations du parti au pouvoir appuyé par l’administration et les forces de sécurité.

 

Aux chefs des partis politiques tchadiens : il ne sert à rien de venir nous dire que vous contestez ceci ou cela alors que vous savez très bien comment les choses se passent avec Deby. On gonfle la tête de Kebzabo par la formule du genre « vous êtes la première force d’opposition » avec les 10 députés qui vont siéger à la future assemblée. Deby se réjouit d’avoir près de 30 partis qui seront représentés à la prochaine assemblée nationale. Tout cela, ce sont des stratégies bien ficelées par le système Deby pour donner une certaine légitimité à son pouvoir. Mais le peuple tchadien n’est pas dupe et par son boycott des élections renvoie dos à dos tous les partis politiques dits de l’opposition et le système Deby, c’est du pareil au même.

 

Messieurs les chefs de partis politiques tchadiens, mangez bien et jouez votre comédie nauséabonde, vous incarnez bien un proverbe africain qui dit que « Quand on jette les testicules en l’air, chacun se préoccupe des siens». Sachez aussi, comme le dit un autre proverbe, qu’on ne marche pas deux fois sur les testicules d’un aveugle, et le vent de l’Afrique du Nord soufflera au Tchad et ne venez pas nous dire comme tous ceux qui changent de veste et sans conviction que vous ne souteniez pas Deby mais c’était juste pour le daraba des enfants que vous étiez avec lui.

 

Il est vrai que le pouvoir est pareil à un mirage dans une pleine désertique. De loin, il vous charme et vous étale sa beauté illusoire. Et quand vous succombez à la tentation, il vous aveugle par ses merveilles irréelles. En vérité, le gage de sécurité, de tranquillité, de paix et de richesse qu’il semble offrir n’est qu’éphémère. Et lorsque vous prenez pour acquis tout ceci et que vous décidez de vous y accrocher, c’est là votre plus terrible faute. Voilà ce qui arrive à tous ceux qui, vêtus en sauveurs auprès de leurs peuples, finissent pas se métamorphoser en de vrais despotes. Le cas du Tchad est pareil. Le discours fréquent au Tchad, c’est que sans le pouvoir en place, le pays serait dans le chaos, comme si le destin d’un pays dépendait irrémédiablement d’une seule personne ou d’un unique système. Le Niger et d’autres pays ont démontré le contraire, ils sont plus stables et mieux gérés aujourd’hui qu’hier.

 

Ce qui est absolument sûr et certain et que tous les tchadiens savent, c’est que Deby est déjà élu président éternel du Tchad, les élections, c’est de la foutaise. Il y a certes la volonté de Dieu pour mettre fin à cette souffrance du peuple tchadien. Cependant, Dieu ne change pas un peuple tant que celui-ci ne change pas. Et la démonstration formidable du peuple tunisien, égyptien et libyen illustre parfaitement ce changement des peuples. C’est vrai que les tchadiens sont terrorisés par la peur et les violences inouïes du système Deby. Mais la fin du système est inéluctable.

  

 

Pour être réaliste et sortir le peuple du Tchad de cette situation de peur et de persécution permanente, le premier préalable, c’est de ne pas compter sur la classe politique tchadienne, mais c’est de compter sur sa jeunesse et les opposants politiques de la diaspora. Il n’y a pas d’autre issue pour l’instant que cette démarche. Mais il faut des meneurs pour déclencher le soulèvement populaire et le canaliser ; Internet, téléphone portable et le bouche à oreille sont des outils qui ont prouvé leur efficacité ailleurs.

 

Comme dans le monde arabe qui renaît  et où fusent au-delà des montagnes et des océans, les you-you de ces mères qui ont mis au monde ces jeunes révolutionnaires, on entendra aussi au Tchad dans un proche avenir s’il plait à Dieu à la places des pleures, des you-you des mères et des sœurs tchadiennes des zones sahariennes, sahéliennes et méridionale pour un Tchad paisible, juste et équitable.

 

Dounia Nodjigoto