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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Tchad : "des pratiques diplomatiques qui ôtent à la profession du diplomate toute sa noblesse et de la nécessité de mettre de l’ordre dans les ambassades tchadiennes"

 

Je constate avec regret à travers des écrits crédibles des tchadiens de la diaspora comme ceux de l’intérieur du pays, que la sphère de la responsabilité diplomatique et celle de la gestion rationnelle des ambassades tchadiennes sont désertées pour laisser libre cours à des considérations mesquines et farfelues de certains ambassadeurs du Tchad. Depuis ces dernières années, les tchadiens ont sans doute observé l’émergence de certains types d’ambassadeurs tchadiens « gombistes », aux accents peu diplomatique, dont les capacités de diriger une minuscule ambassade restent discutable et qui sont pressés de s’en mettre plein les poches par tous les moyens. Ces nouveaux types d’ambassadeurs confondent notoirement l’exercice de leur fonction avec leur manteau de soi-disant « militant MPS » et placent leurs intérêts personnels au dessus de l’intérêt général. Ils usent et abusent de la locomotive MPS pour s’accrocher à leur fonction au lieu de prouver leur maintien par leur compétence. Ces ambassadeurs tchadiens font de la distraction stratégique pour détourner leurs supérieurs hiérarchiques des vraies questions qui se posent dans nos ambassades et leurs rapports avec leurs compatriotes vivant dans leurs zones de compétences. Ils fuient généralement les questions légitimes et pertinentes de leurs compatriotes et se réfugient derrière un silence assourdissant. Au lieu de considérer les problèmes à l’aune de leur responsabilités diplomatiques d’une part et des réalités socio-économiques d’autre part ; ils en font des questions politico-militaires. ces pratiques ôte à la profession diplomatique toute sa noblesse. C’est vraiment pathétique.

 

En tant que tchadien, je me demande sincèrement si certains ambassadeurs du Tchad sont conscients de leur responsabilité ? Pourquoi sont ils si fragiles devant l’argent ? Est ce qu’ils savent réellement ce que signifie être un ambassadeur d’un Etat auprès d’un autre Etat ? Talha au secours ! Il est vrai que la nomination des membres du corps diplomatiques et consulaires relève du pouvoir discrétionnaire des plus hautes autorités de l’Etat, simplement les agissements infantilisants de certains ambassadeurs trahissent non seulement les valeurs qu’ils doivent défendre au nom du Tchad, mais trahissent aussi la confiance placée en eux par les autorités du pays et ne contribuent qu’à noircir l’image du Tchad à l’extérieur. Les exemples de mauvaise gestion et des détournements des deniers publics sont nombreux et je m’en tiens uniquement aux enveloppes financières que les plus hautes autorités de l’Etat accordent à leurs ressortissants lorsqu’elles sont de passage dans un pays ou bien pour l’organisation des fêtes nationales, sachant par ailleurs la dilapidation des budgets de fonctionnement et autres recettes consulaires.

 

De Genève à Dakar en passant par Ouagadougou via Brazzaville, dans toutes ces villes, la question de la transparence et de la redistribution des ressources financières par les ambassadeurs tchadiens s’est posé et se pose avec acquitté. On parle d’ici et là des millions de FCFA et des milliers d’euro. J’observe que ces ambassadeurs du Tchad tapis dans l’ombre constituent un handicap sérieux au changement prôné par les autorités tchadiennes. Ces exemples des ambassades tchadiennes à Dakar, Genève, Brazzaville et Ouagadougou méritent incontestablement une attention particulière de la part de autorités officielles du Tchad  afin que ces dangereuses incohérences et les gesticulations hypocrites de ces représentants puissent disparaître de nos représentations diplomatiques. L’image et la crédibilité du Tchad en dépend.

 

La colère du tchadien  de Dakar ALLAHISSEM Miangar est parfaitement légitime et ce passage de son texte s’adressant au consul tchadien illustre à merveille son attachement à son pays « … ce qui me fait sortir brutalement de ma caverne de tchadien le plus en colère de toute la diaspora réunie, c’est mon drapeau. Mon hymne. Ma République. Mon Etat. Ma Nation. En avez-vous une notion ? Son Excellence, je vous jure au nom de la République , que jamais, au grand jamais, au nom d’une Nation, d’un Etat, on ne se réveille pas seulement un matin, on appelle son fils et, à l’aide d’une échelle, on fait attacher un drapeau comme si c’était un rideau qu’on attachait à une porte de Moursal, de Diguel ou de Bololo et, le reste de la famille applaudit jovialement, à l’unisson : Vive la République. Vive le consulat. Vive son excellence. Vive papa. Et papa est content ! ».

Cette préoccupation de notre compatriote de Dakar rejoint ceux de Brazzaville et de Ouagadougou. Quant à Genève, notre grand frère Talha à éclairer l’opinion tchadienne sur l’exercice de la fonction diplomatique avec des contributions très pertinentes pour le Tchad dans ce domaine et je tiens à le féliciter.

 

Je pense qu’il faut repanser le fonctionnement de nos ambassades, de même la gestion nécessaire des rapports entre les ambassades et les ressortissants tchadiens. Dans cet optique, il est important que la classe politique tchadienne dans son ensemble sort de sa passivité et de son silence et offrir aux tchadiens un cadre clair et surtout ses contributions quant à l’amélioration de notre politique étrangère à travers les ambassades tchadiennes à l’étranger. Ce n’est qu’avec ce travail sur elle même, qu’elle saura communiquer avec son environnement autrement que de façon réactive ou émotive, trop souvent sur la défensive. C’est aussi un travail que doit faire la commission des affaires étrangères du parlement tchadien en interpellant le ministre des affaires étrangères sur la façon dont nos ambassades sont dirigées et gérées. Je pense qu’il faut regarder objectivement les réalités de faits dans les ambassades du Tchad à l’étranger et prendre les mesures qui s’imposent pour mieux faire face aux défis qui se présentent au Tchad dans ce cadre. Je pense aussi qu’il faut s’interroger sur le choix de ceux qui ont la lourde tâche de représenter le Tchad à l’extérieur. Sur quel critère le département des affaires étrangères propose au Chef de l’Etat la ou les personnalités censées diriger nos ambassades? Quel sera le rôle de l’assemblée nationale sur le choix de l’exécutif dans la sphère diplomatique ? quel sera le degré des consultations des citoyens résidant dans le pays ou une personnalité tchadienne est appelé à les représenter. Ce sont de questions sur lesquelles il faut engager des réflexions sérieuses et objectives à partir des enseignements essentiels des expériences de Genève, Dakar, Brazzaville et Ouagadougou.

 

Cette petite réflexion est en réalité un petit message d’un enfant du Tchad qui aime son pays et qui souhaite la paix et l’amour entre tous les fils et filles du Tchad dans la dignité et la justice. Entre les nostalgiques et les rêveurs, il y a le réalisme comme dirait l’autre. C’est ce réalisme de notre époque que je cherche à faire comprendre et partager avec les acteurs de la vie politique tchadienne pour qu’ils en tiennent compte et faire table rase des erreurs du passé afin de mieux faire évoluer notre pays et notre diplomatie vers un idéal commun.

 

Abdoulaye Annour

 

étudiant tchadien