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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Acheikh IBN-OUMAR

Représentant en Europe de

Union des Forces de la Résistance (UFR)

LETTRE DE PROTESTATION A l’ADMINISTRATION DU SITE BLOG : MAKAILA .OVER-BLOG

La publication d’un prétendu communiqué N° 001/UFR/CP/P/2010 de l’UFR sur votre site blog appelle les observations suivantes :

N’étant accompagné d’aucune présentation de la part de la rédaction de votre blog, le document en question se présente comme un acte juridique de la plus haute importance : la destitution du président de l’UFR !

Or sans même être informé des conditions de production de ce texte ou même en supposant que la source qui vous l’a fourni l’a présenté comme un acte juridique valable, il vous suffisait d’examiner le  texte pour remarquer qu’il contient en lui-même les éléments de son invalidation :

1) Au niveau de la signature : On trouve une liste de sigles, sans aucun nom de responsable. Aligner des sigles de mouvements sans qu’il y ait des signataires nommément désignés, soit en tant que Chefs de ces mouvements, soit en tant que responsables dûment mandatés ;signifie ipso facto, (pour reprendre une expression qui existe dans le texte en question mais à mauvais escient) que les mouvements en question ne sont pas juridiquement engagés.

2) Toujours au niveau des la liste des « signataires non-signataires »: certains de ces sigles ne font pas officiellement partie de l’UFR en tant que mouvements fondateurs ou adhérents. Ce sont soit des mouvements qui sont apparus après, soit des courants qui étaient intégrés dans les mouvements signataires et dont la réapparition n’a fait l’objet d’aucun acte officiel connu et qui de toute façon, n’ont pas accompli les formalités d’adhésion à l’UFR.

3) Un texte juridique est nécessairement situé dans l’espace et dans le temps (fait le …à ….) ; chose qui n’existe pas sur celui-ci ; cela aussi lui enlève toute validité juridique.

4) Examinons maintenant l’en-tête : quelle est l’autorité qui a rédigé ce « communiqué » ? C’est la « Commission politique » ; or ni dans les Statuts ni dans le Règlement intérieur, il n’est fait mention de cette commission politique, en tant qu’organe de l’UFR. On peut cependant penser qu’elle a été  créée plus tard ; mais dans ce cas, il aurait fallu mentionner l’acte de création de cette commission, sa source juridique, ses attributions, l’autorité qui l’a mise en place etc. le tout évidemment avec la date et la signature de l’instance dont elle émane, avant de publier des textes sous son égide.

5) D’après ce communiqué, Timane Erdimi ne serait plus président depuis le 24 novembre 2009 ; or ce texte qui annonce cette décision importante apparaît le mercredi 07 avril, plus de 4 mois après. Pendant ces 4 mois, l’UFR a pris des positions publiques, à travers tel ou tel membre du Bureau ou à travers  notre Représentation. Le Président Timane lui-même a eu à intervenir dans les médias, sans qu’on ait entendu un membre de la direction lui apporter un démenti sur sa qualité de président de l’UFR.

Cela ce sont des considérations de forme qui invalident ce « communiqué ».

Examinons rapidement quelques aspects du fond.

6) Comment a été faite la destitution ?: Y a-t-il eu réunion du Conseil Supérieur de la Résistance (CSR) ou une assemblée des chefs des mouvements signataires ou une autre instance qualifiée créée entretemps peut-être ? On ne sait pas.

Citons le passage en question :

« Timane Erdimi n’est plus le président de l’Union depuis le 24 novembre 2009. L’acte ( ?)de sa destitution est intervenu ipso facto( ??!) après son rejet par l’écrasante majorité des membres de l’UFR. Il convient de rappeler que le Président de l’UFR est l’émanation d’un consensus ( ?) des Mouvements fondateurs dont il tire sa légitimité. Dès lors que cette unanimité ( ??!)a été brisée ce 24 novembre 2009, Timane a perdu son titre de Président de l’Organisation».

En droit , dire que le Président a perdu son poste « ipso facto » (i.e. par le fait même) çà veut dire qu’il n’y a pas eu d’acte juridique mais c’est un état de fait ; mais en même temps , le texte nous dit que l’ « Acte » de sa destitution est intervenu « ipso facto » ; c’est une contradiction : ou bien la destitution a fait l’objet d’un texte juridique légale (ce que le mot « acte » veut dire) ou bien il n y a pas eu de texte et que c’est un fait accompli (« ipso facto ») ; mais dire que l’ « acte » de la destitution est intervenu « ipso facto », c’est une contradiction dans les termes car ces deux mots s’excluent l’un et l’autre ; c’est comme si on disait : « pour avoir ce cadeau gratuitement il faut payer telle ou telle somme » ; peut-être que le mot « acte » est utilisé dans son sens profane et non pas technique pour signifier simplement l’action, mais dans ce cas il ne fallait pas l’accoler au mot « destitution » qui a une contenu juridique.

7) Autre confusion juridique ; le texte dit : « Il convient de rappeler que le Président de l’UFR est l’émanation d’un consensus des Mouvements fondateurs dont il tire sa légitimité. Dès lors que cette unanimité a été brisée ce 24 novembre 2009, Timane a perdu son titre de Président de l’Organisation. » La phrase commence par mentionner le « consensus » et se termine en parlant d’ « unanimité », or les deux notions sont voisines certes mais distinctes. Pour que l’unanimité soit brisée, il suffit d’une seule voie discordante ; alors que le consensus, c’est un processus de discussion pour aboutir à une décision acceptée par tous même par ceux qui avaient exprimé leur désaccord.

8) Le texte ne parle que de la destitution de Timane en tant que Président, sans mentionner les organes de l’UFR :en particulier le B.E et l’Etat-major ; en admettant cette destitution : cela veut dire, d’après les textes, que c’est le 1er Vice-président qui le remplace temporairement jusqu’à la tenue de l’instance qui doit élire le président remplaçant ; or , apparemment , l’intéressé, (le 1er V/p) n’est pas au courant de cette brusque promotion ; à moins qu’on pense que tous les organes de l’UFR sont confondues à la personne du président et qu’une fois celui-ci destitué, les autres responsables le sont automatiquement ??!.

9) Maintenant que le président est « destitué » et que logiquement le 1er V/P est en train d’assurer, à son insu, l’intérim, comment et quand désigner le nouveau président ? Là le texte nous dit :  «…aussi, un Comité d’organisation est-il mis sur pied pour préparer les conditions de la tenue des prochaines assises. Des invitations seront adressées incessamment aux membres de l’UFR ainsi qu’à ses sympathisants et amis de par le monde dont les contributions sont attendues. » D’après cette formulation un comité d’organisation des prochaines assises est mis sur pied depuis la date mentionné (24 novembre 2009) ; pourquoi le texte qui a créé ce comité d’organisation (précisant ses missions, sa structure, sa composition, etc.) n’a-t-il pas été porté à la connaissance des membres de l’UFR et du public, et que sont devenues ces invitations : mystère !

10) Pour publier un texte qui porte sur un sujet aussi important et qui curieusement, n’est publié dans aucun site proche de l’UFR, la prudence aurait commandé d’approcher les responsables officiels de l’UFR pour avoir des éléments d’appréciation comparatifs.

*

*  

Entendons-nous bien : je ne suis pas en train d’insinuer que vous avez fabriqué ce texte pour délibérément ternir l’image de l’UFR ; je n’ai aucun mal à admettre qu’il vous a été communiqué, sans doute par un membre de l’UFR, sinon vous n’y auriez accordé aucun crédit ; ce que je veux dire, c’est que même dans ce cas, vous auriez pu recouper les  informations, ou tout simplement faire un examen rapide du contenu pour voir s’il résiste aux tests classiques de validité des textes à portée juridique.

 

Je ne suis pas non plus en train de nier l’existence de problèmes internes à l’UFR, en tant que bloc, ni dans certains mouvements membres pris séparément ; simplement l’existence de tels problèmes et même les défaillances éventuelles du Président de l’UFR, ou d’un chef de mouvement ou d’un membre du B.E. ne doivent pas être une excuse pour marcher allègrement sur les principes juridiques et organisationnels, car ainsi on sème la confusion et on rajoute des contradictions supplémentaires et inutiles aux contradictions initiales qu’on voudraient résoudre.

 

Le fait de le publier sans aucun commentaire ni explication, donne l’impression aux lecteurs que c’est un texte officiel même si telle n’est pas votre intention. Et ne me dites pas que les lecteurs sont assez perspicaces pour analyser le texte eux-mêmes et comprendre que ce n’est pas un texte officiel ; (mais alors dans ce cas, dans quel intérêt le publier). Quant à la perspicacité des lecteurs, malheureusement , l’expérience récente montre qu’il ne faut pas trop y compter ; je fais allusion au fameux compte Facebook au nom de Madame Hinda Déby Itno, dont un examen rapide et superficiel permet de comprendre tout de suite que c’est une imposture maladroite avec l’intention manifeste de nuire à l’intéressée, un faux ultra-grossier, pourtant des centaines d’adhérents à Facebook, loin d’être des analphabètes ni des novices, sont tombés dans le panneau.

 

Et donc, vous pouvez imaginer facilement que la publication, tel quel, de ce texte, sans aucune explication, porte une grave atteinte à l’UFR (et non pas au président Timane)

 

Enfin, le silence de l’UFR et des différents dirigeants face aux critiques, dénigrements, parfois attaques personnelles inutiles, quotidiennement déversées par les éditorialistes, contributeurs et autres commentateurs des sites tchadiens, n’ont en général fait l’objet d’aucune protestation ou réplique de notre part ; ce n’est pas du mépris, c’est juste que nous pensons que la « mauvaise expression », si on peut dire, aussi, fait partie intégrante de la liberté d’expression ; et que si les détracteurs soulèvent des problèmes sérieux qui méritent des clarifications, nous, responsables politiques , avons tout le loisir d’y répondre directement ou indirectement.

 

Tout en vous assurant que cette protestation n’enlève rien à l’appréciation que nous avons de la presse tchadienne en ligne en général, et votre site en particulier, qui ont le mérite d’exister et de contribuer à l’expression démocratique dans l’opinion tchadienne souvent bâillonnée, je vous renouvelle, à cette occasion, mes sentiments de fraternelle solidarité.

 

Fait à Reims le jeudi 08 avril 2010

 

Acheikh IBN-OUMAR