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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

Message du Président de l’UFR

 

 

 

Militantes, militants et combattantes, combattants de la Résistance,

Chères soeurs et frères.

Honorable peuple tchadien.

 

Cela fait exactement plus d’une année que nous séjournons au Qatar par dépit des nobles idéaux que nous nous sommes fixés. Ce silence involontaire a déconcerté tous nos militants.

Incompréhensible soit-elle, cette attitude s’explique par deux raisons principales :

Au-delà de tout esprit néfaste, nous avons cru à l’ouverture des négociations parrainées éventuellement par l’Émirat du Qatar et le gouvernement du Soudan en qui nous avions fondé notre confiance, et l’opposition politico-militaire avec le régime de Ndjamena. Malgré la volonté manifeste, exprimée à maintes reprises par les autorités qataries, la réponse de Ndjamena s’est fait attendre. Pendant ce temps, par respect à l’hospitalité de nos hôtes, nous avions gelé toute activité politique visible.

La deuxième raison s’explique cependant par notre passé amer, et qui demeure à notre humble avis fondamental. La Résistance au Darfour a été un ensemble des intérêts divergents, des visions politiques égocentriques, et des conceptions futuristes inexistantes. Tous les ingrédients s’y trouvaient sauf la donne nationale.

Les nombreuses tentatives d’unifications des différents mouvements politico-militaires depuis 2005 jusqu’à 2009, du FUCD en passant par AN jusqu’à l’UFR, répondaient beaucoup plus aux soucis du tuteur soudanais qu’aux dépens d’une vraie concertation inter- Tchadienne basée autour des thèmes concernant l’avenir de notre pays. L’implication directe de ces mêmes tuteurs dans les structures des organisations à travers la gestion matérielle et humaine a désaxé la lutte de ses objectifs primordiaux.

Chers soeurs et frères,

Il n’est point pour moi de faire ici un quelconque bilan des activités de la Résistance. S’il devait avoir un procès, ce serait celui du premier d’entre les combattants, en d’autres termes le Président. Il est logique et même naturel que devant une telle débâcle, le chef doive rendre des comptes. Avant notre départ, nous avons déployé tous les efforts possibles auprès de nos ex-amis pour convoquer une large réunion des différentes instances de la Résistance, afin de débattre des problèmes sous-jacents à la Résistance, situer les responsabilités et enfin statuer sur son avenir. Malheureusement cette opportunité ne nous a pas été donnée. Lors de notre départ le 20 juillet 2010, aucun indice visible ne présageait l’effritement, moins encore la désintégration de la Résistance à la hauteur de ce que nous avons vécu. Le

Président porte toute la responsabilité devant l’histoire et les résistants, c’est pourquoi depuis notre séjour à Doha nous nous sommes retenus de toute déclaration en attendant de rendre compte aux structures de la Résistance.

Je tire personnellement les conséquences de certains manquements et j’en appelle à une réorganisation ouverte à tous les Tchadiens d’où qu’ils soient pour un Tchad meilleur, sevrée du clanisme, du tribalisme et de la gabegie.

Je salue avec conviction le courage des combattants encore sur le terrain l’arme aux pieds. Je constate l’immense sacrifice consenti par les héroïques combattants de tous bords, malgré le grand espoir que tout le peuple tchadien leur a dévolu. Aujourd’hui nous pouvons dire que le bilan est globalement négatif, mais la reconstruction de l’opposition est en train de se faire avec la plus haute détermination. Si pendant longtemps le silence a prévalu, nous avons confiance à la jeunesse et à l’avenir.

Tchadiens chers compatriotes,

Aujourd’hui le Tchad est au bord de la faillite et le peuple tchadien vit une situation unique à son genre.

Sur le plan financier :

Aux dires mêmes des bailleurs des fonds, le Tchad est au bord de la banqueroute. Les structures de l’État sont désagrégées à tous les niveaux, les serviteurs de l’État (les fonctionnaires) sont humiliés. Les règles les plus élémentaires de l’administration sont bafouées, et assujetties aux seuls caprices du dictateur tchadien. L’armée garante de la Souveraineté nationale est rendue mercenaire pour des causes mercantiles propres au président de la République. Le clientélisme et la corruption sont érigés en mode de gestion, et la jeunesse est immolée sur l’autel de la délinquance.

Depuis plus de 20 ans, la jeunesse a manqué des moyens pour son épanouissement. Elle a été volontairement orientée vers le gain facile, la privant des instruments de bases qui sont le système éducatif, culturel, sportif, et social.

Le trucage des élections est systématique avec la bienveillance complice de l’opinion internationale. Les dernières élections au Tchad révèlent une fraude à grande échelle mettant notre pays sur le banc de la honte par la même communauté internationale… bref, le Tchad, notre beau pays est pris en otage par Idriss Déby.

Malgré notre silence, depuis un bout de temps plusieurs combattants et militants à l’intérieur du pays comme à l’extérieur nous ont instamment demandé d’agir et de continuer à tenir le flambeau de la lutte.

Depuis notre départ du terrain, nous n’avions jamais cessé d’être en contact avec l’immense majorité des combattants démobilisés dans les différentes régions du Darfour et qui ont refusé de rallier malgré les conditions de vie précaire dans lesquelles ils se trouvent. De même ceux qui ont par résignation regagné la patrie et

qui ont été l’objet des tracasseries et d’humiliation, sans oublier tous les cadres disséminés à travers le monde. La concertation a été toujours permanente. Nous avons cherché constamment les voies et les moyens pour persévérer dans la lutte jusqu’à la victoire finale. De ce fait, les contacts sont maintenus avec toutes les sensibilités y compris les résistants qui n’évoluaient pas au Darfour.

Après une large concertation avec les militants de l’extérieur comme ceux de l’intérieur

,

je voudrais m’adresser à tous ceux qui ont cru à la Résistance que la lutte continue et elle continuera jusqu’à la victoire finale par tous les moyens. Je voudrais dire aussi que le Darfour a été pour nous une grande école, qui nous a appris beaucoup de choses de la vie combattante. Cela nous a amenés à connaitre les hommes, leurs motivations et leurs convictions. Les convictions sont nobles, mais les intentions sont souvent dominées par l’égocentrisme. Si le soubassement était solide, la mise en place des structures était biaisée. Que faut-il tirer de ce constat ? Naturellement une remise en cause des structures et des comportements s’imposeront au moment opportun.

Au lieu de nous démotiver, notre échec doit nous servir de leçons pour relancer d’une autre manière la lutte que le peuple tchadien attend de nous et constituer en même un nouveau motif d’abnégation et des sacrifices. Les erreurs des jugements des uns sur les autres, la mauvaise gestion des hommes et des biens, la pensée unique axée sur son environnement excentrique tendant à l’exclusion de l’autre, doivent être bannies du nouvel élan du dynamisme recherché.

Le nouvel élan doit se construire autour du leitmotiv « unité ». L’union de toutes les forces de la Résistance doit constituer le credo sacro-saint, prélude à toute initiative. Les comportements velléitaires et stéréotypés qui ont gangréné la vie de la Résistance au Darfour doivent être classés aux rebus de l’histoire pour un canevas centré autour des thèmes nationaux.

Tchadiens frères et soeurs

Je saisis l’occasion d’exprimer ici ma solidarité et celle des hommes en lutte, aux revendications légitimes du peuple tchadien. Nous sommes solidaires des travailleurs spoliés d’une vie décente, tout comme nous partageons l’inquiétude et les revendications légitimes des étudiants. Le Tchad a amassé beaucoup d’argent grâce au pétrole, et cela doit servir à l’épanouissement du peuple tchadien, mais non à quelques barons du régime.

La lutte continue, organisons-nous pour la porter