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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Darfour: la France n'est pas visée dans les enlèvements au Darfour, estime Musa Hilal

KHARTOUM — Il n'y a pas de liens entre les positions politiques de la France sur le Soudan et les enlèvements de Français au Darfour, estime un chef notoire des milices arabes "janjawids", Musa Hilal, dans un entretien avec l'AFP.


Les enlèvements d'expatriés se multiplient au Darfour depuis l'émission en mars d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans cette vaste région de l'ouest du pays.


Les Français semblent être dans la ligne de mire des preneurs d'otages. Des employés de Médecins sans frontières (MSF), dont un Français, et deux humanitaires de l'ONG Aide médicale internationale (AMI), dont une Française, ont été enlevés en mars et en avril puis relâchés.


Un employé français de la Croix-Rouge Internationale, Gauthier Lefèvre, a été kidnappé jeudi par des hommes armés près de la frontière avec le Tchad. Des dix expatriés enlevés depuis mars au Darfour trois sont Français.


Soutien à la Cour pénale internationale, accueil d'Abdelwahid Mohammed Nour - un important chef rebelle du Darfour -, présence militaire au Tchad voisin, Paris n'est pas dans les bonnes grâces de Khartoum, soulignent plusieurs analystes.


Au point où certains humanitaires craignent que la France soit directement visée.

"Je ne pense pas qu'il y ait de liens entre les positions de la France (sur le Soudan) et les enlèvements" de Français, estime Musa Hilal.


Influent chef de la branche Mahamid de la tribu arabe Rezeiqat présente dans le Nord du Darfour, ce dernier est considéré par les Etats-Unis comme l'un des leaders des milices "janjawids" mobilisées par le gouvernement soudanais pour mater la rébellion au début du conflit au Darfour en 2003-2004.


Il trône au sommet de la liste américaine des personnes soupçonnées de crimes de guerre au Darfour, fait l'objet d'une interdiction de voyager imposée par le Conseil de Sécurité de l'ONU, mais n'est pas sous mandat d'arrêt de la CPI.


"Il y a trois causes (aux prises d'otage). Premièrement, les organisations (humanitaires) ne distribuent pas l'aide de manière équitable ... et n'embauchent pas de manière équitable les gens de différentes tribus", dit le conseiller au ministère du fédéralisme dans son bureau à Khartoum.

"La deuxième raison est politique", ajoute-t-il en refusant de détailler. "Troisièmement, (ces prises d'otages) comportent des messages destinés aux ONG, au gouvernement soudanais, à l'Union africaine, à l'ONU et au processus de Doha", pourparlers entre la rébellion et Khartoum, souligne-t-il.


Des membres des tribus arabes du Darfour-Nord sont à l'origine de prises d'otages, selon plusieurs analystes. Musa Hilal a joué un rôle de médiation avec les ravisseurs des deux humanitaires de l'ONG irlandaise Goal libérées la semaine dernière après 107 jours de détention.


Le quotidien Irish Times soutient qu'une rançon de 150.000 euros a été payée en échange de la libération des deux otages. "On ne peut pas confirmer", dit-il dit. Mais "je pense que des gens qui détiennent des otages pendant 107 jours ne les libèrent pas tout simplement de bonne foi", souligne M. Hilal.


Les ravisseurs des employés de Goal, un groupe formé d'Arabes et de Zaghawa, ont menacé de s'enfuir au Tchad voisin avec leurs otages, explique-t-il.


Les autorités soudanaises ne voulaient pas que les otages soient emmenées au Tchad pour être libérées, car Khartoum craignait entre autres que les autorités tchadiennes s'attribuent leur libération et en tirent ainsi un bénéfice politique, dit-il.


"Si le Tchad avait libéré les otages, cela aurait été considéré comme un échec de la part du gouvernement soudanais".