Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

abdelwahid-mls.jpgLe chef d'un des principaux mouvements rebelles du Darfour, le SLA-Abdelwahid, a rejeté l'accord signé mardi entre le Soudan et un autre groupe qui, selon lui, "oublie" la population de cette région en proie depuis sept ans à la guerre civile.

 

"De quelle paix s'agit-il? D'une paix politicienne (...), d'un combat pour obtenir des postes au gouvernement mais qui ne s'intéresse pas à la chose fondamentale: assurer la sécurité de la population" du Darfour, a affirmé à l'AFP Abdelwahid Nour, joint par téléphone.

 
Le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) de Khalil Ibrahim, le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, a signé officiellement mardi soir à Doha, au Qatar, une entente avec Khartoum incluant un cessez-le-feu et les grandes lignes d'un accord de paix devant être complété d'ici le 15 mars.

Cet accord porte sur un partage du pouvoir et prévoit la participation du JEM, qui doit se "constituer en
parti politique", "à tous les niveaux du pouvoir (exécutif, législatif...) selon des modalités à convenir ultérieurement entre les deux parties", d'après les termes du texte.

Il prévoit aussi une compensation, encore à définir, pour les victimes du conflit au Darfour et des mesures pour faciliter le "retour volontaire" des 2,7 millions de personnes déplacées par ce conflit à l'origine, depuis 2003, de 300.000 morts selon les estimations de l'ONU, 10.000 d'après Khartoum.


L'Armée de libération du Soudan d'Abdelwahid Nour (SLA-Abdelwahid), l'autre grand mouvement rebelle du Darfour, a refusé de se joindre au processus de Doha.

"Il faut en premier lieu assurer la sécurité de la population, désarmer les milices janjawids (pro-gouvernementales), mettre fin au génocide, après cela on pourra parler de résolution de conflit", a expliqué M. Nour.


Le président soudanais Omar el-Béchir est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. Mais la CPI n'a pas retenu les charges de génocide.


L'accord entre le JEM et le Khartoum "ignore complètement la sécurité de la population" du Darfour, a encore plaidé M. Nour. "Nous nous battons pour le peuple, pour le droit d'être en vie, c'est quelque chose sur lequel notre mouvement ne peut faire de compromis", a ajouté le chef de l'Armée de libération du Soudan (SLA), qui vit en exil à Paris.

Abdelwahid Nour demeure très influent au sein de la tribu Four --qui a donné son nom au Darfour (la "maison des Fours")-- et jouit d'un capital de sympathie dans les camps de déplacés, mais son attitude est jugée intransigeante et irréaliste par plusieurs diplomates impliqués dans le dossier.

Selon des sources concordantes, des dissensions internes sont apparues récemment au sein du SLA-Abdelwahid, plusieurs commandants remettant en cause la décision de leur chef de ne pas s'engager dans le processus de Doha.


Après une longue phase militaire, les combats entre rebelles et forces armées soudanaises, appuyées par des milices locales, sont aujourd'hui intermittents au Darfour.

Des affrontements ont eu lieu cette semaine au Jebel Moon, à la frontière du Tchad, entre des forces pro-gouvernementales et le JEM. Et des combats musclés se déroulent depuis quelques semaines au Jebel Marra, montagne et sa vallée fertile dans le coeur du Darfour, considéré comme le fief des hommes d'Abdelwahid Nour.

Le gouvernement "nous a attaqués afin de faire pression pour que nous allions à la table des négociations à Doha", a avancé M. Nour.


Selon des sources locales, les affrontements au Jebel Marra ont forcé le déplacement temporaire de plus de 30.000 personnes.


Source: AFP