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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Interview avec Daniel Deuzoumbé , président des Droits de l’Homme Sans Frontière (DHSF) au Tchad

Après la publication d’un rapport de son organisation sur la situation des violations systématiques des droits de l’homme au Tchad, M.Daniel Deuzoumé, Président des Droits de l’Hommes Sans Frontière (DSHF),a accepté volonté de nous accorder une interview pour éclaircir à nos lecteurs-(tries), un certain nombre des préoccupations.

Pour le Président des Droits de l’Homme Sans Frontière (DHSF), même si l’initiative du Tchad de présenter sa candidature au Conseil de Sécurité de l’ONU en qualité de membre non permanent, est encourageante, son organisation ne soutiendra cette démarche pour plusieurs raisons.

Interview.

 

 

Blogmak : Daniel Dezeumbé, Bonjour ! Droits de l’Homme Sans Frontière (DHSF), vient de publier un rapport 2012-2013, intitulé : « Vers la dégradation avancée des violations des droits l’homme et de la limitation de la liberté d’opinion et d’expression », dans lequel vous avez traité par rubrique, plusieurs cas. Comment expliquez-vous la pratique de la traite des personnes et des enfants tchadiens par d’autres Tchadiens ?


Daniel Deuzoumbé :  Merci M Makaila, je dis aussi bonjour à tous ceux qui  choisissent toujours votre blog pour s’informer et surtout sur ce qui se passe au Tchad. en plus, je vous souhaite bon séjour et un bon départ dans votre nouveau pays d'accueil. je vous souhaite en un mot plein succès; Maintenant pour revenir à votre question, je voudrais dire que la traite au Tchad est l'une des choses qui nous choque le plus. comment comprendre que des tchadiens qui se sont enrichis sur le dos du contribuable tchadien puissent se permettre d’acheter les enfants d'autres tchadiens afin de les soumettre à l'esclavage? pour ceux qui ne le savent pas encore, il faut leur dire que certains tchadiens pour la plus part des colonels proches du pouvoir au Tchad qui se sont enrichis ont réussi en même temps à appauvrir les autres concitoyens. comme ils ont beaucoup d’argent, ils possèdent de grands troupeaux des bœufs, des moutons et des chameaux pour lesquels ils ont besoin des gardiens. les mêmes ont aussi des tracteurs avec lesquels ils labourent de grandes surfaces de terre pour lesquelles ils ont besoin de la main d'oeuvre moins chères ou même gratuites pour les récoltes. bien entendu, les machines au Tchad ne récoltent pas encore. il faut alors pour cela se tourner vers les enfants des pauvres qui vivent pour la plus part au Sud du Tchad. ces gens ne peuvent pas asservir les enfants de leur région ni des régions limitrophes. comme les américains ont laissé les amérindiens juste à coté d'eux pour venir en Afrique, eux aussi quittent leur région pour chercher un peu plus loin à cause des problèmes de rapports de force. les amérindiens pourraient bien se défendre face aux américains n'est ce pas? c'est alors de cette façon que les enfants tchadiens sont trompés et transportés en toute impunité vers des zones qu'ils ne connaissent pas et  qui constituent pour eux, une zone de non retour. tout cela se passe sous les yeux du gouvernement tchadien que nous avons régulièrement informé depuis plusieurs années. permettez moi d,ajouter sur cette question que le gouvernement tchadien est classé sur la catégorie 2 par le congrès américain, c'est à dire un pays qui pratique la traite et qui ne fait pas d'efforts pour l'arrêter. ainsi, d,ici peu de temps le Congrès américain va sanctionner le Tchad avec toutes les conséquences que cela engendrera. surtout que cela fait quatre bonnes années que le Tchad figure sur cette liste des pays à moindre efforts dans la lutte contre la traite.

ce qui surprend encore c'est le silence du système des Nations Unies dans ce chapitre de lutte contre la traite des personnes en particulier celle des enfants. la justice tchadienne quant à elle se préoccupe de mettre en prison les opposants politiques et les journalistes et laisse en liberté tous ceux qui pratiquent la traite. cela, malgré nos nombreuses plaintes ensemble avec les victimes ou leurs parents. peut -être ils agiront lorsque cela va devenir Matta Léré come en 2011;

 

Blogmak : pensez-vous que les instruments juridiques internationaux et sous-régionaux, signés et ratifiés par le Tchad sont-ils respectés  en matière des droits des enfants ?

Daniel Deuzoumbé : En lisant la réponse à la première question, vous savez déjà que les conventions internationales et régionales ne sont pas respectées par le Tchad. vous savez que le Tchad est Etat partie à la convention relative aux droits de l'enfant et la Charte du bien -être de l'enfant africain. tous ces instruments aux contenus et obligations voisins interdisent la traite mais le Tchad laisse faire. après, ils vont inventer des choses devant le comité des droits de l'enfant à Genève qui siégera bientôt  sur le Tchad. D’ailleurs, il prépare en coulisse le rapport périodique qu'il enverra ou peut être a même envoyé à Genève?

 

Blogmak : la persistance de ces faits, n’est-elle pas similaire à la situation en Mauritanie où les arabo-berbères ont soumis à l’esclavage une catégorie de leurs compatriotes notamment la communauté « Harantine » ?

Daniel Deuzoumbé : Il n'ya pas à mon avis deux formes d'esclave dans ce domaine sauf qu'en Mauritanie, il ya à la base une question de couleur. Au Tchad, c'est beaucoup plus la discrimination basée sur la région et la fortune. Le point commun entre la Mauritanie et le Tchad c'est le laxisme du gouvernement qui tolère

 

Blogmak : Dans votre rapport, vous évoquez la violation du droit à la vie, les tortures et autres traitements dégradants et inhumains à l’encontre des Tchadiens de la part des  hommes proches du pouvoir. Pourquoi, ces cas ne font pas l’objet de dénonciations au niveau international par vos partenaires qui travaillent sur le Tchad ?

Daniel Deuzoumbé : Au Tchad, il existe de nombreux cas de torture que nous dénonçons régulièrement. le gouvernement ne fais pas grande chose contrairement à ses obligations contenues dans les instruments internationaux et régionaux ratifiés qui sont entre autres: la Charte africaine des droits de L'homme et des peuples et la Convention contre la torture et autres peines et traitements cruels inhumains et dégradants. quant à nos partenaires, il faut reconnaitre que certaines parmi eux font de grands efforts étant entendu qu'ils n'ont pas que le Tchad. par exemple Amnesty International dont nous sommes partenaire au Tchad effectue au moins deux missions par an au Tchad afin de faire des plaidoyers auprès de notre pays afin que certaines pratiques changent. si vous suivez bien cette ONG fait de nombreux appels urgents sur notre pays ces dernières années plus qu'avant.

Blogmak : le conflit entre éleveurs et agriculteurs, préoccupe votre organisation. Que fait l’Etat pour résoudre cette question qui empoisonne la cohabitation entre les ces deux composantes ?

Daniel Dezeumbé : le conflit éleveurs agriculteurs suit le même cheminement que la traite. puis que vous et moi savons que les vrais propriétaires de ces troupeaux qui dévastent nos champs sont les colonels et les généraux proches du pouvoir qui jouissent d'une impunité de fait plus forte que celle des députés et des ambassadeurs. il y' a certainement un conflit d'intérêt. les propriétaires sont soit des commandants des brigades de la gendarmerie, sous-préfets, préfets ou même gouverneur. comment voulez vous que les bergers de ces gens ne sentent pas eux mêmes commandants des agriculteurs ou leur  gouverneur? voyez ce qui s'est passé à Deli où un éleveur a fléché un agriculteur et l'attitude du Ministre de l'intérieur dans la tentative de règlement de ce différend. tout cela vous dit long sur ce conflit entretenu par les hommes du pouvoir pour lequel le gouvernement ne fait pas grand chose.

 

Blogmak : Dans sa répression générale, le régime tchadien n’épargnez pas  les défenseurs des droits de l’homme. Quels sont vos voies de recours et moyens de protection au niveau national et international ?

Daniel Deuzoumbé : Au Tchad, les défenseurs des droits de l'homme travaillent bien entendu dans un contexte particulièrement difficile mais il faut reconnaitre que personne n'a été empêché ces deux dernières années de faire son travail. Cependant, si vous n'êtes pas courageux, vous ne pouvez rien faire. Car, tout est mis en œuvre pour intimider tout le monde. On vous fait croire que si  vous faites ou dites ceci ou cela, vous irez en prison. Si cela vous fait peur vraiment, vous croiserez les bras. Il faut aussi dire que les défenseurs sont harcelés de plusieurs manières mais il appartient au défenseur en question de savoir surmonter tout cela.

Quant à la protection, je crois pour ma part que le défenseur des droits ne jouit pas d'une protection spéciale malgré la Déclaration des Nations sur la protection des défenseurs mais sont de très prés suivis par les autres tchadiens auprès desquels leur travail constitue un bouclier face aux violateurs des droits de l'homme qui tournent et se protègent du pouvoir en place.

Au niveau international, il faut dire que certaines ambassades accréditées au Tchad aident le gouvernement tchadien et de loin, suivent efficacement le travail des défenseurs des droits de l'homme.  Donc, les défenseurs des droits humains peuvent s'ils le jugent utiles dénoncer toutes les violations des droits de l'homme comme ils veulent. Le problème est d'attendre parfois les représailles qui peuvent ou ne pas venir directement du gouvernement ou des individus dans l'Etat sous forme de règlement de compte.

 La seule chose qui est véritablement interdite et n'est réservée qu'aux gens du pouvoir, c'est la liberté de manifester dans les rues. là les défenseurs ne peuvent pas le faire. par exemple en 2012 ils en avaient exprimé le besoin, mais le pouvoir a interdit cela. plus grave, les musiciens tchadiens ont voulu en aout 2013 organiser un concert pour soutenir les journalistes emprisonnés, leur concert avait été interdit par le pouvoir en place.  S’ils veulent que leur concert soit permis, ils n'ont qu'a chanter l'éloge du pouvoir en place, là ils n'auront même pas d'autorisation à prendre.

 

Blogmak : votre rapport mentionne les cas des arrestations et détentions des personnalités politiques proches du régime accusées des détournements. Pourquoi, ces arrestations sont-elles sélectives et ne visent-elles pas les membres de la famille régnante au pouvoir ?

Daniel Deuzoumbé : A propos des arrestations des présumés détourneurs des deniers publics, nous voulons simplement dire que le gouvernement tchadien veut montrer à l'opinion qu'il fait d'efforts dans la lutte contre les détournements. la vérité est connue du moins de ceux qui suivent la politique tchadienne. Ceux qui sont arrêtés sont les hommes qui sont tombés en disgrâce. ce ne sont peut- être pas vraiment ceux qui ont détourné ou du moins le mobile de détournement a simplement été un prétexte. les vrais détourneurs sont là.  Certains sont parmi les hommes proches du pouvoir qui jouissent comme nous l'avions dit plus haut de l'immunité de fait. par rapport à tout cela, nous attendons que la moralisation fasse un tour aux Ministères des infrastructures et de la défense... 

Blogmak : la situation de la liberté de presse et d’expression s’est dégradée avec les arrestations illégales des journalistes Eric Topona, Mousseye Avenir de la Tchiré et  du blogueur Jean Laokolé. Ils viennent d’être libérés, mais condamnés avec sursis. Que vous inspire l’acharnement du ministre Jean Bernard Padaré à travers ces arrestations ?

Daniel Deuzoumbé : vousl'avez si bien dit, la question de la liberté de la presse s'est considérablement dégradée ces deux dernières années. tout a commencé par la poursuite judiciaire lancée contre le journal N,Djamena Bi. Hebdo qui a été lourdement condamné. comme si cela ne suffisait pas, on n'est passé aux arrestations et détention pendant un peu plus de trois mois des journalistes Eric Topona, Mousseye Avenir de la Tchiré et le bloggeur et écrivain Jean Laoukolé.

en fait, tous ces journalistes sont des anciens collaborateurs de l'actuel Ministre de la Justice. ils se sont séparés pas dans des bons termes. le Ministre a très mal pris leurs départs d'un journal qui pourrait être sa propriété. il continue même à poursuivre Avenir de la TChiré en justice. le blogueur quant à lui a le malheur d'être le neveu d'un opposant que ce Ministre combat jours et nuits. c'est tout cela qui nous fait dire ensemble avec vous que cela est un acharnement basé sur un simple règlement de compte et non sur la loi de la République. vous savez déjà qu'il n'ya aucune loi qui régit la cyber criminalité au Tchad. la loi 17 sur la presse ne prévoit pas cela mais ces gens ont été condamnés pour avoir écrit sur internet. personne n'a posé la question de savoir comment a t-on fait pour entrer en possession des courriers personnels des gens qui sont couverts par le secrets de la correspondance. si cela n'a pas été fait c'est parce qu'on veut régler les comptes coute que coute et dire aux autres taisez vous sinon je vous mets en prison.

Ce qui s'est passé au Tchad ne peut à l'heure actuelle se passer dans aucun autre pays africain sauf au Tchad où on viole les droits de l'homme comme on veut pourvue qu'on en ait les possibilités et l'occasion. Surtout qu'on a réussi à écarter tous les magistrats courageux du circuit. ceux qui sont aux affaires souffrent dans leur conscience de ce qu'on leur demande de faire chaque  jour contre la loi et leur intime conviction. je continue à croire que beaucoup parmi eux vont bientôt refuser de telles taches et dire à la chancellerie qu'après tout, eux aussi sont  des juges et praticiens du droit. en tout cas au Tchad, la liberté d'expression est très limitée.

 

Blogmak : Le député Saleh Kebzabo est sous le coup de la levée de son immunité parlementaire. Pourquoi, le régime Deby en veut-il autant à cet homme politique à l’approche des échéances présidentielles de 2016 ?

Daniel Deuzoumbé  Kebzabo vient d'échapper une fois encore à une manœuvre dangereuse qui visait son élimination de la scène politique tchadienne. Le même Ministre de la justice a impulsé  une fois encore une levée de l'immunité parlementaire de ce député chef de file de l'opposition. comme le Ministre est un praticien du Droit, il ne tarde pas à trouver ou fabriquer des chefs d'accusation contre ceux qu'ils n'aiment  pas et des astuces pour protéger coûte que coûte ceux qu'ils aiment même s'ils sont condamnés.

Alors, dans le cas de Kebzabo les députés, opposition et ceux du pouvoir réunis ont voté majoritairement contre la levée de l'immunité de ce député. beaucoup parmi eux ont estimé que cette énième demande de la levée de l'immunité de ce même député par ce Ministre relèverait des affaires personnelles et non celles liées à l'Etat. quant à dire pourquoi cela à la veille de 2016, je ne saurais le dire mais crois simplement que tout relève d'une manœuvre personnelle du Ministre  de la justice pour plaire au Président de la République. pour nous,  que cela soit fait avec l'aval du Président de la République ou non, cela représente une violation des droits de l'homme car, l'article 21 de la Déclaration Universelle des droits de l'homme est tout à fait clair sur cette question. nous suggérons donc aux députés d'amender les textes qui régissent la levée de l'immunité parlementaire de façon à ce qu'une personne ne soit pas permise à demander la levée de l'immunité d'un député plus d'une fois au cours de la même législature sauf cas de flagrant délit. au cas contraire, en cas d'échec, que le demandeur de l'immunité  d'un même député dont la demande a été rejetée soit poursuivi pour diffamation. cela éviterait des demandes fantaisistes basées sur de simple règlement de compte personnel ou un abus de position dans la gestion des  affaires publiques.

 

Blogmak : Il nous est permis de constater dans vos récits, que les atteintes aux droits de l’homme dont sont victimes les citoyens tchadiens vivant hors du pays, ne sont pas évoqués. A savoir : la déportation de Brazzaville des Tchadiens, l’arrestation à Bangui de M.Ismaïl Idriss Idriss,ancien secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, qui est actuellement détenu à Ndjaména, mais celui l’expulsion du blogueur tchadien de Dakar. Etes-vous aussi, sélectif dans votre approche du traitement de la question des droits au Tchad ?

Daniel Deuzoumbé : Nous avons traité dans notre rapport des cas  des violations des droits de l'homme y compris des atteintes aux droits de l'homme que nous avons reçu et que nous avons cru utile de le présenter comme échantillon. Nous l'avons mentionné pourtant cela. En plus, nous ne pouvons pas tout connaitre. Il faut bien que quelqu'un nous informe. Sinon, nous ne pouvons pas agir. Les cas que vous soulevez, c'est maintenant que vous nous informez. Pour ce qui nous concerne, nous traitons de tous les cas des violations des droits de l'homme avérés pour lesquels nous sommes informés. 

Blogmak : en dépit de ces violations généralisées et massives des droits de l’homme au Tchad, le Gouvernement aspire à déposer sa candidature au Conseil de Sécurité de l’homme, membre non-permanent. Trouvez-vous cohérent la démarche du régime tchadien ?

Daniel Deuzoumbé : dans votre question, vous démontrez d'ailleurs que vous avez bien compris l'enjeu. Dans ce contexte des violations graves, systématiques et flagrantes des droits de l'homme le Tchad veut non seulement être membre non permanent du Conseil de sécurité mais veut aussi être élu membre du conseil des droits de l'homme. Aux Nations Unies, certaines décisions sont politiques nous le savons mais nous pensons là au moins cela ne va pas prospérer. En fait, nous ne sommes pas contre la candidature du Tchad à ces instances mais  nous disons que le contexte n'est pas favorable.

Tout en félicitant cette initiative du Tchad pour la première galvanisée par la guerre au Mali, nous pensons que nous ne pouvons pas soutenir ces candidatures pour les raisons suivantes;

- la question des enfants soldats qui n'est pas totalement réglée;

- la traite des personnes en particulier celle des enfants pour laquelle aucun présumé coupable n'a été inquiété en dépit des plaintes que nous avons déposées; là, nous avons mentionné ci-haut que le congrès américain est prêt à condamner le Tchad. Comment les américains qui condamnent un pays pour violation des droits de l'homme vont-ils accepter de rester au conseil de sécurité avec ce même pays?

- le harcèlement des défenseurs des droits de l'homme, des journalistes et les opposants politiques. Cela pose la question essentielle de la liberté d'opinion;

- la dégradation avancée de la liberté d'expression. en 2013,  quatre journalistes ont été jetés en prison et y ont passé au moins trois mois avant d'être condamnés à de lourdes peines. un autre a comparu librement et lui aussi été condamné.

 

- l'absence de la liberté de manifester. cet été un gouvernement a fait publier un communiqué pour interdire toutes les manifestations sauf celles organisées par le pouvoir.

En définitive, nous disons que la démarche du gouvernement tchadien n'est pas cohérente. c'est pour nous une façon de nier l'évidence et une négation de la cause des victimes des violations des droits de l'homme.

 

Blogmak : vous ne déplorez que l’absence de couverture médiatique des organes locaux qui ne relayent pas vos conférences de presse et rapports dans leurs journaux ou radios. Que reprochez-vous à la presse nationale sur le traitement des droits humains au Tchad ?

Daniel Deuzoumbé : nous avions déjà dit plus haut que la liberté d'expression n'existe pas au Tchad. Alors, comment vous allez demander aux medias publics de couvrir nos acticités? ca c'est trop demandé. Dans tous les cas, cela  fait plus de deux  ans que les medias publics ont reçu des consignes pour ne pas couvrir nos activités malgré notre protestation au HCC par une lettre datée du 20 mars 2012. Les journalistes du public souffrent. Dans tous les cas avec ou sans medias publics, notre cause avance mais l'histoire retiendra que cela s'est fait sans eux... 

Blogmak : Merc Daniel Deuzoumbé 


Interview réalisée par Makaila Nguebla