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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Le Tchad prudent sur la crise au Mali

 

Idriss Déby a été reçu mercredi par François Hollande pour discuter de l'intervention africaine dans le nord du Mali.

François Hollande s'est livré ce mercredi à un exercice diplomatique délicat. En recevant son homologue tchadien Idriss Déby à l'Élysée, le président français devait tenter de combiner ses principes affichés en faveur des droits de l'homme et de la démocratie en Afrique avec la nécessité de promouvoir les intérêts de la France. La première rencontre entre les deux hommes fut donc «directe», selon un diplomate.

Signe des tensions entre les deux pays, la visite programmée en octobre a été une première fois repoussée par la France d'un bon mois pour cause d'«agenda surchargé». Elle a donné lieu à d'intenses tractations sur fond de crise malienne et de polémique autour de la disparition d'Ibni Oumar Mahamat Saleh. Cet opposant à Idriss Déby avait été enlevé à son domicile, en février 2008, par des militaires tchadiens. On ne l'a jamais revu. Les associations de défense des droits de l'homme accusent le pouvoir d'avoir profité de la confusion qui régnait alors pour régler de vieux comptes politiques. L'entourage de Déby a toujours nié et les différentes enquêtes menées, y compris avec des experts internationaux, n'ont pu éclaircir ce mystère. Pour François Hollande et le PS, qui a fait du cas Saleh un symbole, il est difficile d'oublier l'épisode. «Tous les dossiers ont été évoqués lors du tête-à-tête», assurait-on à l'Élysée. Du côté tchadien, on indiquait, visiblement agacé, que le sort de l'opposant ne figurait pas au menu officiel des discussions: «Il y a une commission d'enquête indépendante. Ce n'est pas aux chefs d'État à évoquer cette question.»

Flou artistique

Mais c'est surtout la crise au Mali qui a occupé la conversation. Paris ne cache pas son souhait de voir une coalition africaine le plus large possible se former pour soutenir l'armée malienne dans sa reconquête du Nord, occupé par des groupes islamistes.

Pour l'heure, seuls des membres de la Communauté des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se sont engagés à hauteur de 3300 hommes. L'Union africaine n'a toutefois pas écarté la participation d'autres pays. Le Tchad, dont l'armée possède une expérience indéniable du combat dans le milieu désertique, serait alors un allié précieux. Idriss Déby entretient l'ambiguïté sur un éventuel engagement. Mercredi, à l'issue de sa rencontre avec François Hollande, le président a dénoncé la «confusion totale» qui entoure le déploiement d'une force internationale: «Il ne s'agit pas aujourd'hui de se demander si le Tchad va envoyer des troupes ou bien non, mais il faudra que les Maliens nous disent ce qu'ils veulent, que la Cédéao nous dise quelle démarche, quelle feuille de route.» N'Djamena serait-t-il tenté de négocier son implication? Le président tchadien Idriss Déby a en effet de nouveau réclamé mercredi que les responsables de L'Arche de Zoé paient 6 millions d'euros d'indemnités aux familles des enfants que l'ONG avait tenté en 2007 d'emmener en France en les faisant passer pour des orphelins. La présidence tchadienne a récemment confirmé à l'AFP que le gouvernement français s'était engagé à payer une indemnisation, ce que Paris a toujours nié.