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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

La Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) siégeant à Abuja au Nigeria a déclaré hier, vendredi 14 mai la plainte contre l’Etat du Sénégal de Hissène Habré l’ancien président tchadien, recevable. Les défenseurs de l’hôte « persécuté » se sont attaqués à ceux qu’ils considèrent comme une violation par le pays d’accueil du principe de « l’autorité de la chose jugée » et de la « non rétroactivité de la loi pénale ». Ils ont gagné hier, la première manche à Abuja en voyant leur plainte déclarée valable. En attendant un jugement dans le fond.


Depuis octobre 2008, Hissène Habré et ses défenseurs avaient, contre-attaquant, attrait devant la Cour de justice des Droits de l’Homme de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), son pays d’accueil : le Sénégal. En attente depuis quelques années maintenant d’un curieux procès à Dakar, fruit d’un lobbying forcené d’organisations de « Droit de l’hommiste » qui veulent certainement faire un exemple en Afrique avec lui, l’ancien président tchadien s’est élevé à son tour, contre l’Etat du Sénégal qui entend ainsi le juger en modifiant même sa Constitution pour lancer la procédure. Il veut que justice lui soit rendue contre la violation du principe de « l’autorité de la chose jugée » et de la « non rétroactivité de la loi pénale ».

Accusé d’être responsable de la mort de milliers de personnes dans son pays, le Tchad, Hissène Habré se bat aujourd’hui pour retrouver simplement la quiétude d’un retraité de la chose politique. En vain, assurément. M. Habré est prévenu de crimes présumés contre l’humanité, et c’était l’Union Africaine qui avait chargé le Sénégal de le juger, lui refilant le bébé, lui qui semblait faire dans le dilatoire au point que les défenseurs du vainqueur des Libyens à Fayalarjo parlaient même de persécution à l’encontre de leur client.

C’est la raison pour laquelle certainement, ils avaient saisi la Cour de justice de la Cedeao en octobre 2008. L’un d’eux, Me François Serres, pour ne pas le nommer, dans un entretien accordé à Sud Quotidien s’était interrogé, sans trouver de réponse cohérente et logique, selon lui, sur les raisons qui poussaient le Sénégal à porter un nouveau procès contre son client. Parlant du recours que lui et ses confrères qui défendent Habré avaient introduit devant la Cour de la Cedeao, il avait indiqué qu’il avait pour objet de dire que leur client avait déjà été jugé et qu’en application de la charte africaine des droits de l’Homme, l’on ne peut pas juger deux fois, le même homme pour les mêmes faits. Au regard du principe de sécurité judiciaire, disait-il, il y avait de quoi s’inquiéter des conditions d’équité dans lesquelles allait se dérouler au Sénégal, le procès. Il est temps, avait-il conclu, que l’acharnement judiciaire s’arrête.

En recevant finalement hier, vendredi 14 mai sa plainte, malgré les plaidoiries des conseillers de l’Etat du Sénégal à la Cour ainsi que les exceptions soulevées par ces derniers travaillant pour l’irrecevabilité de la plainte, la Cedeao prend leur contre-pied. L’Etat du Sénégal qui avait constitué son pool d’avocats parmi lesquels, l’actuel Garde des sceaux, ministre d’Etat, ministre de la Justice, Me El Hadji Amadou Sall ainsi qu’un comité chargé de réfléchir aux principaux axes de la défense du Sénégal, perd une manche. Reste la seconde : le jugement au fond. Toujours est-il que l’ancien président tchadien ballotté depuis une dizaine d’années maintenant et ses avocats savourent cette victoire au moment où un lobbying pour son jugement au Sénégal semble encore reprendre du souffle en... Europe !


par Madior FALL

Source: Sud Quotidien