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Publié par Mak

Un œil sur l’actu – Echec programmé pour le panel des Chefs d’Etat

 

Par Elisée Bolougbeu Mardi, 01 Février 2011 10:30

Publié dans Sortie de crise

 

Suite aux recommandations du Conseil de sécurité et de paix de l’Union africaine (Csp- Ua), le 16e sommet de l’Union africaine, tenu à Addis-Abeba en Ethiopie les 30 et 31 janvier, a décidé de la mise sur pied d’un panel composé de cinq chefs d’Etat pour tenter de résoudre la crise post-électorale ivoirienne. Après deux missions de l’Ua et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), toutes soldées par des échecs. Que peut-on espérer de la mission de ce panel?

Composé des Présidents mauritanien, Mohamed Ould Aziz, Sud-africain Jacob Zuma, burkinabé Blaise Compaoré, tchadien Idriss Deby et  tanzanien Jakaya Kikwete, ce panel annonce des débats houleux.

La feuille de route assignée à ce panel laisse entrevoir un achoppement certain. L’Union africaine à réaffirmé son attachement au verdict des urnes, tel que proclamé par la Commission électorale indépendante (Cei) et à ce titre, a insisté sur la reconnaissance d’Alassane Ouattara en tant que Président élu de la Côte d’Ivoire. Il est «hors de question» de reconnaître Laurent Gbagbo Président de la Côte d`Ivoire, a annoncé dimanche la Communauté économique des Etats d`Afrique de l`Ouest (Cedeao) dans un communiqué. Le Président de la Commission de l’Ua, Jean Ping s’est voulu formel samedi dernier en déclarant qu’«il s’agit d`amener Alassane Ouattara à exercer la réalité du pouvoir dans le pays par la négociation». Il ne s’agirait donc pas d’une médiation mais d’une négociation afin de trouver une issue qui permettra «une sortie honorable» à Laurent Gbagbo.

Comment garantir le succès d’une telle mission quand, on a encore en mémoire la récente récusion du médiateur de l’Union africaine, le Premier ministre kenyan, Raila Odinga, accusé par le camp Gbagbo « d’avoir pris parti » pour le camp Ouattara. Laurent Gbagbo qui s’arc-boute au pouvoir sur le prétexte du respect de la constitution acceptera-t-il de partir et céder le fauteuil présidentiel à celui, qu’il avait juré ne jamais voir hériter du pouvoir exécutif en Côte d’Ivoire. Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de Laurent Gbagbo est catégorique : « les conclusions du Panel doivent tenir compte des lois et de la Constitution de Côte d’Ivoire ».

Pour les partisans d’Alassane Ouattara, le verdict de cette mission qui n’a pas encore commencée est clair. Si L’Ua reconnaît Alassane Ouattara Président élu, point n’est besoin de tergiverser dans une médiation qui n’en vaut pas la peine. Même si Alassane Ouattara se dit « satisfait » des conclusions de ce Sommet, pour le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la paix (Rhdp), il n’est pas besoin d’attendre le délai « d’un mois » fixé par l’Ua.

La composition même de ce panel ne pourrait-elle pas être un obstacle à une issue heureuse de la crise post-électorale. La présence du Président burkinabé Blaise Compaoré dans ce panel n’est pas vue d’un bon œil par les partisans de Laurent Gbagbo. Qui ne lui auraient pas pardonné l’attaque armée de la rébellion en 2002, organisée et menée depuis le Burkina-Faso contre la Côte d’Ivoire. Il serait aussi l’un des farouches défenseurs d’une intervention militaire pour déloger Laurent Gbagbo. Lui qui pourtant a été le facilitateur de l’Accord politique de Ouagadougou.

Il n’en saurait être autrement du camp Ouattara qui ne serait pas non plus enchanté de la présence du Président Sud-africain Jacob Zuma dans ce panel. A ce dernier, il reproche sa prise de position à la veille du sommet de l’Ua, invitant la Communauté internationale à se pencher sur la proposition de Laurent Gbagbo : l’envoi d’une équipe internationale d’experts pour faire la lumière sur le scrutin du 28 novembre, n’excluant pas un éventuel recomptage des voix du second tour de la présidentielle.

Même s’il est vrai que les trois autres chefs d’Etat jouissent d’une certaine neutralité vis-à-vis des deux camps, il ne serait pas impossible qu’ils flanchent pour un camp ou l’autre, vu la sphère d’influences de leurs deux homologues.

La date de leur arrivée à Abidjan n’est pas encore fixée. Mais force est de reconnaître que pour ce panel de Chefs d’Etat, la résolution de la crise post-électorale ivoirienne s’apparente bien aux douze travaux d’Hercule.