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Publié par Mak

Reporters Sans Frontières dénoncent les  dérapages inquiétants dans la presse écrite privée en Côte d’Ivoire

AHMAT ZEIDANE Bichara/ prix lorenzo natali 2005/union européenne.

Ce n’est  un secret pour personne que la Liberté de la presse est un marqueur qui permet de regarder le progrès démocratique d’un pays. Mieux, les médias apparaissent comme le nœud vital du processus politique   Qu’il s’agisse de vieilles démocraties occidentales ou des démocraties récentes dans beaucoup des pays en voie de développement, il devait y avoir  un partenariat moral entre les journalistes et les gouvernants  de sorte que le rendez-vous du donner et du recevoir soit réellement bien appliquée.  Les  Chefs d’Etat, garants du bon fonctionnement des institutions républicaines  ont  l’obligation d’agir de façon impartiale tout en respectant les médias qui constituent le quatrième pouvoir. Concrètement, le pouvoir doit éviter de dévaloriser et de décrédibiliser la personnalité  et le travail des journalistes. En revanche, celui-ci à  intérêt de jouer de son esprit de professionnalisme afin d’éviter, selon Reporters Sans Frontières des propos incendiaires en d’autres termes l’outrance et la surenchère verbale. Surtout quand il s’agit d’un pays qui sort à peine des conflits armés et d’affrontements fratricides  conduisant au génocide comme au Soudan et au Rwanda.   Le traitement des informations dépend certes de beaucoup  de paramètres à prendre à en compte. Dès lors le manque de rigueur ou souvent les difficultés financières ou logistiques d’une  rédaction conduisent  probablement, certains journalistes  à produire des articles jugés diffamatoires envers  tel ou tel homme politique ou  à d’autres manquements grave contraire à la déontologique.  Et cela n’est pas propre aux journalistes africains car  une lecture des infos des journaux en ligne permet  de se rendre compte de ces insuffisances notoires.  Les élections présidentielles ou législatives requièrent des journalistes un sens aigu de la rigueur et d’objectivité afin d’éviter d’attiser les rancoeurs. Comme par exemple  actuellement en  Côte d’Ivoire et en Guinée Conakry. Pour paraphraser un proverbe africain  « trop de sel, gâte la sauce », il est du devoir des journalistes de faire très attention dans la rédaction de leurs  articles pour éviter de le charger avec des mots trop violents ou trop bons, pour être vrais. Le communiqué de presse des Reporters Sans Frontières ci-dessous dénonçant les dérapages inquiétants dans la presse écrite privée  ivoirienne vient nous rappeler encore les efforts à fournir au sein de nos rédactions pour faire un travail de qualité irréprochable. Que faire donc face à ces manquements dans la mesure où même certaines grandes rédactions censées donner l’exemple sont parfois pointées du doigt ?  Une lecture attentive de l’analyse des défenseurs des droits des journalistes  permet de se forger sa propre opinion et  de se rendre compte  des faiblesses de la presse africaine dans son rôle pivot d’informer les populations dans un contexte difficile de manque des moyens  et des actes d’intimidations des pouvoirs politiques.

 

Reporters sans frontières exprime sa vive inquiétude face à l'outrance et la surenchère verbale utilisées, le 27 octobre 2010, à quatre jours du premier tour de l'élection présidentielle en Côte d’Ivoire, par les quotidiens privés Le Nouveau Réveil, Notre Voie et Le Patriote. L’organisation estime que l’emploi des termes "charniers et tueries" pour dénoncer un supposé "génocide impuni" commis par Laurent Gbagbo en première page du quotidien Le Patriote, ainsi que l’accusation de "ceux qui ont volé les paysans" portée contre le parti du candidat Alassane Ouattara en page 7 de Notre Voie, ou que "les plans d’attaque" d’anciens  militaires proches du pouvoir préparant "des troubles dans la nuit du 29 au 30 octobre" publiés en page 11 du Nouveau Réveil, sont excessifs et ne répondent pas aux normes d’une information professionnelle. Reporters sans frontières rappelle qu’il est acceptable qu’un organe de presse privé soutienne un candidat dans sa politique éditoriale et qu’il critique ses adversaires, mais que la liberté d’exprimer des opinions ne saurait soustraire le journaliste au respect des règles professionnelles d’éthique et de déontologie.  Cela implique qu’il n’utilise en aucun cas ni aucune circonstance de langage haineux ou incendiaire, qu’il ne publie pas de reportages biaisés ou diffamatoires, et qu’il traite toujours, avec pondération et rigueur, les sujets susceptibles de nourrir des tensions au sein de la population. Reporters sans frontières appelle donc le Nouveau Réveil, Notre Voie et Le Patriote à changer immédiatement leur approche de la campagne électorale pour offrir une information équilibrée et responsable à leurs lecteurs et contribuer ainsi de manière positive à la pluralité du débat démocratique en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, Reporters sans frontières prend acte de la décision du candidat Henri Konan Bédié de ne pas participer à l’émission "Face aux électeurs" - permettant chaque jour à un candidat différent de présenter pendant 90 minutes son programme électoral sur les chaînes de télévision et de radio publiques à une heure de très grande audience - au motif, notamment, que le "Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA), en refusant d’organiser des débats contradictoires entre les candidats, confisque l’espace public tout en manœuvrant au profit de celui du FPI [le président sortant Laurent Gbagbo] et de ses accompagnateurs". Reporters sans frontières avait déjà regretté que la procédure de tirage au sort n'ait pas été appliquée par le CNCA pour déterminer l’ordre de passage des candidats. L’organisation regrette également que le CNCA n’ait pris aucune mesure pour obliger les médias de l’audiovisuel public, La Première (la principale chaîne de télévision du groupe public RTI) et Radio Côte d’Ivoire (RCI), à respecter les règles qu’il a lui-même édictées et qui exigent que les quatorze candidats en lice bénéficient d’un temps d’antenne strictement égal durant les deux semaines de la campagne officielle. Le monitoring mené depuis le 15 octobre par l’équipe d’observateurs de Reporters sans frontières indique en effet que la RCI accorde un traitement systématiquement favorable au président sortant et que La Première, après quelques jours d’amélioration, accorde de nouveau au candidat Laurent Gbagbo, depuis le 25 octobre, des temps d’antenne très supérieurs à ceux des autres candidats par le biais d’une couverture excessive de ses activités de Président en exercice

Mission. Reporters sans frontières mène, du 15 octobre 2010 à la clôture du scrutin présidentiel, une mission de monitoring des médias ivoiriens. Conduite depuis Abidjan par une équipe d’observateurs, cette mission a pour mandat de mesurer de manière quantitative et qualitative les temps d’antenne et de parole des différentes forces politiques en lice sur les antennes de la radio et de la télévision publiques, ainsi que l’espace consacré à ces forces politiques dans l’organe public de presse écrite, le quotidien Fraternité Matin, et au sein de trois quotidiens privés Le Nouveau Réveil, Le Patriote et Notre Voie. L’objectif de la mission est de veiller au respect des règles d’équité dans les médias publics, et d’équilibre dans les médias privés.

Méthodologie. Reporters sans frontières observe et mesure l’équilibre du temps d’antenne des candidats dans tous les programmes en français relatifs aux élections diffusés sur la chaîne de télévision publique La Première et sur la radio publique Radio Côte d’Ivoire (RCI). Pour la presse écrite, l’organisation compare la surface occupée par chaque candidat et ses soutiens dans les pages du quotidien public Fraternité Matin, et de plusieurs quotidiens privés : Le Nouveau Réveil, Le Patriote et Notre Voie durant la campagne du premier tour, L'Intelligent d'Abidjan, Soir Info et L'Inter durant la campagne du second tour. Reporters sans frontières ajoute à cette observation quantitative une analyse qualitative par l’appréciation systématique du ton utilisé par les journalistes et les médias vis-à-vis de tous les candidats dans tous les temps d’antenne et de surface mesurés.