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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

42a484feLa célébration du cinquantenaire de l'indépendance du Tchad a été une occasion pour Idriss Deby Itno de revisiter la pertinence de l'opération Epervier. Cet accord militaire avec la France, mis en place depuis 1986, ne semble plus satisfaire le président tchadien qui milite désormais pour son remodelage par une contrepartie financière.

L'opération Epervier a été le sujet dominant de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance du Tchad. Le président Idriss Deby, ayant saisi cette occasion, pour faire une évaluation des accords militaires avec la France. Et c'est l'opération Epervier qui a été particulièrement ciblée par le chef de l'Etat tchadien. Un accord survenu au gré d'une escalade de l'armée libyenne au-delà du 16e parallèle. Une ligne correspondant au tracé de la frontière entre ces deux pays. En effet, le colonel Kadhafi appuyait ainsi les troupes rebelles de Goukouni Oueddei renversé par Hissèbe Habrè en 1981. C'est cet assaut qui donna naissance à l'opération Epervier avec la venue et l'installation de troupes françaises au Tchad.

 

Mais, aujourd'hui, l'heure est à l'évaluation de l'impact réel de l'opération Epervier dans la stabilité du pays. Car, en réalité, les facteurs qui avaient présidé à sa mise en place, ne semblent plus être de rigueur. Une nouvelle donne qui amena le président Deby à évoquer lors du cinquantenaire de son pays la notion de ‘révision de l'accord de siège’. Mais, force est de reconnaître que c'est moins sa volonté de mettre fin à cet accord que celle de vouloir faire payer à la France sa présence sur le sol tchadien, qui le motive. Car, en réalité, le président tchadien ne veut, ni plus ni moins, qu'une forme de contrepartie financière de la part des autorités françaises. ‘La France utilise ses avions sur notre sol où elle entraîne également ses hommes, cela doit avoir un coût’, soutient -il.

Ce revirement du président Idriss Deby est motivé par plusieurs facteurs, dont les plus importants sont d'ordre économique. D'abord, le Tchad a fini aujourd'hui de se positionner comme une zone stratégique pour la France dans sa politique de maîtrise du centre du continent. C'est un pays qui fait l'objet d'une vive rivalité entre puissances, pour le contrôle de ses nombreuses richesses. Mais la France a cette avance de disposer dans ce pays d'une base militaire qui lui apparaît présentement d'un grand apport. Et de nombreux observateurs trouvaient que les manœuvres de Deby, visant à servir les intérêts des puissances internationales, pouvaient lui être fatales. Le pays dispose du pétrole découvert depuis 1969 et exploité à partir de 2000. Cette richesse semble servir les puissances dont les Etats-unis qui s'en approprient 70 % et la Chine prend les 15 % de la production.

C'est dans cette même dynamique que le président Deby cherche à se départir de ce système de ‘verrouillage’ qui ne semble pas servir les intérêts de son pays. Et le cinquantenaire du Tchad est l'occasion rêvée pour faire repartir les accords sur de nouvelles bases. Surtout que le chef de l'Etat tchadien a demandé et obtenu le départ de la Minucart pour la fin de l'année 2010. Un préalable à sa démarche d'assainir son pays qui vient s'ajouter à sa requête d'une contrepartie financière à l'endroit de l'Etat français. Une posture confortable qui semble l'éloigner de la période d'instabilité marquée par les attaques des rebelles contre son pouvoir.

 

En effet, en février 2008, les mouvements rebelles aux portes du palais présidentiel, furent repoussées par les forces armées françaises. Une intervention qu'il faudra mettre sur le compte des activités de l'opération Epervier. Auparavant, le pays a connu l'opération Manta, entre 1983 et 1984, et celle dite ‘Dorca’ en 2004. Mais sur un autre registre, il y a l'affaire de l'Arche de Zoé qui avait fortement empoisonné les relations entre les deux pays. Les autorités tchadiennes réclamant toujours des compensations financières à la France.

 

 

Abdoul Aziz AGNE