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Publié par Mak

CONSTITUTION OU REVOLUTION ?

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  L’élection présidentielle de 2012 approche exacerbant les passions, les menaces et les risques de violation du « contrat démocratique ». Pourtant, les difficultés de la situation internationale et la faiblesse dans la clarification et la différenciation des thèses et des projets programmatiques devraient inciter à plus de mesure.


De plus, il n’est pas évident que les leaders et les directions politiques offrent des orientations et des directives  de délivrance du peuple.
C’est pourquoi, en s’adossant sur quelques repères on peut examiner le contenu de la controverse.


    Quelques repères sur le magistère de Wade


Les infrastructures, les questions financières et les bouleversements des institutions constituent des marqueurs caractéristiques de la gouvernance du Président Wade.
Evidemment, ce choix, délibérément arbitraire, n’a d’autre fonction que d’asseoir la controverse et les querelles sur des faits objectifs.


Et d’abord, le Président Wade peut se prévaloir de la réalisation de grands chantiers qui, avant et durant la prochaine campagne électorale, seront exhibés dans un show propagandiste.


Pourtant, ces ouvrages, même s’ils rencontrent les désirs, les intérêts et les options stratégiques de l’oligarchie financière internationale, heurtent beaucoup d’acteurs contestant leurs priorités.


De plus, associées assez souvent au montage financier et à la gestion des grands chantiers, les questions financières ont suscité beaucoup de controverses.


Les scandales, financiers parfois confirmés et relayés par le Président, jalonnent le règne de WADE et affichent en grand format le manque de transparence dans la gestion des affaires publiques.
En outre, et c’est le domaine le plus contrariant, les institutions et la constitution manquent de fiabilité. En effet, le conseil économique, le sénat et le quinquennat pour le mandat présidentiel ont tous été bouleversés par la magie de la dissolution –reconduction .Les institutions sont dénouées ou construites en fonction des intérêts égoïstes du président,  de son clan et de ses laudateurs.
C’est dans cette mouvance que la constitution de 2001 a subi plusieurs modifications qui ont laminé et vidé sa substance.


    Focalisation autour de la constitution


Comme dans un rush final, la controverse se focalise sur la constitution en opposant deux lectures.
En effet, après avoir affirmé, en 2007 et en 2008 en introduisant le retour du septennat, que la constitution verrouillée ne lui permettait pas de briguer un autre mandat, le président WADE s’est rétracté .Et, depuis lors, pour étayer son « waxoon waxeet », théoriciens du droit et laudateurs s’échinent à démanteler « l’esprit de la loi ».
De la même façon, du côté de BENNO, après avoir cherché en vain un candidat à opposer à Abdoulaye WADE, on a fini par centrer la stratégie sur la non recevabilité de la candidature WADE. C’est ainsi, que dans la foulée des manifestations du 23 juin BENNO a favorisé la mise en place du mouvement du 23 juin (M23).
Cependant, il faut récuser la résolution du M23 en date du 17 novembre 2011 qui commence par : « considérant que la constitution du 23 janvier 2001 est le contrat social et républicain qui cristallise les aspirations du peuple sénégalais à la paix, à la démocratie, au bien- être, aux droits humains et aux libertés fondamentales ».
Une telle affirmation oublie en effet que cette constitution caractérisée de « monarchique » était déjà contestée par des acteurs importants au moment elle était votée dans l’euphorie de l’alternance.
Plus encore, des secteurs importants la contestent actuellement et proposent une nouvelle constitution.
De toute évidence, on ne peut pas accepter l’assertion du M23 considérant la constitution de 2001 comme une cristallisation des aspirations du peuple  et en défendre une autre .Cela ressemble à un double langage .La légalité ne s’identifie pas toujours à la légitimité  populaire.
Par ailleurs, la constitution de 2001 est celle qu’elle a remplacée ne sont, en vérité ,que des copies du modèle occidental, sans ancrage dans les références culturelles et historiques des peuples du Sénégal et de l’Afrique .Qui plus est , ces constitutions déclinées en français sont peu connues des masses sénégalaises .Elles sont restées des « machins »  manipulés, à leur guise, par des intellectuels et des politiciens pour couvrir leurs forfaits et l’asservissement du peuple .


C’est ce socle qui explique, dans une large mesure, l’opportunisme des intellectuels et des politiciens qui  passent d’une opinion à son contraire selon qu’ils sont associés aux affaires ou exclus de celles-ci.


Et, c’est pourquoi, les leaders politiques et les intellectuels doivent être interpellés sur leurs actes et leurs positionnements lorsque le Président WADE et son équipe ont posé des actes graves .


Comment peuvent-ils justifier leur acceptation de ceux-ci ou leurs silences coupables ? Qu’ont –ils fait lorsque WADE couvrait de la grâce présidentielle les assassins du juge SEYE ? Quelle était la manifestation de leurs positions lorsqu’on votait la loi EZZAN ? Et, la dissolution –reconduction du SENAT ?


Le régime de WADE a poussé l’arrogance jusqu’à la défenestration de députés pour leurs opinions.


Ainsi, certains détracteurs de la mouvance présidentielle  ne sont entrés en contestation qu’en perdant leurs privilèges .Dés lors, quelle légitimé peuvent représenter leurs appels à l’insurrection ? De la même façon, du côté de BENNO, comment des fractions incapables de dépassement dans la séparation pourraient –elles convoquer les sacrifices des masses ? Veut-on nous jouer la comédie d’une « révolution » dont les initiateurs se taxeraient les uns et les autres de corrompus et de comploteurs ? Hypocrisie ?

Ainsi, il est manifeste que les violences préconisées sont plus proches de la défense d’intérêts égoïstes et de clans que des véritables aspirations du peuple. La constitution convoquée est dans la plupart des cas un subterfuge manipulé par des intellectuels et des politiciens pour exercer leur domination.
 Une constitution véritable devrait s’élaborer sur la base de concertations très larges au sein des populations .Elle pourrait être le produit d’assemblées populaires constituantes car la démocratie participative, c’est aussi les délibérations faites par le peuple .

                               Alioune DIOP
                          Président du CIMAC


  (Comité d’Initiative  pour une Mobilisation Alternative et Citoyenne)
                                 badadiop@hotmail.com
                                     Tél : 76 680 08 23