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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

kebzabo

                                                     CONFERENCE DE PRESSE

 

Au fur et à mesure que passe le temps et presque un mois après les macabres massacres de Matta, les choses se clarifient d’elles mêmes. Ce qui s’est passé à Matta démontre à suffisance le manque d’administration et l’absence de l’Etat dans notre pays.

A l’occasion de ces événements horribles, le Gouvernement, toute honte bue, a tenté de se dérober pour fuir ses responsabilités et tenter par des manœuvres sordides à en attribuer la responsabilité aux acteurs politiques qui attendent sereinement qu’une véritable enquête soit menée. Car pour l’heure aussi bien les résultats de l’enquête préliminaire de la SNRJ que ceux de l’autopsie faite à l’Institut Pasteur de Yaoundé, sont encore dans les tiroirs des bureaux ministériels, au lieu d’être remis au Procureur de la République.

Dés le début, le Ministre de la Justice s’est illustré en tentant d’orienter et d’influencer la justice qui doit être indépendante. A l’heure où je vous parle, trente-huit (38) personnes rescapées de Léré croupissent dans l’illégalité la plus totale dans les geôles de N’Djaména. Après le décès d’une dizaine de prévenus, le Ministre de la Justice persiste et signe que les habitants de Bodoro arrêtés à Matta seraient les auteurs des crimes, qu’ils erraient dans une forêt imaginaire sans manger ni boire pendant deux jours, et que c’est leur état physique défaillant qui ne leur  aurait pas permis  de supporter les conditions carcérales de Léré. Au total dix (10) personnes sont décédées et trois (3) autres gravement malades, sans soins, ici à N’Djaména.

Le gouvernement est sommé de laisser la justice  gérer ce dossier en toute indépendance et dans la transparence totale. Les innocents, nombreux en prison, doivent être immédiatement libérés et que le droit soit dit. La juridiction de Pala a été dessaisie illégalement, la procédure est bloquée et les gendarmes dont on a annoncé avec fracas l’arrestation sont toujours en liberté.

II. L’adoption par l’Assemblée Nationale des amendements au Code Electoral s’est faite dans des conditions politiques, et juridiques inadmissibles.

Au plan politique, nous redisons une fois  pour toutes, que les forums de la Présidence  sont devenus un piège pour l’opposition. La dernière rencontre en est une illustration parfaite. On organise un vote bidon sans préciser qui est électeur, l’opposition n’a pas le temps de s’exprimer, et on en conclut au consensus ! C’est un scandale ! J’adhère parfaitement aux conclusions du point de presse de la CPDC de la semaine dernière pour rappeler haut et fort que nous sommes prêts à aller aux élections, mais pas à n’importe quelles conditions.

Ce qui s’est passé à l’Assemblée Nationale, n’honore pas nos Institutions et notre démocratie. Les députés de la majorité, devenus de simples godillots, sont manipulés pour tordre le cou à la loi. Il vous souviendra que ce fut un sprint mémorable : adoption du projet de loi en conseil des ministres le jeudi 6 octobre, conférence des présidents de l’Assemblée Nationale le vendredi 7, réunion de la commission concernée le samedi 8 et adoption du texte par la plénière le lundi 10 ! Un véritable passage en force pour un tour de force politique. Au nom de l’opposition, je persiste et signe que notre Constitution, une fois encore, vient d’être foulée aux pieds par la majorité présidentielle.

J’en appelle au PR pour lui rappeler qu’il est le Magistrat suprême de ce pays, garant de nos Institutions donc de leur respect, et garant de l’Accord du 13/08/07 et non son fossoyeur. Une loi organique ne saurait être modifiée comme une simple loi et, de modification en modification, on a vidé l’accord du 13 aout 2007 de toute sa substance.

III. Le débat est en effet politique et juridique et le Gouvernement ne peut pas se dérober de ses responsabilités en jouant indéfiniment sur les nerfs des Tchadiens. Nous vivons en effet une crise d’Etat sans précédent et les signaux s’allument : les caisses du Trésor sont désespérément vides et arrivent péniblement à payer les salaires des agents de l’Etat sans son fonctionnement, les retraités et les étudiants sont abandonnés à leur triste sort et la grande majorité paie les frais d’une politique hasardeuse et périlleuse. La diversion,  en la matière, est irresponsable mauvaise conseillère.

Le gouvernement est chargé d’appliquer la loi, donc de veiller à une bonne justice dont les décisions rendues doivent être exécutoires. C’est le cas des travailleurs de TCC qui doivent être dédommagés sans délai, et ce serait justice. Le cas des ‘’docteurs choukou’’ aussi doit être examiné et faire l’objet d’une réflexion approfondie. Si l’Etat existait, nous aurions une politique de santé publique cohérente et efficiente. Ces vendeurs de médicaments, quoi qu’illégaux, ont pignon sur rue depuis trente ans. On a laissé se développer ce secteur informel qui a pris de l’ampleur au point de fournir des médicaments aux officines, et même à l’Etat ! Et du jour au lendemain,  on détruit leur stock dans des conditions illégales, pour faire plaisir aux institutions étrangères. Maintenant que le mal est fait, l’Etat doit s’assumer et dédommager sans délai les victimes délaissées de près de quatre (4) milliards de francs.

La crise sociale, c’est aussi l’inflation galopante que le gouvernement n’arrive pas à maitriser, rendant encore la vie des Tchadiens plus précaire. Ce qui se passe avec les produits pétroliers est une honte. Comme pour Doba, les Tchadiens se sont mis à rêver après la mise en route de la raffinerie de Djarmaya. Une fois encore, le Tchad est entrain de rater une opportunité pour se développer. Notre vision en la matière est totalement différente et nous pourrions y revenir si vous le souhaitez.

En tout état de cause, le gouvernement a d’autres chats à fouetter plutôt que de se livrer à des diatribes et à des polémiques de bas niveau. N’importe quel quidam, tout paltoquet parce que propulsé par décret par le Prince, sorti de l’ombre pour redorer momentanément son blason, appelé par le même fait du Prince à retomber dans l’anonymat total et, pour éviter cette perspective triste, se sent obligé d’en faire trop en matière de zèle. Ce genre  d’individus, malheureusement, commence à empester notre paysage politique par leur nombre, leur inexpérience voire leur incapacité intellectuelle à bien appréhender la politique, leur veulerie et leur griottisme exacerbé.

Les dernières attaques du Ministre SGG qui semble avoir la mémoire courte sur son parcours sinueux, n’honorent pas le Gouvernement et le Président de la République qui, de mon point de vue, est le seul responsable des actes de ses ministres, et doit en tirer les conséquences.

Je suis bel et bien de par la loi, le Chef de l’opposition. Tenter d’en douter, c’est porter atteinte à la loi. Je suis Député à l’AN, membre du Parlement panafricain dont le siège est en Afrique du Sud où je me rends fréquemment en mission.

Le Ministre SGG, en feignant de l’ignorer, s’attaque à la deuxième Institution qu’est l’AN.

Enfin, tout le monde aura noté que pour la première fois, le gouvernement avoue que j’ai bel et bien été programmé à la mort, comme IBNI Oumar Mahamat Saleh qui a été lâchement tué après son enlèvement au soir du 3 février 2008. Un membre du gouvernement regrette donc que je ne fusse pas présent ce jour là, car moi aussi je devais être appréhendé et liquidé. Les Tchadiens apprécieront.

 

N’Djaména, le 14 Octobre 2011.