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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

GADAYE.jpgUne publicité gratuite

 

Notre dernière analyse dont l’intitulé est « Nous respectons nos morts » a été diversement appréciée.

Beaucoup de nos lecteurs ont cru comprendre que le texte fut un télégramme de condoléances que nous avons adressé à Deby suite au décès de sa mère. Pour d’autres il s’agit plutôt d’une tentative visant à préparer le terrain pour un éventuel retour au pays.

Les deux interprétations ne correspondent pas du tout à la réalité.

 

Un télégramme de condoléances n’a pas besoin d’un titre. Il suffit de mentionner à l’en tête, télégramme de condoléances et on rédige le contenu dudit télégramme. Cette présentation ne peut correspondre ni à la forme ni au contenu de notre analyse. En conséquence, la qualification de télégramme se trouve à côté de la plaque.

 

En ce qui concerne la préparation du terrain, je considère ce type de propos une blague. En effet, la décision de s’opposer à un régime ou de le rallier est personnelle. Dans les deux cas la décision est motivée.

On ne rompt pas avec un régime par simple fantaisie, sachant surtout qu’une telle décision comporte entre autre le risque de perdre même sa vie.

Le régime de Deby est l’un des rares régimes d’Afrique qui utilise la logique de la théorie cyclique démontrée par Ibni Khaldounn pour asseoir son pouvoir. De quoi s’agit-il ?

En effet, au 13e et 14e siècle, les populations au pourtour du grand Sahara africain, font du lien tribal (Al Assabia Alkabalia), la base de leur pouvoir. Ce lien très solide entre les hommes d’un même clan est régénéré grâce au contrôle qu’exerce les hommes de la tribu sur les secteurs vitaux du pouvoir (l’armée et les forces de sécurité) ainsi que toutes les sources de finance de l’Etat. Une concertation périodique est assurée pour déceler les failles qui peuvent surgir et leur apporter les correctifs qui s’imposent. Ces correctifs peuvent de fois aller de l’intimidation à la liquidation physique si le danger constaté peut s’avérer menaçant pour le pouvoir. Les autres tribus sont tenus en marge et doivent accepter de subir tête baissée.

On peut aisément imaginer l’injustice, l’inégalité entre les hommes, l’absence des libertés fondamentales et la négation de tout respect quelconque de droit de l’homme.

Vous vous en doutez ce tableau correspond parfaitement à ce qui prévaut actuellement au Tchad. C’est cette triste réalité que nous avons récusée. Nous ne pouvons accepter que dans un seul pays il peut y avoir deux catégories de citoyens :

 

-         les hommes au-dessus de la loi et

-         les autres.

 

La lutte à laquelle nous avons adhéré vise à instaurer un Etat de droit qui :

 

-         met à l’abri ces citoyens de l’inégalité et leur octroie le bénéfice de disposer de la même chance ;

-         rétablir et amplifier la justice sociale ;

-         garantir et promouvoir les libertés fondamentales ;

-         assurer le strict respect de droit de l’homme ;

-         garantir le multipartisme intégral et

-         œuvrer pour une véritable éclosion des énergies individuelles et collectives en vue d’engager le Tchad sur la voie du développement.

 

Si tels sont les motifs de notre opposition au régime de Deby, nous ne pensons pas qu’il ait eu une nouvelle donne qui vient d’émerger permettant le déclassement de nos motifs. C’est pourquoi nous estimons que parler de ralliement relève du fantasme sinon d’une campagne d’intoxication et de dénigrement sans aucun effet.

 

Fait le 20 février 2011

 

Dr. Ali Gaddaye