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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Déby jette son téléviseur avec un cendreir parce que M. F. Hollande est élu !

  

Par Vourboubé Pierre

 

Bonjour, Mak !

 

Les Français se ventent de leur système qui permet de connaître les résultats de leurs présidentielles aussitôt après la fin des votes. Laisse-moi rire : ici, en Afrique, je veux dire, nous les connaissons bien avant le vote, une fois que le sortant ait prêté serment. Autrement dit, nous savons déjà qu’Idriss Déby Itno gagnera en 2016. Si Paul Biya n’est pas contrarié, il gagnera encore la prochaine présidentielle. Personne ne battra Sassou NGuesso, ni Bongo, ni Bozizé. Nous avons tous dit que Wade allait perdre. Il a perdu. Voilà aussi notre force. Que l’OAPI nous décerne un prix et un brevet pour cette importante découverte. Nous y gagnons en temps et épargnons nos énergies que les autres dissipent dans les longs calculs susceptibles d’erreurs.

 

Nos CENI, quels que soient les hommes et les femmes qui les composeront, disposent déjà de chiffres. Même quand on installe des gens dits indépendants et intègres à leur tête, rien ne change. Pendant le mandat, nous jouons sur les données en fonction des candidats en face de nos éternels gagnants. Nous tenons aussi compte du mécontentement des populations tout le long du mandat. Le sortant peut nous surprendre en faisant un bon score dans une circonscription qui lui est hostile.

 

Il faut simplement reprocher à notre système le retard dans la publication de nos résultats.

 

Ici, au Tchad, entends, en plus de cela, le nord est verrouillé : il appartient à Idriss Déby Itno. Un opposant de cette partie du pays a le choix : mourir ou aller avec le MPS quitte à mourir aussi. Dans ce dernier cas, on le réduit à la portion incongrue. Les chiffres qui sortent de cette partie du pays sont tripatouillés. Certains ténors du MPS disent qu’un Sudiste ne peut (voire ne doit) gagner dans aucune circonscription du nord ! Pensées rétrogrades, non ?  

 

Mak, le dimanche dernier, les Français ont choisi celui qui va présider à leur destinée pendant les cinq prochaines années. Je ne dirai pas qu’il s’appelle François HOLLANDE. Permets-moi de lui adresser mes chaleureuses et sincères félicitations. Nous avons suivi le processus de bout en bout, mieux que nos présidentielles. Nos cœurs ont battus. A certains moments, nous avons eu peur. A d’autres, nous avons ri. Beaucoup parmi nous attendaient la confirmation des sondages, phénomène interdit chez nous. Bien de gens  croyaient que Nicolas Sarkozy pouvait déjouer les pronostics. Parmi ceux-là, figure… Idriss Déby Itno.

Le dimanche, notre Général – Président – Sultan était devant le téléviseur au milieu des siens comme presque tous ses pairs, attendant l’évènement. Non, pas la confirmation des sondages mais bien le renversement de situation. Oui, c’était ç l’évènement pour lui. Avait-il instruit ses marabouts pour ce miracle ? En tout cas, malgré la clarté des sondages depuis des mois, il attendait la victoire de Sarkozy ! Mak, il ne faut pas l’en vouloir : Idriss Déby Itno ne connaît pas les sondages. Il ne s’est jamais soumis à cet exerce. Alors comment veux-tu qu’il en prenne compte ? Revenons à nos moutons, Mak. Minute après minute, son cœur battait la chamade. Il priait en son for intérieur. Puis, la télé a annoncé 20 heures. Le silence s’est fait autour d’Idriss Déby Itno. Son visage s’est renfrogné subitement. Ses battements cardiaques ont augmenté en intensité et en nombre. Avait-il envie de faire pipi ? Il n’a pas dit. On aurait dit que son cœur allait lâcher dans sa cage. Il semblait crisper, hors de lui, les yeux rouges. Il entendait des bourdonnements dans l’oreille. Ça y sifflait terriblement, dans les deux oreilles. Avait-il sa bouteille de champagne au cas où son attente se confirmait ? Là, je ne sais pas. Sur le petit écran que ses yeux ne quittaient plus, les lignes bougeaient. Idriss Déby Itno n’a-t-il pas ressenti des picotements dans les yeux ? Trait après trait le visage de l’élu apparaissait. Idriss Déby Itno voyait flou, pensait que c’était Nicolas Sarkozy, malgré tout. Puis, il est redescendu et a reconnu François HOLLANDE. Là, il n’était plus à lui, les nerfs en pelote : il a saisi un cendrier et l’a envoyé de toutes ses forces sur l’écran. Un bruit s’est produit, les images ont disparu. Les siens ont sursauté, croyant à une bombe. Non, ils ne peuvent pas croire à une coupure d’électricité. Parce que la STEE ne peut pas oser leur faire ce coup. En 22 ans, la présidence de la République n’a jamais vécu une seule coupure. Quand Idriss Déby Itno est en visite dans une province, on s’arrange à éclairer la maison où il dort pendant tout son séjour. Alors comment peut-oser couper l’électricité à cet important moment de sa vie, hein ?

 

Que peut Idriss Déby Itno devant le processus français qui veut qu’après cinq ans, un président soit balayé comme Sarkozy l’a été ce dimanche ? Rien, absolument rien, même s’il a envoyé des valises, prié et investi des marabouts de la mission de produire des miracles.

 

Je signale que ce n’est pas la première fois qu’il fait usage d’un cendrier comme projectile pour exprimer son ire. Seulement, la cible a changé : les autres fois, c’étaient ses collaborateurs, premier ministre, ministres, personnels du protocole, autres responsables, qui les ramassaient en pleine figure, sur la poitrine ou sur une autre partie du corps. Souvent, il le faisait dans un état d’ébriété révoltant. Evidemment, il a aussi raté quelques cibles. A Moussoro, en absence de cendrier, il a fait usage d’une bouteille d’eau minérale, devant un parterre de militaires. Motif, un militaire a osé lui couper la parole. Parfois, ce sont des injures grossières qu’il envoie ainsi, de manière scélérate. Il n’hésite pas à appliquer un terrible soufflet quand sa victime est à sa portée. Nagoum, Kassiré et bien d’autres sont mieux placés pour te donner les détails, Mak.

 

Quand c’est ainsi, après cette humiliation administrée à un de ses courtisans, il paraît que quelques fois, il se lève et quitte les lieux, la tête baissée. Que va-t-il chercher dans la chambre ? S’en voile-t-il la face, incapable de regarder ses victimes dans les yeux ? En son absence, ses sbires conseillent à sa victime de prendre le large : « Je le connais bien : s’il retient te trouver ici, ça sera grave. Alors il faut partir », murmurent-ils souvent aux humiliés.

 

Mak, il faut que je détale moi-aussi pour qu’il ne me rattrape pas ici.