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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Cher Haroun HP,

 

Mon écrit est une contribution au débat. Alors je commencerai par remercier Makaïla qui a bien fait de ne pas suivre ton conseil. En effet, sur un ton que j’ai jugé plein de colère, tu lui recommandais de « filtrer les messages constructifs pour la crédibilité » de son site. Alors que ton écrit est truffé d’injures et de bassesses d’un autre âge. Mais, vous êtes tout un bataillon proche du pouvoir à poser cette question de savoir ce que nos opposants ont fait chacun dans sa région d’origine ou ville natale ! En posant une telle question, ne faites-vous pas preuve de cynisme notoire ou d’obscurantisme scélérate ?

 

A mon humble avis, cette interrogation vous ridiculise vraiment et je me demande si nous avons tous la même conception de la construction d’un pays que les autres citoyens. Car c’est bien au pouvoir qu’il faut poser cette question. Sinon, vous contribuez à abrutir le peuple, permettant ainsi à nos dirigeants de croire que le pays leur appartient. Voilà pourquoi vous vous extasiez regrettablement à remercier le président de la République pour les structures sociales de base construites dans vos sérails !

 

C’est vrai, Léré est très pâle. Sa population mange mal. Son château ne couvre pas tous les besoins de ses habitants en eau potable. Des fois, de longues interruptions obligent les Lérois à recourir à l’eau du lac. L’alcool, le VIH/Sida et bien d’autres maux rongent sa jeunesse. Son hôpital n’est que l’ombre de lui-même. Il nécessite des appareils et des équipements à la hauteur des défis ainsi qu’un personnel qualifié. En saison des pluies, plusieurs habitats sont sous les eaux. Le climat du commerce n’est pas du reste. Pauvreté oblige, les marchands ont de la peine à vendre comme il se doit. Les rares infrastructures d’accueil sont toujours vides. Pourtant, la proximité des chutes Gauthiot, du Cameroun et du Lac Léré devait lui donner un autre visage grâce au tourisme. N’oublions pas que cette ville est aussi au cœur d’une importante réserve de faune et le Lac qui porte sont nom est le nid de lamantins. Les industries agroalimentaires vivent un essor important au Cameroun voisin. Le marché de ce pays est intéressant. Bon nombre d’hommes d’affaires de Garoua, Maroua, Figuil, etc. viennent de temps en temps à l’ouest du Tchad dans le sens d’acquérir certaines matières premières. En somme, Léré a besoin d’infrastructures sociales de base et hôtelières dignes de nom.

 

Dans un pays, les ressources sont collectées et remises au trésor. Il appartient au pouvoir de planifier comment elles doivent être utilisées. On voit bien que c’est le pouvoir qui est interpelé. Oui, c’est bien au pouvoir qu’il faut demander ce qu’il a fait pour le Tchad depuis le 1er décembre 1990. Aux énormes ressources de nos partenaires, sont venues s’ajouter les nôtres. Mais, nous traînons toujours dans les profondeurs en matière de développement humain durable ! Beaucoup de personnes ne mangent pas à leur faim. Les manuels scolaires coûtent la peau des fesses. Les structures sanitaires enregistrent des ruptures de médicaments et sont gérées par des gens qui n’ont que le souci de s’enrichir. Souvent, ces apprentis-sorciers n’ont pas les compétences qu’il faut pour s’enorgueillir dans une blouse blanche. Alors c’est bien au pouvoir qu’il faut demander pourquoi le taux de mortalité demeure élevé ? Pourquoi la poliomyélite, la rougeole, la méningite, le paludisme, le cholera ont-ils fait leurs nids au Tchad ?

 

Dans sa logique de guerre, le pouvoir a endeuillé plus d’une famille. Des troupes et des troupes de jeunes tchadiens ont été décimés le long de la frontière soudano-tchadienne pour une guerre qui ne nous concernait pas. Ils sont morts en RCA et au Congo, en renversant des régimes démocratiquement élus. Des milliards et des milliards de nos francs ont servi à acheter des armes alors que la pauvreté a fait son nid chez nous. Demandez au pouvoir de nous faire le bilan de ces guerres : combien de veuves et d’orphelins sont abandonnés à leur triste sort ? Combien de Tchadiens sont handicapés à vie à cause de la soif de pouvoir d’une minorité ? Quelles sont les étendues de terrain minées qui endeuilleront les Tchadiens ? Des richesses ont changé de main en un clin d’œil parce que le pouvoir est incapable d’assurer la sécurité des biens et des personnes. Il nomme des commandants de brigade et des administrateurs véreux qui martyrisent les Tchadiens. Il a construit le pays avec deux visages, le nord et le sud. La capitale, ville qu’on dit vitrine du pays, reflète malheureusement cette réalité.

 

En 21 ans, le régime s’est évertué à nous faire croire que nous vivons un pays laïc. Sur le fond, le critère religieux est pris en compte dans les nominations.

 

Dans le domaine de l’énergie, feu Kadhafi nous sauvait de la catastrophe en nous fournissant gracieusement des générateurs. Maintenant qu’il n’est plus, qu’allons-nous faire ? A cause de nos délestages intempestifs, demandons au gouvernement combien d’opportunité d’emplois avons-nous raté ?  

 

C’est bien au pouvoir qu’il faut demander comment peut-on composer un gouvernement comme celui de M. E. Nadjingar qui, en quelques mois, a enregistré six départs pour des actes rétrogrades ? C’est encore au pouvoir qu’il faut demander pourquoi garde-t-on le chef d’un gouvernement ?

 

Mon cher Haroun, le nom de Kebzabo est très lié à l’histoire de Léré. Cette famille a produit trois valeureux kaïgama. Deux se sont distingué par leur bravoure lors des guerres. Le troisième, le père de Saleh, a participé à la reconstruction de l’histoire de la chefferie traditionnelle après la dérive des colons. L’actuel Gong a bien voulu associé Saleh Kebzabo à son règne en le nommant kaïgama. Mais, le concerné a décliné l’offre. S’il avait accepté, il n’aurait pas permis l’utilisation du signal moundang d’appel à la guerre, un symbole traditionnel, pour accueillir Me Padaré, un ministre (lire le communiqué numéro 3 de la communauté Moundang et Guidar de N’djaména). Aujourd’hui, les auteurs de cette grave transgression semblent à l’aise ! Saleh Kebzabo s’est aussi placé au-dessus des enfantillages de bon nombre de cadres du MPS qui confondent lutte politique et haine. Depuis qu’il préside l’UNDR, sa tête est mise à prix : ceux qui rêvent à l’enrichissement facile défilent et promettent de l’abattre. Ils prennent les moyens, vont à Léré où ils se tournent en dérision et reviennent jouir de cet argent sale.

 

Dans les années 90, N’Djaména Hebdo, son journal, a été saccagé. Il n’a pas mis la clé sous le paillasson. En 1994, le pouvoir l’accuse d’intelligence avec l’ennemi et l’arrête pendant quelques jours. Lors de la présidentielle de 1996, pour le disqualifier, on dit que sa mère est Camerounaise, il prouve le contraire avec la carte d’identité de sa génitrice. Lors des évènements de février 2008, conséquence logique de la dérive du pouvoir, il est visé. Dieu l’a soustrait du drame. Son demi-frère sera blessé. Un mois plus tard, les sbires débarquent nuitamment chez lui, avec le même souci (j’ai été témoin ce jour-là quand ils sont arrivés à bord d’un pick-up de l’armée nationale immatriculée T10 5410). Malgré tout, le prince Idriss Déby Itno lui aurait fait appel pour former un gouvernement entre 2009 et 2010. Il aurait refusé.

 

Tu vois le paradoxe : un pouvoir qui veut confier la direction de son programme politique à un piètre homme d’affaires ! Là, je suis très perplexe.

 

Tous les acteurs ont encore en mémoire son refus de la gestion familiale des relations entre le Tchad et la Lybie. En effet, chef de la diplomatie tchadienne, il a exigé que les accords entre les deux pays ne soient plus verbaux mais bien écrits et signés. Pour cette audace, un seigneur du pouvoir, un des profiteurs de la situation, l’a copieusement invectivé en public. Mais, Kebzabo a insisté et ce profiteur a été démis de ses fonctions. Aujourd’hui, beaucoup de Tchadiens déplorent la manière dont les premiers ministres et les ministres ressortissants du Sud sont traités par les proches du pouvoir. On parle même des super-ministres, c’est-à-dire des ministres qui ne rendent aucun compte au premier ministre ! Des super-ministres qui ne respectent que le président de la République.

 

Pourquoi Me Padaré n’a-t-il pas été convié au forum de Bongor et à la rencontre des Moundang tenue à Kaélé ? Il aurait pu venir à ces retrouvailles pour contrer les velléités de Kebzabo à son égard. Mais, j’attire d’ores et déjà votre attention sur les risques éventuels de son action. S’il est militant du MPS, qu’il agisse dans le cadre de ce parti. S’il rêve à conquérir le Mayo Kebbi, qu’il crée son parti. Sinon, les faucons ne lui feront pas la part belle. En plus, il semble que son parrain n’aime pas que quelqu’un de son cercle soit aussi populaire que lui. Dans le cercle de Zène Bada, cela se murmure.