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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

gadaye2-1-.jpg Dr Ali Gadaye, ancien ministre, aujourd'hui, opposant en exil.

 

L’opposition politique tchadienne surtout celle regroupée dans le cadre de la commission pour la défense de la constitution (CPDC) avait traversé de rudes épreuves au lendemain de l’attaque de Ndjamena par l’opposition armée en février 2008. Les leaders de l’opposition ont été soit arrêtés soit contraints à traverser le fleuve Chari pour trouver refuge dans de pays limitrophes.

 

Il vous souvient que Deby a profité de cette période de confusion qui a suivi juste l’attaque de la capitale par l’opposition armée, pour se débarrasser des opposants gênants. C’est ainsi que le Dr. Ibn Oumar Mahamad Saleh a été sauvagement assassiné dans des circonstances qui demeurent jusque là non élucidées.

 

Le président Lol Mahamad Choua et Mr Ngarledji Yorangar ont échappé par miracle à une mort certaine. Le général Kamougué en tant que militaire a su déjouer la vigilance de ses virtuels fossoyeurs en traversant clandestinement le fleuve Chari.

 

N’oublions pas par ailleurs, que ces circonstances ont suivies la conclusion de l’accord du 13 août 2007 qui vise à créer des conditions objectives à une alternance politique au Tchad. D’ailleurs, ledit accord a été accepté de bout des lèvres par le pouvoir en place. En effet, cet accord a permit à l’opposition politique de se refaire une santé. C’est ainsi qu’elle avait amorcé un processus visant à renforcer la crédibilité de la CPDC auprès de l’opinion nationale et à rendre l’alternance politique possible. Cette ambition légitime avait pris corps et elle avait commencé par inquiéter sérieusement Deby et l’empêcher pratiquement de dormir. Jour et nuit il ne cessait de réfléchir sur de scénarios de réaction face à des menaces réelles de perte de son pouvoir pacifiquement. Il ne peut rêver mieux lorsque la tentative de son reversement par l’opposition armée avait échoué en 2008. Ce fut pour lui l’occasion tant attendue pour émietter la CPDC. Cette opération a été initié par l’incarcération des opposants coriaces ; ensuite éliminer les intraitables et pactiser enfin avec les autres.

C’était ainsi que la CPDC a été réduite en un corps sans âme qui lutte d’abord pour sa survie. Ensuite elle a été coupée en deux morceaux.

Le premier groupe pour des raisons qui demeurent encore obscures pour le peuple tchadien a préféré capituler. Il a rejoint le pouvoir qu’il a intégré parfaitement et se démêle pour faire partie de la majorité présidentielle.

Le deuxième groupe a plutôt préféré une traversée du désert ou une mort lente dans la dignité à la capitalisation. Malheureusement, les futures échéances électorales qui ont servi de prétexte pour ce dernier groupe afin d’amorcer à son tour une capitulation un peu déguisée. Mais, il n’y a aucun doute. Il s’agit bel et bien d’une capitulation. Car, l’opposition politique ne dispose d’aucun gage pour que les prochaines élections soient libres et transparentes. En effet, les parties à l’accord du 13 août 2007 n’ont pas trouvé mieux que de confier à Deby le titre de garant de la bonne exécution dudit accord. C’est confier n’est ce pas la garde d’un troupeau de moutons a une hyène (sic).

Autrement dit, tel que c’est parti, l’opposition n’a d’autre choix que celui de jouer au faire valoir d’un pouvoir sous l’inspiration de son patron a pris toutes les dispositions pour ne laisser aucune chance à une opposition politique déjà malmenée a relever la tête.

Cette réalité est connue par tous. En conséquence, tout acte qu’on pose est fait en connaissance des causes. Un traitement digne et respectueux de l’opposition politique par le pouvoir de Deby n’est pas encore à l’ordre du jour ; si, malgré ces évidences on s’engage tête baissée, alors acceptons que notre acte ne peut avoir d’autre qualification que la capitulation.

 

A bientôt.

 

Fait le 21 novembre 2010

 

Dr. Ali Gaddaye