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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Kouchner venait à peine de proclamer que Paris allait renforcer son action antiterroriste au Sahel que le président tchadien remettait en question la présence de bases françaises dans son pays. << la France ne paie rien >> affirmait Idriss Déby, sans trop mentionner les droits de douanes perçus sur les matériels livrés à ces bases, et sur le soutien apporté par des militaires français dans le domaine de la santé. Une dépense qui oscille entre 20 et 30 millions (euros), selon les années.
 
<< Si la France veut rester au Tchad, a ajouté Déby, il y a un cout...Si elle dit qu'elle n'a pas les moyens, et qu'elle veut partir, nous garderons les meilleurs relations possible....>>
 
Idriss Déby est un ingrat. C'est pourtant grâce aux services secrets français qu'il a pu, en décembre 1990, réussir son coup d'état et devenir président. Et c'est encore grâce à l'intervention, bénie par Sarko, de militaires français qu'il l'est resté, en février 2008, quand des unités rebelles ont pénétré dans la capitale, en se dirigeant vers les bâtiments de la présidence.
<< Ce type n'a vraiment pas la reconnaissance du ventre >>, s'insurge un collaborateur de Kouchner, alors que son patron embrasse toujours Déby comme du bon pain devant les photographes.
 
<< Malgré son comportement de petit dictateur, peu respectueux des droits de l'homme >>, commente un autre diplomate, plus insolent, lui.
 
Sarko est lui aussi déçu du comportement de son protégé. Car le dispositif militaire français au Tchad, baptisé << Epervier >>, n'est pas un banal corps expéditionnaire. Il permet d'intervenir dans plusieurs régions d'Afrique, si l'Elysée le décide. Grâce à quelque 1150 hommes déployés sur trois bases (N'Djaména, la capitale, Abéché, à l'Est, Faya-largeau, au Nord) et à plusieurs avions dont six Mirage 2000.
 
Tous ces braves soldats apportent un vaillant soutien logistique à l'armée tchadienne et mènent, pour son compte, de nombreuses opérations aériennes de renseignement. Mieux, Paris a livré à Idriss Déby petits blindés, canons et hélicoptères, sans que cela lui coute vraiment.
 
En août 2008, devant les ambassadeurs de France réunis à Paris, Sarko avait insisté sur << l'intérêt stratégique >> de cette implantation militaire. Pour la sécurité du Tchad, bien sûr, mais surtout, avait-il ajouté, parce qu'elle est présente au cœur de << l'arc de crise >> qui va de la Mauritanie jusqu'au Pakistan en passant par l'Afghanistan.
 
C'est dire si, depuis l'Elysée, notre petit chef de guerre veille au salut de l'occident.
 
Jérôme Canard (Le canard enchainé du 18 août 2010)