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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

La campagne de Polio est devenue une vache à lait pour les ministres qui n’ont rien à voir avec le département de la Santé Publique. Depuis quelques temps, les médias de la place font écho de nomadisation de ces cupides qui abandonnent leurs bureaux pour courir derrière les francs CFA alloués par les ONGs au ministère de la Santé Publique.  Ne mélangeons pas les torchons avec les serviettes. Le département de la Santé est assez vaste et il ne manque pas des agents compétents pour faire ce travail. Pourtant un ministre au Tchad gagne pour quelques heures de comédie dans un bureau plus d’un million par mois. Pourquoi Cherche-t-il à grignoter sur les frais de mission destinés au ministère de la Santé Publique, un ministère qui n’est pas le leur. Personnellement, je m’indigne quand la RNT parle de la campagne de Polio effectué par ces membres du gouvernement étrangers à ce département. 

Ancien infirmier, intégré à la Fonction Publique en 1954 et retraité en 1998, durant mes 44 ans d’exercice s professionnels, j’ai eu à faire face à plusieurs campagnes de vaccination antivariolique, anti-méningocique, anti-trypanosomiase, anti-lèpre. Pour ce travail , le médecin  chef de la Région Sanitaire désigne un ou trois infirmiers pour faire consciencieusement ce boulot. En 1956, le médecin Chef Louis Courapied m’a désigné pour  la vaccination antivariofique de toute la circonscription d’Am-Dam qui comptait à cette époque onze cantons. C’était un travail qui ne nécessite même pas le déplacement d’un médecin. Mes perdiems journaliers étaient de 80 FCFA et mon salaire mensuel 6683 FCFA. Bien sûr, il faut tenir compte du coût de vie. Trois poulets coutaient dix (10) FCFA à Am-Dam.

 

Au Logone, on était trois infirmiers du service de Grandes endémies à faire le dépistage de la lèpre et donner des soins, à dépister la Trypanosomiase. Infirmier major des grandes endémies, mes collègues étaient Békoul André et Adoum Khardja. On avait 20 jours de tournée par mois. Mon avantage dans ce travail m’a permis de connaitre les Logones Occidental, Oriental et la Tandjilé de sentiers en sentiers.   

 

Dans la circonscription de Goz-Beïda, mon dispensaire de Mogororo comptait 2020 lépreux soudanais et tous les 15 jours je dois injecter en intramusculaire une dose de Diaphenylsone  à chaque malade. En dehors je dois faire la consultation journalière des malades atteints d’autres pathologies médicales. Aujourd’hui que constatons-nous ? Au lieu de donner la chance aux agents de ce département, ces ministres avides de l’argent s’accaparent de ces perdiems au détriment des ayants droits. Déby a les yeux constamment tournés vers les festivités, les courses de chameaux moyennant une voiture V8 pour le premier  et d’autres dépenses de prestige. Il est indifférent dans ce qui se passe dans ce pays que l’accident de l’histoire l’a propulsé au sommet. Il se moque de cette République du Tchad. Si aujourd’hui le pouvoir MPS perd son prestige, c’est à cause de comportement irresponsable de nos hautes autorités. Personnellement, j’accorde plus de respect au Khalife des Sultans de Massénya, de Mao, de Donomanga, d’Abéché, de Yao et de M’Bang de Bédaya et Tatola de Moïssala, qu’à un ‘‘ ministrion’’ de l’ère MPS.

 Il y a un autre domaine de la santé qui irrite tout le monde. C’est le taux de mortalité à l’Hôpital de la Mère et de l’Enfant de N’Djamena. Le taux est plus élevé que dans n’importe quel coin du Tchad. D’ailleurs l’accouchement n’est pas un cas pathologique, il est spontané. Ma mère me disait qu’elle a accouché mon cadet Togonndé en pleine brousse et seule. Elle était partie en brousse pour une corvée de bois puis elle a eu des douleurs et a donné la vie à mon cadet. Après cet accouchement eutocique, elle a coupé des feuilles d’arbre, qu’elle a mis le bébé dans son ‘‘Gada’’ et au-dessus elle a mis son fagot. Après cinq kilomètres de marche, elle arrive au pourtour du village. Les femmes qui partaient au marigot, ayant constaté que la baisse du volume de son ventre, ont accouru vers elle pour lui prendre son bébé avec son ‘‘gada’’. L’accouchement n’est pas un cas pathologique, il fait partie de faits divers à l’époque, mais aujourd’hui comme les ONGs et bailleurs de fonds donnent des aides financières, on fait de tapage autour de ce fait naturel.

 

Al-Hadj Garondé Djarma