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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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D’où vient cette maladie qui retarde le développement du continent africain : d’une malédiction divine  ou de l’immaturité  politique ? Les religieux développent un discours fataliste du genre l’Afrique est tout simplement  maudite à cause  des abominations de sa société et du mauvais comportement des ses dirigeants. Ces derniers n’ont jamais su rassembler et impulser une bonne dynamique. Bien au contraire, ils attisent la haine, exacerbent les antagonismes et gouvernent avec partialité. Beaucoup d’innocents  ont péri au cours  des  dernières décennies lors des conflits armés ou interethniques sans  en connaître les raisons comme   au Rwanda, au Soudan, au Tchad, au Liberia et en  Côte d’Ivoire. Suffit-il de pointer ces conflits armés et l’instabilité politique née de la mauvaise gouvernance pour expliquer le drame de l’Afrique ? N’est-il pas aussi un problème de déficience de maturité  politique, de la carence d’une culture  de dialogue, de négociation  de différentes parties de la classe politique  autour d’une table ronde pour parvenir à un pardon sincère ? Prenant l’exemple ivoirien, la Côte d’Ivoire n’est-elle  pas surtout victime de cette absence de compromis entre les protagonistes ? Si tel est le cas, les Ivoiriens et l’ensemble de la classe politique sont condamnés  de faire preuve de maturité  afin que les élections se déroulent  sans heurts. Sachant que Laurent Gbagbo fut le premier à tendre la main à ses opposants pour éviter un nouveau bain de sang dans ce beau et vaste pays ouest africain qu’est la Côte d’Ivoire. 

 

«Tournons définitivement le dos à la guerre. Disons au revoir à tous ceux qui veulent divisés notre pays la Côte d’Ivoire. Il faut multiplier notre capacité par deux. Au lieu de produire 1,2 million de tonnes, il nous faudra deux millions de tonnes au moins. Nous allons ressusciter notre cacao », déclare Laurent Gbagbo le président Ivoirien à sa population le samedi 09 octobre 2010, lors d’une cérémonie officialisant sa candidature auprès des formations politiques qui le soutiennent en fixant les objectifs qui seraient les siens en cas de réélection, à commencer  par une forte augmentation de la production de cacao. Les Ivoiriens croiront-ils aux discours politiques de  leur président, candidat à sa propre succession quand il  leur promet surtout la lune et  le miel lorsqu’ il sera réélu à la tête de ce pays qui fut à une époque récente, le poumon économique de l’Afrique de l’Ouest  mais aujourd’hui mis à genoux à la manière d’un dromadaire ? Mensonges ou Vérités ? Un  tel discours ne parait-il pas démagogique ou plutôt trop beau à croire quand on sait les passifs et les actifs à mettre à son crédit dans la  mauvaise gouvernance de la Côte d’Ivoire souillée par le sang des milliers d’innocents ivoiriens,  morts dans des conditions impitoyables lors  des affrontements civils de 2002-2003, quelques années après  la  mort le 7 décembre 1993 du fée Félix Houphouët-Boigny. Là où le bât blesse, même les plus sanguinaires et immoraux dirigeants se prennent toujours  pour  des  saints qui n’ont rien à se reprocher. Ils sont prêts à aller  toujours aux élections tant que personne ne leur mette des bâtons dans les roues. Finalement on ne sait que faire pour sortir l’Afrique de tous les maux qui la minent et  retardent son développement pendant que les autres continents avancent à grand pas comme un cheval de courses. Ainsi, Laurent Gbagbo, cet homme, historien de son état et vieil adversaire politique du premier président ivoirien, certes bon orateur tiendra-t-il ses engagements ?  C’est une autre interrogation qui pose la question de la crédibilité des hommes politiques par rapport aux promesses tenues avant leurs élections. 

 

 La politique a usé le  président ivoirien

 

 En vérité, le président ivoirien semble usé par tant d’années d’opposition et une présidence exercée dans des conditions particulièrement improbables. Il  devrait renoncer dans l’intérêt de son pays, à sa candidature aux présidentielles et permettre à son parti de désigner un autre représentant  aux élections  du 31 octobre 2010. Il est certes simple pour un pêcheur de lâcher son filet dans un fleuve ou dans un océan, mais il n’est pas facile de capturer des bons poissons. Tel est  le cas en politique. La personne qui est à  la tête d’un Etat quelconque doit être consciente et soucieuse de l’avenir de son pays et de son peuple. Malheureusement certains dirigeants africains ont failli à leurs responsabilités en abandonnant leurs populations en cours de route pour s’occuper exclusivement  de leurs proches familles  et  de leur clan. Il y a un grand écart entre ce qu’ils disent et leurs actes et beaucoup d’entre eux ne respectent pas leurs engagements. C’est pourquoi nombreux d’entre eux sont qualifiés à  raison, des gros menteurs ou des serpents à deux têtes par leurs concitoyens. Les choses sont beaucoup plus complexes, surtout quand il s’agit d’un pays qui sort récemment d’une guerre civile qui a endeuillée presque chaque famille comme le cas de la Côte  d’Ivoire ou du Tchad. L’Ivoirien Gbagbo fera-t-il exception  cette fois-ci ? Difficile de répondre à une telle question, surtout que l’élection présidentielle dans ce pays fixée au 31 octobre prochain, a accusé cinq ans de retard sur le calendrier initial à cause de l’atermoiements des partis politiques, des calculs égoïstes des uns et des autres sans oublier, le jeu subtil de Simone Gbagbo qui tire les ficelles dans l’ombre. Aujourd’hui, si tout se passe  bien  et surtout sans bain de sang,  cela permettra aux fils et filles de ce pays de tourner  définitivement la page noire du conflit et de réunifier le territoire  coupé entre le nord et le sud causant le départ des investisseurs occidentaux et orientaux. Il faudrait donc que les Ivoiriens cessent  d’être naïfs et analysent avec beaucoup d’attention les discours de tous les candidats, surtout ceux du président sortant avant de se prononcer réellement sur leur vote.

 

Les Ivoiriens ont intérêt d’élire un homme qu’il faut à la place qu’il faut

 

Bien que Laurent Gbagbo tienne à briguer à tout prix  un autre mandant, les Ivoiriens ont seuls le devoir et l’intérêt d’élire la personne qu’il faut à la place qu’il faut afin de mettre fin aux divisions ethniques et les querelles intestines. Et d’ailleurs, pour quelles raisons, Laurent Gbagbo tient-il resté au pouvoir ? Ne fera-t-il pas mieux  de vaquer à  d’autres  occupations  aussi importantes que le pouvoir ? Il suffit juste de le regarder attentivement et surtout d’analyser ses différentes interventions pour se rendre compte que son cœur renferme encore des grosses boules de  haine et il ne manquera pas  un jour d’user de n’importe  quel fil électrique pour barrer la route à ses opposants. « Il y a deux types de candidats : un candidat pour la Côte d’Ivoire, un candidat qui regarde  toujours au dehors », faisait-il la différence  dans son discours, le président sortant pour convaincre les Ivoiriens à voter pour lui, au lieu de porter leur choix pour l’ancien président Henri Konan Bédié ou  à l’ex-premier ministre Alassane Dramane Ouattra, en se servant encore de la carte nationaliste, accusant ses adversaires de servilité à l’égard de l’extérieur, allusion voilée à la France, mère colonisatrice. Laurent Gbagbo sachez-le, n’est pas le seul dirigeant à user  des tels discours face à un peuple désabusé et marqué par des différents conflits militaires et ethniques. Idriss Déby du Tchad, Oumar EL-Béchir du Soudan, Paul Biya du Cameroun, Paul Kagamé du Rwanda, François Bozizé de la République Centrafrique ou autres présidents africains disent exactement la même chose en espérant ainsi convaincre au maximum des électeurs face à leurs opposants plus convaincants  qu’eux d’habitude. Que faut-il faire face à des telles personnes qui ne pensent qu’à eux et non à faire avancer leur pays vers un  bel avenir comme sous d’autres cieux. Aller en guerre contre eux  ou négocier  autour d’une table?  En politique les deux mots peuvent vous donner les  mêmes résultats. Tout dépend de la personne ou du politicien dont vous faites face : les négociations peuvent vous entraîner  à la guerre et celle-ci  peut déboucher  aux négociations. Ce qui  fait qu’en Afrique,  cette dialectique conduit souvent aux  blocus politiques. Alors dès qu’un responsable est élu président  de la République, c’est fini. Il ne  pense qu’à garder le pouvoir durant toute sa vie. Ce qui est bizarre, ce que tous ceux  qui partagent  les responsabilités avec ce dernier,  sont aussi d’accord qu’il  garde ce régime aussi longtemps que possible, malgré qu’il soit mauvais ou incapable de diriger le peuple. Tout le monde donne un mauvais exemple à tout le monde y compris les grands intellectuels. Partout en Afrique, c’est pareil, les choses n’avancent pas. On est un continent reconnu et réputé  immobile. C’est toujours l’éternel recommencement, surtout que tout le monde est bien au courant que c’est là-bas encore  que le bourrage  des urnes et le détournement des électeurs se pratiquent à grande envergure. Espérons que les Ivoiriens feront preuve d’une grande maturité politique pour élire un candidat au dessus de tout soupçon capable de pacifier le pays pour s’engager sur   le chemin de la prospérité économique et de la paix sociale  afin de jouer  son rôle traditionnel de locomotive de la sous région.


Ahmat Zéïdane Bichara/ Prix Lorenzo Natali 2006- Union Européenne