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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Dans sa récente édition, le mensuel de la South Media Corporation s’est engouffré dans le labyrinthe de ces esthètes de la mort. L’Afrique, c’est le continent de la famine et de la guerre. Les médias occidentaux nous l’ont psalmodié au point de frôler parfois l’overdose. Il n’empêche cependant qu’entre deux reportages, cette réalité là existe bel et bien comme en attestent les spasmes en cours dans la partie nord du continent depuis près d’un an. Les Cahiers de Mutations, fidèle dans leur logique d’une publication qui aspire à «la convergence des intelligences citoyennes» a tâté ce terrain là, non pour en rajouter, mais pour le décrypter, l’explorer, le disséquer.

 
Dans son éditorial, Roger A. Taakam ne dit pas autre chose lorsqu’il écrit : «la présente somme (…) s’attèle, à travers une liste non exhaustive, à raconter la vie de certains chefs de guerre, leur histoire, leurs faits d’armes, leurs réseaux, leurs échecs et leurs «réussites» dans leur entreprise meurtrière.»

Laquelle entreprise est loin d’avoir épargné le continent ces 50 dernières années tout en laissant à la postérité des figures que l’on peut louer ou plaindre suivant le bord idéologique sur lequel l’on est perché.
Du Rwandais Paul Kagamé au Français Bob Denard, ils sont nombreux ces «Saigneurs d’Afrique» qui ont fait florès et fortune sur des millions de cadavres, du plus anonyme au plus célèbre, sur le continent qui enfanta jadis l’humanité. Au fil des pages se dresse devant nous un aréopage de guerriers sans foi ni loi pour qui seul primait leur intérêt et dont le cynisme n’avait d’égal que leur soif de pouvoir. Car comme le souligne le philosophe politique André Yinda de l’Université libre de Bruxelles, «derrière la notion de seigneur de la guerre, il y a deux concepts qui se rejoignent : le concept politique à travers le terme «seigneur», et celui de «guerre» relatif à la stratégie militaire, à la science du combat (…) Faire la guerre et faire de la politique appartient au même continuum.»

 

Une analyse qui pourrait s’appliquer à tout bon chef de guerre, qu’il soit Africain ou non, et ce quelle que soit la motivation d’icelui. Et même si une observation rapide peut laisser penser qu’aucune partie du continent ne semble être à l’abri de ce qui apert finalement comme un phénomène si ce n’est une identité bien remarquable du ciel africain, il est des zones où les seigneurs de guerre ont planté leur drapeau avec souvent une frénésie des plus grotesques. On peut ainsi évoquer le cas du Tchad où trois seigneurs se sont bousculé dans le casting; ou encore cette Somalie devenue un Etat émasculé du fait des chefs de guerre qui ont donné à ce pays depuis la fin de l’ère Siyad Barre une coloration macabre.
Au final, une somme à conserver pour ce continent dont l’histoire reste encore à écrire. Une Afrique qui est loin de trouver la paix tant «L’avenir de ceux qui sont dépourvus de sens politique est incertain», prévient André Yinda. Qui précise dans la foulée que «S’il n’y a pas d’autres moyens, il faut des guerres pour que les libertés, les droits fondamentaux des citoyens et la démocratie prennent effectivement corps dans certains pays de l’Afrique subsaharienne encore sous la coupe des régimes notoirement instables ou autocratiques». En sommes-nous vraiment si loin ?

Parfait Tabapsi

 

Source: ICI