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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

AFRIQUE / BURKINA FASO, Tchad / GAMBie : Norbert Zongo, Saleh Gabba et Deyda Hydara : trois symboles de crimes restés impunis 
 Trois personnes, trois plumes, assassinées sans procès

Dans un communiqué de presse daté du 14 décembre 2012, les Reporters sans Frontières titraient Norbert Zongo et Deyda Hydara : deux symboles de crimes restés impunis. Au début de la lecture de ce communiqué, je suis resté serein, mais vers la fin, je ne pouvais plus. Car, je constate que le titre en question manque une personne aussi importante que les deux autres citées par les organisateurs de défense des droits des journalistes. Dans ma tête, le nom y est, mais peut-être l’organisation en question l’avait involontairement ou volontairement oublié. Tout est possible dans la vie. Voilà d’ailleurs les raisons qui amènent les sages à nous rappeler qu’il faudrait tourner sa langue dix fois de suite avant d’annoncer le message ce dont on tient simplement lancé au public que l’on a en face. Je suis resté donc seul, silence total. Et puis, comme un crocodile qui bondit sur sa proie, je me lève brutalement, puis j’avance vers là où est placé le téléphone fixe de la famille. Je le prends avec grosse boule de colère, puis je compose le numéro des Reporters sans Frontières pour savoir les raisons qui les ont poussés à oublier le nom de ce journaliste assassiné par Hissein Habré dans les années 80. Mais grande surprise : il ne figure pas dans la liste des journalistes assassinés par les dictateurs de ce monde et surtout par ceux d’Afrique. La personne que j’ai jointe au téléphone pour le compte des Reporters sans Frontières et moi-même, nous n’avons même plus perdu le temps pour l’enregistrer. Il s’appelle Saleh Gabba. C’est l’un des grands journalistes tchadiens à l’époque d’Hissein Habré, originaire du Guéra, mort sous les coups de la dictature et surtout sous les coups de la xénophobie tchadienne. On lui a simplement reproché d’être originaire du Guéra et c’est tout. La dame de l’organisation des droits des journalistes me rassure que dans les jours qui suivent notre communication, Reporters sans Frontières s’attèleront pour mentionner le nom de Saleh Gabba dans le registre des journalistes assassinés par Hissein Habré. Ensuite, elle me dit au téléphone, je dis bien au téléphone d’observer quelques minutes de silence pour penser à ce grand homme qui n’est plus de ce monde, mais qui vit grâce à ses articles ou à ses émissions qui se trouveraient certainement dans des endroits cachés à travers le monde où nous sommes. J’accepte aussitôt ce qu’elle me demandait et le silence est fait. J’avais ressenti en elle, une dame touchée par la disparition de Saleh Gabba, ce journaliste qui est doué d’une plume et voix particulière. Puis, la journaliste me demande avec sagesse de publier le communiqué de presse de son organisation dans l’une des colonnes de mon blog : Regards d’Africains de France. Je lui ai dit : j’accepte. Saleh Gabba tu es mort en grand guerrier, pas un peureux comme certains Hadjarayes d’aujourd’hui.Râa aïye bobo.Que Dieu te bénisse.

Un anniversaire dans les larmes, mais sans justice

D’après donc les Reporters sans Frontières, au lendemain du quatorzième anniversaire de l'assassinat du journaliste burkinabé Norbert Zongo, et deux jours avant le huitième anniversaire de celui du journaliste gambien Deyda Hydara, Reporters sans frontières dénonce les manœuvres qui, à Ouagadougou et Banjul, gangrènent les enquêtes sur ces meurtres. L'organisation condamne l'impunité entretenue par les pouvoirs du Burkina Faso et de la Gambie."Justice sera-t-elle rendue un jour à Norbert Zongo et Deyda Hydara ? Depuis des années, les autorités burkinabés et gambiennes s'illustrent devant leur population et la communauté internationale par leur inertie, leurs mensonges, et leur absence totale de volonté de faire la lumière sur les meurtres de ces deux grands journalistes. À l'image des affaires Norbert Zongo et Deyda Hydara, l'impunité dont bénéficient les assassins d'hommes de médias en Afrique est l'un des pires fléaux pesant sur la liberté de l'information", a déclaré Reporters sans frontières.Le 13 décembre 1998, la découverte dans une voiture calcinée du corps de Norbert Zongo a profondément ému les sociétés burkinabées et africaines. Directeur de publication de l'hebdomadaire L'Indépendant, il enquêtait au moment de sa mort sur un meurtre lié à l'entourage du président Compaoré. L'enquête sur l'assassinat du journaliste a débouché sur un non-lieu et souffre depuis plusieurs années de l'inaction des autorités nationales. Au "pays des hommes intègres", la population et les confrères de Norbert Zongo attendent toujours que justice soit rendue. Plus d'informations sur cette affaire. Deyda Hydara, assassiné par balle le 16 décembre 2004, était le cofondateur du quotidien privé The Point. Il avait également présidé le syndicat des journalistes gambiens, et était le correspondant de l'Agence France-Presse et de Reporters sans frontières en Gambie. L'enquête officielle sur sa mort n'a abouti qu'à d'invraisemblables hypothèses alors qu'il est prouvé que le journaliste était sous surveillance. Quelques semaines après son assassinat, le pouvoir gambien a mis en place un régime législatif parmi les plus répressifs d'Afrique de l'Ouest qui a plongé les médias dans un climat de terreur. Plus d'informations sur la liberté de la presse en Gambie et sur l'affaire Deyda Hydara. Alors que le réseau international pour la liberté d'expression (IFEX) mène une large campagne contre l'impunité et que l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ) vient de publier un rapport sur l'impunité en Somalie, pays le plus meurtrier pour la presse, Reporters sans frontières appelle les États d'Afrique subsaharienne, au premier rang desquels la République démocratique du Congo, la Somalie, le Nigéria et le Soudan du Sud, à faire de la justice dans les assassinats de journalistes l'une de leurs priorités pour 2013.