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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Bonjour Makaila,



Suite aux messages de M. TOBRONE, je vous envoie  un extrait du rapport du Recteur de l'Université de N'Djaména en date du 9 juin 2009 sur cette affaire qui permettra aux lecteurs d'avoir une autre version:

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« Rapport Circonstancié du Recteur »



Ce rapport retrace d’une manière exhaustive les événements qui ont conduit à l’interruption des activités à la Faculté des Sciences de la Santé (FACSS).


Un étudiant de sixième (6ème) année d’études médicales à la FACSS s’est présenté à la maternité de l’Hôpital Général de Référence Nationale (HGRN) dans la nuit du 13 au 14 Mars 2009 avec une dame pour métrorragie (hémorragie utérine). La dame a été présentée par l’étudiant comme son épouse.

Les gynécologues ont constaté un avortement incomplet et ont décidé l’hospitalisation de la patiente, mais l’étudiant en question s’est opposé à cette décision et a fait sortir la patiente contre l’avis médical en signant une décharge qui a
été insérée dans le dossier clinique de la malade.


Le lendemain, la disparition de ce dossier a été constatée et par conséquent les  étudiants stagiaires de garde ce jour ont été soupçonnés de complicité pour dissimuler une probable interruption volontaire de grossesse (IVG). La disparition de ce dossier a motivé la suspension de 9 étudiants qui étaient de garde. Suite à la suspension des étudiants fautifs, les autres étudiants en stage au Service de la Maternité ont boycotté le staff matinal en solidarité avec leurs collègues suspendus.


Cette cessation brutale des activités par les étudiants et leurs propos malveillants envers leurs encadreurs ont conduit le Chef de service de la maternité à suspendre les 19 étudiants stagiaires.



L’Association des Etudiants en Médecine du Tchad (ASEM) a décidé de soutenir les étudiants suspendus. Après une Assemblée Générale, elle a rédigé un Communiqué de presse en des termes virulents et choquants qui donnait une injonction à la Direction de l’HGRN de rétablir les étudiants suspendus dans les 72 heures à compter du 23/03/2009.


Ayant pris connaissance du contenu, le Doyen de la FACSS a demandé au Président de l’ASEM de surseoir à la diffusion de ce communiqué pour trouver une solution négociée avec la Direction de l’HGRN.

Malheureusement, ce communiqué a été diffusé sur les ondes de la Radio Nationale Tchadienne. Cela a surpris et indigné la Direction de l’HGRN qui était en négociation avec la FACSS.

C’est en marge de la cérémonie de passation de service au Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Formation Professionnelle le 25 Mars 2009 que nous avons été informé de ce conflit par  l’ASEM.

Nous avons demandé à l’ASEM d’accorder une semaine à l’Administration pour résoudre la crise.


Le 26 Mars 2009, l’ASEM a décidé d’organiser une Assemblée Générale (AG) pendant les heures d’encadrement et de cours sans prévenir préalablement des autorités. Cette AG  a décidé le boycott de stage de trois jours renouvelables (arrêt des activités hospitalières) ; ce qui a été mis en exécution immédiatement sans préavis et sans notification aux autorités concernées.


Devant la menace et l’insolence des étudiants, la violation des règles de l’Hôpital, la Direction de l’HGRN a pris la décision de suspendre le stage de tous les étudiants à l’HGRN à l’exception de ceux en préparation  de thèse.


Le même jour, s’est tenue une réunion regroupant le Décanat et les Chefs de Département pour examiner les derniers développements de la situation. A l’issue de cette réunion, une suspension de cours théoriques a été décidée.

Cette décision a été désapprouvée par le Rectorat car illégale. Les Enseignants ont reconsidéré leur décision.


Le 28 Mars 2009, sur instruction du Ministre de l’Enseignement
Supérieur, une rencontre s’est tenue dans la salle de réunion du Rectorat. Elle a regroupé autour du Ministre, le SG du Ministère, le Recteur, la Vice-rectrice, le Directeur de l’HGRN, le Doyen et le Bureau de l’ASEM. Pendant cette réunion les points suivants ont été soulevés :


L’HGRN est un établissement autonome sous tutelle du Ministère de la Santé Publique. Elle est liée à l’Université de N’Djaména par une convention de coopération. Par ce biais, l’HGRN prête ses locaux à l’Université de N’Djaména et accueille ses étudiants en stage.

Même le Recteur ne peut donner des ordres à l’HGRN moins encore le Doyen et surtout pas les étudiants.


Les études médicales se passent en grande partie dans les hôpitaux en particulier à l’HGRN qui accueille 80% des étudiants. En médecine la discipline est primordiale, c’est pourquoi les enseignants à la Faculté de médecine sont appelés des maîtres. Il n’est pas normal que les élèves dictent leurs désirs aux maîtres et surtout ils n’ont pas le droit d’insulter leurs maîtres.


Après quoi, il a été décidé ce qui suit : l’ASEM doit écrire des lettres d’excuse au Directeur de l’HGRN, au Recteur, au Doyen et au Chef de service de la maternité. Les étudiants impliqués dans cette crise doivent être traduits en conseil de discipline pour situer les responsabilités et prononcer les sanctions disciplinaires.

Tout le monde a accepté cette conclusion.



Après une AG tenue le 30 Mars 2009, l’ASEM a refusé d’écrire les lettres d’excuse. Une nouvelle AG s’est tenue le 31 Mars 2009 à la demande du Recteur. Celui-ci y a assisté  en compagnie du Directeur Général de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique.

A l’issu de cette rencontre, les étudiants ont accepté d’écrire ces lettres d’excuse avec l’appui du Directeur de l’Enseignement Supérieur pour les formulations appropriées. Les lettres d’excuse ont été écrites et adressées au Recteur, au Directeur de l’HGRN et au Doyen.


Le 08 Avril 2009, un conseil de Faculté siégeant en Conseil de
discipline s’est tenu. La perte du dossier clinique et le manque de respect envers les encadreurs ont été les griefs reprochés aux 20 étudiants traduits en Conseil de Discipline. Les sanctions suivantes ont été prononcées :


-    Un avertissement au groupe de 19 étudiants en stage à la maternité pour le manque de respect envers leurs encadreurs ;


-    Une suspension de cours de deux (2) semaines pour l’étudiant responsable de cette crise. Disons au passage que les sanctions prononcées sont tout à fait symboliques au regard des actes posés et comportements affichés par les étudiants.

Un Conseil d’enseignement et de recherche (CER), en date du 09 Avril 2009, a décidé la reprise des cours théoriques à partir du 14 Avril 2009 et a rejeté les lettres d’excuses des étudiants adressées aux autorités concernées au motif que leurs contenus sont identiques.


De son côté,  l’ASEM a organisé une AG le même jour au cours  de laquelle les étudiants ont rejeté globalement les conclusions du Conseil de discipline, contesté la procédure disciplinaire, et exigé la reprise des cours et stages dans un délai n’excédant pas 72 heures, sinon ils prendront leurs responsabilités. Ils accusent le Doyen d’être le seul responsable de la situation, mais ils n’arrivent pas à
expliquer en quoi consistait cette responsabilité. Tout ce qui est reproché au Doyen n’a rien à avoir avec la cause de la crise actuelle qui a commencé suite à une faute commise  par les étudiants stagiaires au Service de  la maternité de l’HGRN.

A chaque fois que nous pensons avoir trouvé une solution, l’ASEM se rebiffe et fait de la surenchère. Elle a ajouté à ses revendications initiales, la démission immédiate du Doyen.

Le 17 Avril 2009, le Doyen et ses collaborateurs ont reçu le bureau de l’ASEM dans la salle de réunion de la FACSS. Après un moment de débat et sur un signal du Président de l’ASEM, les étudiants sont entrés dans la salle et le surplus s’est entassé devant la porte. Ils ont éteint la lumière et
arrêté le système de climatisation (on était aux environs de 11h et il faisait 43° à l’ombre ce jour). Le Doyen a été l’objet d’insultes et de menaces de mort durant 2 heures 30mn. Nous avons été informé de cette séquestration vers 12 heures 30 min, avons aussitôt informé notre Ministre et sommes rendu immédiatement sur le lieu en compagnie de la Vice rectrice. Le Ministre nous a rejoint 15 minutes après.

La séquestration a été levée suite à l’intervention du Ministre.

Un nouveau conseil de Faculté est convoqué pour 20 Avril 2009 précédé d’un CER extraordinaire sous la présidence du Recteur.

Le 20 Avril 2009, le jour du Conseil extraordinaire, le Directeur de l’HGRN, dans le souci d’éviter d’éventuels troubles à l’Hôpital, a décidé d’interdire l’accès de l’HGRN aux étudiants. L’ASEM a organisé un sit-in à l’entrée de l’HGRN en face de la Mairie. Les étudiants ont empêché le personnel de l ‘HGRN d’entrer travailler. Le Directeur était obligé de faire appel à la police qui les a dispersés.

Le CER extraordinaire a lieu le même jour à 12h sous la présidence du Recteur. Après avoir fait le tour d’horizon de tous les problèmes découlant de cette situation, l’assistance a déploré  les comportements  intolérables et indignes des étudiants en médecine qui profèrent des menaces de mort. Nous avons décidé la suspension des activités académiques du 20 au 25 Avril 2009 et le maintien des sanctions prises par le conseil de discipline, lesquelles sanctions, soit dit en passant, sont tout à fait symboliques.

Suite à la séquestration du Doyen, nous avons conditionné la reprise des activités par la rédaction des lettres d’excuse par les étudiants.
Durant cette période, les autorités rectorales ont rencontré plusieurs fois le bureau de l’ASEM pour le ramener à la raison. Le conseiller du Ministre à l’Enseignement Supérieur a mené des démarches similaires auprès des étudiants pendant plusieurs jours et quelques enseignants ont tenté de conseiller ces étudiants, mais malheureusement l’ASEM a
durci sa position et a dépassé largement les limites qui sont les siennes.

Des tracts avec menaces de mort sur le Doyen ont été affichés
partout et même introduits dans son bureau au Service d’Ophtalmologie de l’HGRN. Des SMS portant  menaces de mort ont été envoyés au Doyen par de numéros non enregistrés.
Suites aux menaces incessantes, nous avons rencontré le responsable de la Police Judicaire de CA3 en présence du Doyen de la FACSS.

Le Responsable a proposé de mettre à la disposition du Doyen un policier pour sa sécurité mais le Doyen a refusé la proposition, néanmoins il a porté plainte contre X auprès du Procureur de la République.


Le développement inquiétant de la situation  a conduit le Ministre de l’Enseignement supérieur à convoquer une réunion  de travail  dans son bureau le 15 mai 2009. Un scénario en trois phases a été décidé.

La première phase consiste à amener l’ASEM à écrire les lettres d’excuse et reprendre les activités. La deuxième phase revient à demander la suspension de l’ASEM au regard de ses agissements inadmissibles et appeler individuellement les étudiants de reprendre les cours ;
l’étudiant qui refuse  sera considéré comme démissionnaire. La
troisième phase prévoit la suspension des activités jusqu’à la rentrée prochaine.


Nous avons invité les parents à prendre part à une réunion de travail au Rectorat. L’ASEM a mis en garde les parents qui assisteront à cette réunion et les avait menacés au passage ;  elle intimide le Recteur à ne plus diffuser de tel communiqué et ça doit être le dernier. Leurs soi-disant AG ne regroupent qu’à peine une vingtaine d’étudiants sur 450 étudiants de la FACSS.

Le vendredi 19 juin 2009, s’est tenue une réunion de travail  à la Primature sous la présidence du Premier Ministre. Ont pris part le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Formation Professionnelle et le Ministre de la Santé Publique.


L’issue de cette réunion, les décisions suivantes ont été prises :

l’étudiant qui était à la base de la crise actuelle est exclu de l’Université de N’Djaména, les 19 étudiants stagiaires au Service de la maternité sont suspendus pendant une année universitaire et les autres étudiants reçoivent un avertissement et l’ASEM doit écrire  les lettres d’excuse demandées.


Les membres du Bureau de l’ASEM et les délégués sont conviés à une réunion organisée au Rectorat le lundi en présence du Ministre de la Santé et celui de l’enseignement supérieur pour  faire passer le message du Gouvernement  ....".


Mahamat Hassan


N'Djaména Tchad