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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

containers_002.jpgNouvelle affaire de containers douteux de l’Onu

 

Ils ont été saisis par des syndicalistes du secteur des transports à Boumnyebel et à Mbankomo en fin de semaine dernière.

Dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, un camion semi-remorque est surpris en flagrant délit de mauvais stationnement à Boumnyebel par les hommes de la Confédération générale des syndicats des transports du Cameroun. Deux jours après, d’autres camions sont à leur tour pris pour les mêmes motifs près de Mbankomo. «Nous avons signé des contrats avec les mairies sur l’axe lourd Yaoundé-Douala pour veiller à la sécurité routière, et signaler la présence des poids lourds qui obstruent la chaussée et qui sont généralement à l’origine des accidents qui se produisent sur cette route», explique Pierre Nyemeg, le président de la Confédération générale des syndicats des transports du Cameroun.

En effet, par cet acte, les mairies, au vu de la recrudescence des accidents mortels, donnent compétence aux syndicats de «prendre toutes les mesures coercitives à l’encontre des véhicules trouvés et jugés en stationnement abusif sur les grands axes routiers du territoire de la commune.»
D’après M. Nyemeg, c’est donc en remplissant cette mission que les équipes de syndicalistes ont surpris la semi-remorque immatriculée 18T2836A en provenance de Abeche au Tchad, en stationnement abusif à Boumnyebel. Ledit véhicule était conduit par un certain Hassaballah Hassane,  de nationalité tchadienne. Les deux autres, respectivement immatriculés 18T0156A et18T1823A, avec pour conducteurs Hamid Waradougou et Askou Oumarou, seront prises à Mbankomo.

«Lorsque nous avons approché ces camions pour nous enquérir de l’identité du chauffeur et de la nature des marchandises qu’ils transportaient, les conducteurs ont refusé de dévoiler le contenu des containers», explique Pierre Nyemeg. Face à cette opposition, les syndicalistes vont exiger les documents de voyage. «En les parcourant, on se rend compte que sur la partie désignation où on doit indiquer la nature du chargement, il y a des croix et des numéros.

Pourtant, le poids des marchandises inscrit sur le manifeste est respectivement de 21 tonnes, 20 tonnes et 26 tonnes»,précise-il.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

Sur les documents de voyage d’un des camions, on peut lire : «Expéditeur : Lem Transit et logistique, Pc Minurcat, conteneurs Onuci Bouake, Côte d’Ivoire». Leur itinéraire : «Abeche-Mogadicio via N’djamena, Douala, Mombassa». Sur un autre qui porte le nom du même expéditeur, on peut lire «Lem transit et logistique, Umil Monrovia Pc Minurcat, destinataire Minurcat N’djamena». Après plusieurs discussions, les syndicalistes réussissent à ouvrir les six containers que transportent les trois véhicules, et découvrent des caisses d’armes. Le 11 avril, Pierre Nyemeg adresse plusieurs correspondances aux autorités, parmi lesquelles le secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la gendarmerie, le gouverneur de la région du Centre ainsi que la légion de gendarmerie de la même région, pour signaler la présence de cargaisons suspectes dans ces trois camions.
Des sources généralement bien informées au secrétariat d’Etat à la Défense, approchées par Mutations, ont indiqué ne pas être au courant de cette affaire. D’après Pierre Nyemeg, les camions ont quitté les lieux mardi le 19 avril dernier, avant de poursuivre leur route pour le Port de Douala (Pad). «J’ai reçu un message de quelqu’un qui me demandait de laisser partir les camions sans autre forme de procès. Etant donné que je ne suis ni l’armée ni la gendarmerie pour bloquer un camion plein d’armes, on les a laissés poursuivre leur route», précise encore M Nyemeg.

Une situation qui vient rappeler une affaire qui a défrayé la chronique il y a quelques semaines. L’on se souvient que des camions de l’Onuci transportant des cargaisons suspectes étaient entrés dans le territoire non sans faire les choux gras de la presse.


Pierre Célestin Atangana

 

Source: Le Quotidien Mutations