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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

11 octobre 2012

 

RD CONGO


A Kinshasa, RSF et JED dénoncent la « grave détérioration » de la liberté de l’information 

  

Présentation du rapport :  

"Monsieur Kabila, vous aviez pourtant promis de lutter contre l'impunité" 

 

A la veille de l’ouverture du XIVe Sommet de la Francophonie à Kinshasa, Reporters sans frontières et son organisation partenaire, Journaliste en danger, ont présenté, lors d’une conférence de presse dans la capitale congolaise, le 11 octobre 2012, un rapport sur l’état de la liberté de l’information en République Démocratique du Congo et en Afrique centrale.


Téléchargez le rapport RSF / JED intitulé "Monsieur Kabila, vous aviez pourtant promis de lutter contre l’impunité"

Contacts presse : Ambroise Pierre (RSF) : 00243 (0)99 074 88 46 / Tshivis Tshivuadi (JED) : 00243 (0)81 99 96 353. 

Dans ce rapport intitulé : « Monsieur Kabila, vous aviez pourtant promis de lutter contre l’impunité », les deux organisations rappellent la promesse faite par le président Kabila, à Montreux (Suisse), en octobre 2010 en clôture du XIIIe Sommet de la Francophonie, de lutter contre tous les crimes et attaques contre les journalistes.

Deux ans plus tard, RSF et JED constatent qu’aucune enquête sur un assassinat de journaliste en RDC n’a abouti au moindre résultat concluant, alors que le pays en a enregistré huit au cours de ces dernières années. Certains de ces assassinats ont été traités par des procès controversés tandis que d’autres n’ont jamais vu ne serait-ce qu’un début d’enquête. Dans ce rapport, RSF et JED affirment que la situation de la liberté de l’information s’est détériorée depuis l’année électorale 2011, et pointent du doigt l’Agence nationale des renseignements (ANR), des autorités locales et provinciales, ainsi que l’organe de régulation des médias, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), comme les principaux responsables des entraves à l’activité des médias.

"La grand-messe francophone se tient alors qu’un journaliste d’une chaîne privée (Patrick Palata), condamné à vingt ans de prison, est incarcéré à Kinshasa, et que deux de ses confrères (Fortunat Kasongo et Pierre Sosthène Kambidi) sont retenus depuis plus d’un mois par l’ANR. De même, le titre Le Journal est suspendu jusqu’à nouvel ordre et le signal d’une des principales chaînes d’opposition, la Radio Lisanga Télévision (RLTV), est coupé", écrivent Reporters sans frontières et JED.

Patrick Palata, journaliste de Canal Congo Télévision (CCTV), une chaîne privée émettant à Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo (Sud-Ouest), est incarcéré depuis deux ans à la prison militaire de Ndolo, et condamné à vingt ans de servitude pénale pour « organisation d’un mouvement insurrectionnel ». Le journaliste a toujours clamé son innocence et la demande de grâce introduite par RSF et JED auprès de Joseph Kabila est restée sans suite.

En août dernier, deux journalistes ont été arrêtés dans le Kasaï, à cause d’une affaire concernant la défection d’un officier et la création, dans cette province, d’un mouvement armé. Fortunat Kasongo et Pierre Sosthène Kambidi ont été transférés à Kinshasa où ils sont détenus, tous les deux depuis près de deux mois, dans un cachot de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) sans aucune possibilité de visite ni de leurs proches ni de leurs avocats.

Enfin, en septembre, le signal de la Radio Lisanga Télévision (RLTV), une chaîne privée appartenant à Roger Lumbala, député et membre influent de l’opposition, a été coupé de façon inexpliquée au moment où ce média diffusait une émission intitulée « Tokomi wapi ? » (« où en sommes-nous arrivés ? ») avec comme invité le député de l’opposition José Makila, qui accusait le président Joseph Kabila de « haute trahison » pour avoir signé un « accord secret » avec son homologue rwandais Paul Kagame.

Pendant plusieurs jours, ni le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), ni le ministère chargé des Médias, interrogés, n’avaient revendiqué cet acte. Il a fallu attendre dix jours pour voir enfin le porte-parole du gouvernement et ministre en charge des Médias sortir de son mutisme pour justifier la coupure de la RLTV. Dans un arrêté ministériel qui a tout l’air d’avoir été antidaté (08/09/2012), le ministre accuse ce média de diffuser « en temps de guerre des émissions relayant la campagne médiatique des forces négatives du M23, de nature à démoraliser l’armée et la population ». Nulle part pourtant, le ministre ne donne ni la date, ni l’heure, ni le nom de l’émission incriminée. Ce qui confirme bien la thèse d’un coup de force politique destiné à faire taire un média qui dérange.

Dans le même état d’esprit de musèlement de la presse, RSF et JED rappellent l’expulsion en juillet 2012 à son arrivée à l’aéroport, du réalisateur belge Thierry Michel, auteur d’un film documentaire sur l’assassinat du célèbre défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya et l’interdiction de la diffusion de son film en RDC. Malgré les promesses faites dans ce sens par les autorités congolaises, Thierry Michel n’a toujours pas reçu son visa de retour en RDC et ne peut donc diffuser ce film censuré.

Au delà de la RDC, RSF et JED s’inquiètent plus généralement de la situation en Afrique centrale où la prison, les pressions et l’autocensure freinent le libre exercice du métier d’informer. C’est le cas, entre autres, du procès d’Hassan Ruvakuki au Burundi condamné à la prison à perpétuité, de l’incarcération de trois journalistes au Rwanda, des pressions sur Jean-Claude Nekim au Tchad, de l’immobilisme et du poids de la censure en Guinée équatoriale.

 

 

Reporters Without Borders (http://en.rsf.org)

News conference

 


11 october 2012


 

DR CONGO


RWB and JED condemn "grave deterioration" in freedom of information

 

Report unveiled in Kinshasa:

"Mr. Kabila, you promised to combat impunity"

 

Reporters Without Borders and its partner organization, Journalist in Danger (JED), gave a news conference in Kinshasa today, the eve of the start of a Francophonie summit in the same city, in order to present a report on the state of freedom of information in the Democratic Republic of Congo and Central Africa.

 

Download the RWB / JED report entitled "Mr. Kabila, you promised to combat impunity" (in French)

Contacts: Ambroise Pierre (RSF) : 00243 (0)99 074 88 46 / Tshivis Tshivuadi (JED) : 00243 (0)81 99 96 353.

 

In this report, the two organizations remind the DRC's president, Joseph Kabila, of the promise to combat crimes of violence against journalists that he gave at the closure of the last Francophonie summit in the Swiss city of Montreux in October 2010.

 

Two years later, RWB and JED find that no investigation into a media worker's murder has ever yielded a conclusive result in the DRC, although at least eight journalists have been murdered there in recent years.

 

RWB and JED also report that freedom of information has deteriorated since the 2011 elections and accuse the National Intelligence Agency (ANR), local and provincial authorities, and the media regulatory body called the Higher Council for Broadcasting and Communication (CSAC) of being mostly to blame for this decline.

 

"As the world's French-speaking countries gather in Kinshasa, Patrick Palata, a journalist with a privately-owned TV station, is serving a 20-year jail sentence in the same city while two other journalist, Fortunat Kasongo and Pierre Sosthène Kambidi, have been held for more than a month by the ANR", RWB and JED say in the report.

 

"Similarly, the newspaper Le Journal has been suspended until further notice while the signal of one of the leading opposition TV stations, Radio Lisanga Télévision (RLTV), has been disconnected."

 

Employed by Canal Congo Télévision (CCTV) in Matadi, the capital of the western province of Bas-Congo, Palata has been held for the past two years in Ndolo military prison. He received his 20-year sentence for supposedly "organizing an insurrectional movement." There has been no response to the request for pardon that RWB and JED submitted to President Kabila.

 

After being arrested in the south-central province of Kasai in connection with their coverage of an army officer's defection and the creation of an armed movement in the province, Kasongo and Kambidi were transferred to Kinshasa and have been held for nearly two months in an ANR cell without being allowed to see relatives or their lawyers.

 

Owned by Roger Lumbala, an influential opposition parliamentarian, RLTV suddenly found its signal had been cut without any explanation as it was broadcasting a programme entitled " Tokomi Wapi?" (Where are we now?) in which a guest, opposition parliamentarian José Makila, accused President Kabila of high treason for allegedly signing a "secret agreement" with Rwanda's President Paul Kagame.

 

Days went by without either the CSAC or the ministry in charge of news media taking responsibility for cutting RLTV's signal. After 10 days, the government spokesman and media minister finally ended his silence and defended the decision, issuing a ministerial decree that appeared to have been backdated to 8 September.

 

Referring to the rebel group known as M23, it accused RLTV of "broadcasting programmes in war time relaying the media campaign of the M23 negative forces and liable to demoralize the armed forces and public." Its failure to name the offending programmes or say when they were broadcast reinforced the view that this was just a political decision to silence a TV station that was annoying the government.

 

RWB and JED accuse the government of acting with the same readiness to gag the media when it deported Belgian filmmaker Thierry Michel on arrival in July and banned Michel's documentary about the murder of the leading human rights activist Floribert Chebeya.

 

Despite promises to the contrary by the Congolese authorities, Michel is still waiting for a visa to return to the RDC and is still waiting to show his censored film to the Congolese public.

 

RWB and JED are also worried by the situation elsewhere in Central Africa, where harassment and self-censorship are restricting the activities of the media. In Burundi, the radio reporter Hassan Ruvakuki had been sentenced to life imprisonment. Three journalists are in prison in Rwanda. Jean-Claude Nekim is being harassed in Chad. A dictatorship holds on to power in Equatorial Guinea.

 

In the reports conclusions, RWB and JED recommend that:

 

- The RDC's government should release its detained journalists, order the reopening of media that have been unjustly suspended or disconnected, amend the laws that regulate journalistic activity and decriminalize press offences.

 

- All the heads of state of the International Organization of the Francophonie (OIF) should reaffirm their countries' commitment to the OIF's values.

 

- French President François Hollande should continue the clear and courageous comments he made earlier this week on freedom in Central Africa, and should press his counterparts for a commitment to protect journalists and combat impunity for violence against media personnel.




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REPORTERS SANS FRONTIÈRES

Laura, assistante
en l'absence d'Ambroise PIERRE

Bureau Afrique / Africa Desk, Reporters W/o Borders