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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

                    ISSA MHT   

          Economie : Les échecs des politiques économiques Tchadiennes

 

            3ème Partie : Formation et évolution des inégalités sociales  au Tchad

 

L’Objectif  n’est pas de  lister les causes empiriques des inégalités sociales au Tchad, même si le titre laisse penser. Mais de poser  une réflexion, modeste soit-elle, sur les éléments qui accentuent et accélèrent les inégalités. Certes, l’égalité sociale parfaite n’existe pas, surtout pas dans un pays instable et sous-développé comme le Tchad. Mais sa formation actuelle est-elle naturelle ? Ne serait-elle pas la source d’instabilité de demain ? Les autorités ne confondent-ils pas, l’effort social et l’inégalité de traitement ?

Les causes sociopolitiques antérieures ne pourraient être des excuses ou données des explications aux inégalités qui sévissent actuellement. C’est une question de traitement et de droit et non de capacité  d’Etat à assumer sont rôle.

 

En effet, si d’aucuns réfutent et trouvent l’analyse du journal NDJAMENA BI-HEBDO  binaire, partiale et raccourcie, ils ne pourraient éluder ou nier la question des inégalités sur l’étendue du territoire national.

Le problème est d’autant plus global  qu’on aurait la tentation d’opposer : commerçant et consommateur, chômeur et travailleur, femme et homme, villes où résident des entreprises et villes dépourvues  d’activités créatrices d’emplois, nord et sud….etc. D’où des oppositions  naturelles, sans l’arbitrage de la puissance publique, partirons les germes des déséquilibres sociales majeures. Il appartient donc, à l’Etat d’empêcher la formation et l’évolution des inégalités, et non participé injustement à leur formation, par des investissements publics. Puisqu’une route goudronnée et électrifiée produit une plus-value pour le commerce  et  l’immobilier qui s’y trouvent. C’est une procédure de redistribution indirecte des richesses. L’inégalité des investissements vaut l’inégalité sociale, qui vaut instabilité future. C’est pourquoi elle doit être prise en compte au même titre que la rébellion, ou on ne lésine sur aucun moyen pour l’endiguer.

 

Au Tchad, on vit deux formes des inégalités :

La première, qu’on peut qualifier de compréhensible, est le produit de l’histoire. Celle d’un pays pauvre ou le revenu annuel théorique par habitant est de 173 500 CFA en 1980 et 682 000 FCFA  en 2008 soit sensiblement 4 fois seulement en 28 ans et sans oublier la rente pétrolière qui a gonflé le revenu par habitant depuis 2003. Même si cet indicateur est relativement abstrait sur le plan individuel, globalement il trouve sens et nous montre que la richesse nationale a faiblement augmentée. C’est l’inégalité comprise (À ne pas confondre avec acceptée).

 

La deuxième, c’est l’inégalité visible, perceptible, fabriquée et corrigible. Elle sera contestée à moyen ou long terme et sera une source d’instabilité politique majeure, si on ne la prend pas au sérieux. La hausse des prix de biens, la corruption et les investissements publics sont les principales sources de cette inégalité.

Presque toutes les théories des inégalités de répartition des richesses partent du postulat que les inégalités ont tendances à se former par égoïsme et la nature cupide de l’être humain.       La hausse des prix actuelle est un transfert massif des richesses des plus nécessiteux vers des commerçants déjà favorisés par des taxes et des bons de commandes administratifs trop alléchants. Toujours, à la puissance publique de corriger l’injustice et ça doit être sans complaisance. Des dispositions telles que le contrôle des prix ou la répression fiscale sont fait pour ça. La justice sociale n’est point  une œuvre altruiste mais, une anticipation sur les troubles politique.

 

La hausse des prix, œuvre des grossistes, appauvrie l’agriculteur ou l’éleveur, du fait de l’inégalité des échanges de biens, entre les deux partenaires inégaux.  Elle déprécie mécaniquement le salaire du travailleur, c’est pourquoi sans vouloir l’excuser, on ne pouvait ignorer qu’un agent peut se laisser corrompre à cause des contraintes sociales. Contraintes sociales qui trouvent souvent leurs sources dans la conjugaison de deux facteurs de régression du bien-être, que sont les bas-salaires et l’inflation des prix, première facteur dépressif du salaire nominal.

Dans ces folies des hausses en tout genre, les élites, les classes aisées, par leurs extravagances consommatrices des produits de luxes importés, participent à accentuer l’inflation. Ainsi, on bafoue les règles de la redistribution des richesses. Ceci dit, une mesure fiscale est nécessaire, afin de taxer cent pour cent (100%) les articles de luxe importés et allouer les recettes collectées aux dépenses sociales.

 

Le mieux serait de former un groupe  parlementaire, la représentation du peuple, qui sera chargé de surveiller et interpeler les autorités sur les inégalités des investissements publics et les autres formes qui s’y greffent. Une approche paisible qui permettra aux autorités de prendre consciences et de répondre aux journalistes, intelligemment, au lieu de patauger et insister dans l’incurie d’une instabilité annoncée.

 

« Un édifice bâti sur l’inégalité, la lutte, et l’exploitation est irrémédiablement condamné à s’écrouler » Moses Isegawas

 

Issa Mahmat Abdelmamout

issa1304@yahoo.fr