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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 


Ahmat Yacoub Adam,
combattant de l'UFR
à l'est du Tchad

 

Des folles rumeurs persistentes circulent depuis quelques jours sur un probable changement à la tête de l’Union des Forces pour la Résistance ( UFR).

Elles interviennent à un moment où Khartoum, après avoir reconnu publiquement sa sympathie à l’égard de l’opposition armée contre le régime d’Idriss Deby, conditionnait la normalisation de ses relations avec N’djamena par la cessation de tout soutien aux rebellions interposées.


Un site proche de la lutte armée a  annoncé , il y a deux jours,la date du départ de Timan Erdimi  de la présidence de l’UFR, prévue pour le 15 octobre prochain. Cette information qui n’a été ni confirmée ni infirmée par la direction de l’organisation, laisse croire que les prochaines assises du conseil supérieur de la résistance ne manqueront pas de revenir sur ce sujet aussi brûlant que délicat, celui de changer ou non la tête de l’opposition armée.



Toutefois, ce qui est sûr c’est que la direction politique de l’UFR traverse une crise depuis quelques mois.Et il n’est un secret de polichinelle de remarquer à travers les différents journaux en ligne des échanges de tirs et des polémiques auxquels se livrent souvent des responsables de la résistance. A titre illustratif,l’histoire des faux passeports a démontré avec éloquence que la solidarité dans la lutte,l’esprit de cohésion et la camaraderie font partie des derniers soucis de ceux qui prétendent sauver le pays du désastre dans lequel il se trouve présentement.


 
A l’UFR,le bureau exécutif se réunit rarement. Exceptés deux ou trois membres partis pour des soins à l’étranger, nombreux  ont préferé se donner de vacances en Europe et dans les pays du Golf pour d’interminables villégiatures. Les quelques réunions organisées n’ont  accouché d’une souris car d’importantes décisions ne pourraient être prises sans que le quorum ne soit atteint.C’est ce qui a occasionné par conséquent l’inertie des activités politiques au sein de l’organisation.


Il y a deux semaines, quatre mouvements  signataires de l’acte de naissance de l’UFR avaient adressé une requête au principal partenaire de l’opposition armée, demandant de jouer un arbitrage  sur les divergences qui les opposent à Timan Erdimi afin de décanter,semble- t- il, le blocus dont souffre l’UFR.


Les requérants exigent purement et simplement le départ d’Erdimi considéré comme la principale cause de la léthargie de l’UFR. Reste à savoir s’ils devraient parvenir ou non à leur fin .


La question que l’on se pose ,cependant ,est de savoir pourquoi en veut-on à Timan ? A t- il démérité dans la conduite de la lutte armée ? Est il responsable des défections dans les rang de l’UFR constatées après les événéments d’Amdam ?  Pourquoi, y a t- il des déchirures au sein de la plupart des mouvements rebelles  depuis la création de l’UFR ?


 
Autant des problèmes qui complexifient la marche accélérée  vers la chute de l’implaccable dictature qui sévit bientôt vingt ans au Tchad. Et si tous ces problèmes ne sont pas seulement  imputables au principal chef de l’opposition armée, il y a malheureusement la qualité de leaderschip d’obédience nationale qui lui reste à construire.


 
En janvier 2009,lorsqu’il a été porté à la tête de l’UFR après moult tractations , Erdimi ne s’imaginait pas que le défi majeur à relever provenait de lui-même, c'est-à-dire comment pouvoir démontrer que Timan Erdimi opposant est nettement différent de celui d’il y a quelques années l’éminence grise du système MPS combattu au jourd’hui. Il a donc un passif à éponger aux yeux de certains de ses compagnons au maquis et aurait du en principe s’inspirer des techniques Markéting ou des Relations Publiques pour se donner d’une nouvelle image qui ferait de lui le sauveur tant attendu d’une république en dérive.


Dans sa mission de chef de l’opposition unifiée, Timan Erdimi a certes rencontré d’énormes difficultés pour asseoir une autorité digne d’un véritable leader car il parait n’avoir bénéficié rarement d’une collaboration franche et sincère de la part de ses camarades dont certains , pour une raison ou une autre autre, ne le portent pas apparemment  dans le cœur. Affaibli, bien avant, par le ralliement au régime de Deby des généraux Issakha Diar , de Ali Rozi  et consorts, Erdimi prend la direction d’une union des mouvements hétéroclites aux interêts divergents qu’il faille réaliser un travail de Sysiphe pour rassembler et harmoniser les actions pour une lutte commune.

Or, Il se trouve que la fusion de tous les mouvements a fait l’objet d’une proposition présentée par l’UFCD d’Adouma Hassaballah lors des travaux sur la création de l’UFR en décembre 2008. Une proposition politiquement courageuse n’ a pas réquis en son temps l’adhésion du RFC de Timan Erdimi et de l’UFDD du Général Nouri qui ont préféré une association des mouvements au lieu d’une véritable Union.

Aujourd’hui, l’histoire est en train de donner raison à ceux qui ont pensé que seule l’unicité d’action contribuera à bouter le fléau Deby hors des bords du fleuve Chari. C’est pourquoi, la priorité de rassembler toute l’opposition fixée comme objectif par Erdimi(interview RFI,le 18 janvier 2009) au lendemain de sa désignation n’a pas connu une exécution à la dimension des attentes.


 
Au maquis, la galvanisation des troupes n’a pas été bien effectuée.Le président de l’UFR a enregistré une seule visite dans les différentes bases des mouvements rebelles et une autre après la constitution des colonnes.En déhors de cela, le contact avec les combattants n’a pas été bien privilégié. Le brassage des troupes a donné lieu à des scènes d’alignement des véhicules,similaires à un rallye au lieu qu’il ait été une occasion pour les combattants de se frotter, de se familiariser et de forger un esprit de corps. Chacun est resté dépendant de son mouvement d’origine à qui il reçoit des ordres et de tout ce qui concerne vivres,carburant, armement et munitions etc.


Les dissentions intervenues au sein de l’UFCD( retrait des éléments de Karim Bori) et de l’UFDD(défection des parents de Tamboulet) n’ont pas été traitées de manière responsable dans l’intérêt de s’opposer à tout ce qui divise ; et l’inaction voire l’indifférence affichée par le principal chef de l’oppostion n’a été guère appréciée. Erdimi aurait du également,pendant cette periode,pésé de tout son poids pour doter en matériels de guerre  un nombre important d’éléments  de l’UFCD qui se trouvaient par terre, tout en ayant à l’esprit qu’en politique, la tenue de la parole donnée est un crédit inestimable.


Il faut signaler enfin que le rapport d’évaluation rédigé sur les événéments d’Amdam ne situe pas les responsabilités des uns et des autres devant une première offensive manquée de L’UFR. Même, si aujourd’hui, certains voudraient réparer le tort, il est cependant urgent de songer à identifier les défaillances pour permettre la réalisation d’ une veritable unité sans laquelle le salut du Tchad serait mis à rude épreuve.

Les calculs mesquins, les hyopocrisies,les trahisons, l’affairisme sur le dos et le sang des autres doivent être bannis à jamais, afin d’ éclore une veritable révolution de notre lutte.Il est vrai que beaucoup d’entre nous ont une conception étriquée de cette lutte,oubliant ostentatoirement que le Tchad n’est ni un village ni un ferrick mais plutôt un ensemble de millliers et des milliers des ferricks et villages. Prisonniers de l’emprise clanique, ils refusent d’admettre que la juste cause doit unir et guider les fils d’une même nation. C’est pour quoi , l’homme doit être jugé selon ses actes et en fonction de la mission publique qui lui a été assignée.


Timan Erdimi qui aura donc l’occasion à rendre compte de sa gestion devant le conseil supérieur de la résistance, seul habilité à le sanctionner, dispose d’un mandat de dix huit mois pour une transition après la chute du pouvoir MPS. Neuf mois après son investiture en tant que président de l’UFR, il continue à contempler, de loin, à partir du sommet de Hadjar Marfaine le fauteuil de Djambangato sur lequel est assis monarchiquement son oncle de président. Jusqu’à quand ?

 


AHMAT YACOUB ADAM

Combattant de l’UFR.