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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Par Talha Mahamat Allim

Genève, Suisse.

 

Chère sœur Aziza Moukhtar,

 

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu votre intervention dans le « dossier Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève ».

 

Je commence par vous remercier de l’intérêt que vous portez à mes écrits et de votre soutien. Vous avez soulevé des interrogations tout à fait légitimes, et c’est avec un grand plaisir que je vous apporte des clarifications.

 

 

Des sites de l’opposition comme canal d’information.

 

Au risque de vous contrarier, on peut exercer une fonction au sein d’une ambassade et apporter ses contributions à travers divers canaux d’information, pourvu que ce que vous écrivez respecte les règles en la matière. Ce principe me concernait jusqu’au moment où j’étais encore en place au sein de l’Ambassade, et les articles écrits à ce moment-là n’ont pas enfreint ce principe. De surcroît, ils ne portaient pas atteinte aux intérêts du Tchad ni à sa stabilité au même titre que les articles ultérieurs. Au contraire, ils visaient la préservation et la revalorisation des intérêts du Tchad au regard de l’évolution du contexte mondial, de manière à promouvoir un développement réel de notre pays. Par ailleurs, avant de les poster sur les différents sites d’information, je les avais soumis aux différentes hiérarchies – de l’Ambassade à la Primature, en passant par le Ministère des relations extérieures pour information. Ce n’est que, en l’absence de réaction contradictoire de leur part, je me suis permis de les partager avec mes compatriotes pour susciter un débat objectif et constructif autour du fonctionnement de nos représentations diplomatiques.

 

En ce qui concerne les sites de l’opposition, ce sont des sites des tchadiens avant de revêtir la casquette de l’opposition. En outre, le fait qu’une contribution soit postée sur un site de l’opposition – qui reste après tout un site d’information consulté par des tchadiens – ne lui enlève en rien sa pertinence ni ce qu’elle peut apporter dans le développement du Tchad, dans la revalorisation de son image et de sa place sur la scène régionale et internationale, pourvu qu’elle ne menace pas les intérêts de notre pays. Rappelons que le poisson est mal placé pour savoir qu’il vit dans l’eau. Par un regard différent apporté par les contributions qui figurent sur ces sites, ces dernières peuvent permettre même à nos dirigeants d’avoir un regard neuf et critique sur leurs façons de faire : ce sont les critiques et l’innovation qui font avancer le monde pourvu que ce soient des critiques constructives et responsables, et que l’innovation soit adaptée ; votre séjour en France peut vous en témoigner, je le pense ! Enfin, le fait de critiquer de manière constructive ce qui ne marche pas bien, tout comme le fait de poster une contribution sur un site de l’opposition – qui est un site d’information – ne fait pas de l’auteur un rebelle. Certaines actions du gouvernement – dont la lutte contre les détournements par exemple – sont relayées par des sites d’information dits de l’opposition, cela ne fait pas des membres du gouvernement des rebelles !

 

Soulignons, en passant, qu’étiqueter de rebelles tous ceux qui critiquent ce qui mérite d’être critiqué ou qui passent par des sites d’information dits de l’opposition (ce sont les plus accessibles) fait partie des armes insidieuses qui sont traditionnellement utilisées par ceux qui ont peur du changement ou de perdre leurs places et se complaisent dans le statu quo. Cette stratégie est facilitée par le lien logiquement infondé qui est vite établi entre une contribution sur un site dit de l’opposition ou une critique et le fait d’être un opposant ou un rebelle. Ces liens subjectivement établis, sans recul et sans aucune logique, méritent d’être déconstruits !

 

Nous devrions plutôt nous féliciter du développement des nouvelles technologies de l’information et de leur accessibilité par un nombre important de tchadiens. Cela permet de prendre conscience de ce qui se passe réellement dans notre pays. Un unique canal d’information ne permet pas de se faire une opinion juste ; ce que permettent, par contre, plusieurs sources différentes d’information à travers leur comparaison : une sorte de triangulation de l’information!

 

Cela permet aussi de mettre au grand jour certaines pratiques d’un autre âge qui, sans ces sites d’information, resteraient occultées !

 

 

De mes collègues.

 

Je vous félicite d’avoir essayé de faire des vérifications ; ceux qui étaient les mieux placés pour le faire et se devaient de le faire ne l’ont pas encore fait. Toutefois, j’aimerais vous informer qu’avec mes collègues, nous avons maintes fois discuté des dysfonctionnements au sein de l’Ambassade dans l’optique de trouver des solutions à l’interne, Dieu seul sait ! Ce qui compte, c’est ce que moi je sais et qu’eux-mêmes savent.

 

D’ailleurs, ils ont chaque fois été mis au courant du contenu de mes articles, et ils m’ont toujours apporté leurs contributions. Ils ont même proposé la tenue d’un colloque au ministère de tutelle pour débattre des dysfonctionnements au sein de nos représentations diplomatiques. Je comprends le fait qu’ils ne veulent pas l’afficher publiquement ou à qui veut l’entendre, au risque d’être étiquetés d’opposants ou de rebelles, ou de subir des représailles ou pour d’autres considérations qui sont du reste légitimes ; la mutation récente d’un autre membre du personnel de l’Ambassade tend à le confirmer !  Ce sont de bons collègues et de bons amis ; et nous avons toujours de bons rapports !

 

 

Du badge et des réunions internationales.

 

Au lendemain de la publication du décret présidentiel et sans qu’il ne me soit officiellement notifié par les voies administratives normales, l’Ambassadeur m’avait envoyé de manière informelle un collègue pour me demander de remettre toutes les pièces d’identification liées à ma fonction à l’ambassade. Ce qui administrativement ne se fait pas !

 

J’ai respectueusement répondu à mon collègue que nous étions dans une administration publique et que tout devait se faire dans le respect des procédures et des règles ! Et toutes les autorités concernées par cette affaire, aussi bien tchadiennes que suisses, étaient au courant du fait que j’allais garder mes cartes de légitimation et badges jusqu’à ce que ce décret soit respecté dans tous ses principes et que la procédure d’application arrive à son terme. Du reste, comment est-ce que l’ambassadeur peut justifier que j’ai refusé de restituer ces documents alors qu’il vient de sortir un certificat de cessation de service au 1er septembre 2009, qui par ailleurs est pour le moment juridiquement infondé ?

 

Cependant, en dépit du fait que ces documents sont restés un laps du temps en ma possession – compte tenu de la procédure en cours, je n’ai jamais représenté institutionnellement le Tchad où que ce soit ; cela ne relevait pas de ma situation du moment et je n’en avais pas le droit. Pour ce qui est de la participation aux rencontres internationales, je n’ai pas besoin d’un badge de l’ambassade pour y accéder ; ma carte professionnelle de presse me suffit et je n’y interviens qu’à titre personnel. Même celui qui n’en a pas, il suffit le plus souvent de s’inscrire et de se faire inviter.

 

 Chère Madame,

 

J’espère que j’ai répondu à vos interrogations et que vous allez croiser plusieurs sources d’informations pour vous faire une opinion juste sur ce que je viens de vous écrire. Pour clore, j’aimerais vous préciser que j’étais parmi les initiateurs de la réouverture de cette ambassade et je ne peux que m’investir dans le sens de son perfectionnement et de sa contribution au développement du Tchad et dans la sauvegarde d’une image digne de notre pays. C’est dans cet esprit que je publie mes contributions, étant en permanence guidé par la recherche des valeurs véhiculées par nos sages, nos ancêtres : la justice, l’intégrité, le respect, la tolérance, le bienfait, l’amour, la solidarité, l’intérêt général, etc.


 

Encore une fois, je vous remercie de m’avoir donné – par vos observations – l’occasion d’apporter un peu plus de clarifications sur des éléments que j’avais considérés comme des détails, mais dont je me rends compte la nécessité en tant que complément d’informations.

 

 

Talha Mahamat Allim.