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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak


M.Acheikh Ibni Oumar,représentant en Europe de l'UFR.

« De quoi le régime d’Idriss Déby a-t-il peur ? »

 

Acheikh Ibn-Oumar est une personnalité politique qu’on ne présente plus. Ancien Ministre des Affaires étrangères, ancien Conseiller de Déby et actuel Représentant Europe de l’Union des Forces de la Résistance (UFR) dirigée par Timane Erdimi, c’est en révolutionnaire aguerri qu’il revient sur le récent ralliement d’Ahmat Hassaballah Soubiane au régime d’Idriss Déby. Refusant de stigmatiser l’attitude de ses amis Soubiane et Tamboulé, le représentant de l’UFR déclare ne pas connaître les motivations des nouveaux ralliés mais avoue que s’il s’était lui-même retrouvé face à des contraintes du même ordre, il aurait agi exactement comme eux. Acheikh Ibn-Oumar a également accepté de répondre à mes questions sur la toute dernière défaite de l’UFR face à l’armée de Déby et essaie de justifier, les nombreux ralliements consécutifs à cette défaite de plus que ni les militants ni les militaires de l’UFR ne semblent avoir digéré. Il renvoie Adoum Younousmi à ses « mensonges », affirme que la plupart des ralliés sont des taupes du régime et juge que la capture de Hammoda n’est pas un signe de faiblesse de l’UFR. Pour le représentant de l’UFR et conseiller spécial de Timane Erdimi, l’origine des faiblesses de l’UFR sont à chercher au sein de l’UFR même. Dénonçant avec une rare passion ceux qui font connaître leur opinion sur internet par rapport à tel ou tel responsable politique de la rébellion, Acheikh Ibn-Oumar estime que ce comportement contribue à créer des fissures au sein de l’organisation et précède souvent les ralliements au régime. Par ailleurs, il dénonce les activités parallèles des militants n’ayant aucun mandat particulier pour s’exprimer ou entamer des démarches politiques au non de l’UFR. Enfin, et à l’instar du porte-parole de l’UFR, Acheikh Ibn-Oumar réaffirme que la rébellion est disposée à un dialogue avec le régime.

 

 

« Le ralliement de Soubiane renforce la stratégie de confiscation de pouvoir et de privatisation de l’Etat qui est celle du régime MPS »

Entretien avec Acheikh Ibn-Oumar

Représentant en Europe de l’Union des Forces de la Résistance (UFR)

 

 

Lyadish AhmedMonsieur Ibn-Oumar, vous êtes représentant en Europe de l’UFR, en quelque sorte un de ses ambassadeurs universels. Alors pour introduire cet entretien, dites-moi franchement : Soubiane a-t-il oui ou non trahi ses convictions et ses compagnons de combat ?

Acheikh Ibn-Oumar –Premièrement, dans ce genre de situation, il faut éviter de focaliser sur les individus. Les frères Ahmad Soubiane et Issa Tamboulet sont pour moi de très anciens compagnons de lutte depuis l’époque du Frolinat. Je connais leurs convictions et leurs qualités personnelles et je ne veux pas leur jeter l’anathème, tant que je n’ai pas une discussion directe avec eux pour essayer de voir les contraintes, qu’on peut d’ailleurs facilement imaginer, qui les ont amenés à cette décision. Peut-être, que si j’avais eu à faire face à ces mêmes contraintes, j’aurais fait le même choix.

Deuxièmement, sur le plan organisationnel, les groupes composant le Mouvement National s’étaient mis en dehors de l’UFR ; donc, ils sont libres de rallier ou de continuer la lutte. En tant que UFR, nous n’avons pas de comptes à leur demander.

Troisièmement, depuis la formation du FSR en 2007, l’apport de ce mouvement dans les grandes opérations militaires a été assez limité et son ralliement ne constitue pas une grande perte sur le plan militaire, même s’il renforce la machine de décervelage débyste visant à enlever aux Tchadiens tout espoir en un changement politique.

Lyadish AhmedMême si ce ralliement ne constitue pas une véritable perte pour l’UFR, il n’est pas dénué de toute conséquence politique…

Acheikh Ibn-Oumar – Sur le plan de la signification politique, je crois, que le ralliement du Mouvement National (MN) est venu à un très mauvais moment, et ne va pas du tout dans le sens de l’amélioration de la situation, ni en termes de bonne gouvernance, ni en termes d’instauration de la paix. Comme tous les ralliements séparés, il va plutôt dans le sens du renforcement de la stratégie de confiscation de pouvoir et de privatisation de l’Etat qui est celle du régime MPS.

Plus précisément, la signature de ce pseudo-accord par le régime, en ce moment particulier fait partie du plan de sabotage du dialogue national global, seul cadre approprié pour sortir de ce long, trop long, cycle de violence.

Le  régime, comme il le fait à chaque ralliement, va durcir sa position et relancer les agressions militaires, estimant que l’opposition faiblit. Donc en signant ce genre d’accord dit de paix, on renforce plutôt la logique de guerre du pouvoir MPS.

Lyadish AhmedPourquoi estimez-vous que le régime se livrerait à un plan de sabotage du dialogue national alors qu’il clame sans cesse sa volonté de faire la paix avec ses opposants armés et non armés ?

Acheikh Ibn-Oumar – Je m’explique: vous avez suivi l’évolution récente de l’Union africaine et des Nations unies, appelant pour la première fois le gouvernement de N’Djamena à reconnaître le conflit inter-tchadien et à négocier avec l’opposition, provoquant d’ailleurs des déclarations publiques très irresponsables de la part du gouvernement. Se sentant coincé, le régime multiplie les manœuvres de récupération pour essayer de sortir de cette situation avec l’air de dire : « ce n’est pas la peine d’organiser un dialogue global, l’opposition est militairement anéantie et les rescapés sont en train de rallier un à un ».

Lyadish AhmedCe n’est donc qu’une simple suspicion de votre part. Il n’y a pas véritablement un plan de sabotage comme vous l’invoquiez à l’instant…

Acheikh Ibn-Oumar– Si, il y a un plan minutieux, en plusieurs volets, pour que l’exemple du Mouvement national (dirigé par Soubiane : ndlr ) soit suivi par d’autres.

D’ailleurs, depuis plusieurs mois, des agents du régime plus ou moins déclarés, multiplient les contacts individuels avec les dirigeants, les cadres, les officiers, et même les simples combattants, en leur faisant miroiter des perspectives alléchantes en contrepartie de leur ralliement.

Le démantèlement des cantons et des sous-préfectures fait partie de ce plan; on espère attirer des opposants en leur disant : « voyez, grâce à Déby votre clan a maintenant sa propre chefferie, votre village est devenu une sous-préfecture !», sans se soucier des effets sociaux et politiques désastreux qui vont plomber la vie nationale pendant des générations peut-être.

Au même moment, le pouvoir paie une multitude de relais étrangers pour convaincre les partenaires extérieurs de l’inutilité d’un dialogue politique avec l’UFR, vu que les opposants seraient en train de rallier un à un.

On peut citer aussi : les attaques contre le territoire soudanais, visant à provoquer une conflagration générale dans la région, l’utilisation des enfants recrutés de force par le MJE et les milices pro Déby dans les camps de réfugiés pour les présenter ensuite comme étant des recrues de l’UFR; le but étant de salir l’UFR et la faire passer pour un partenaire non crédible. Les écrits sur Internet sous des fausses identités soutenant tel responsable de l’UFR et dénigrant tel autre pour semer la zizanie, et retarder la fusion définitive des mouvements constitutifs, contribuent indirectement à ce plan, quelles que soient les intentions réelles de leurs auteurs.

Lyadish AhmedJustement, s’agissant des ralliements séparés, le gouvernement fait état de plus en plus de retours massifs des soldats de la rébellion dans les casernes de l’ANT.

Acheikh Ibn-Oumar – Le travail de réorganisation et de repérage des taupes provoque un sauve-qui-peut chez les éléments infiltrés. Il faut cependant reconnaître que des éléments sincères peuvent se laisser entraîner par impatience ou par opportunisme. Mais je dois dire que les campagnes menées par le régime à propos des ralliements massifs sont des montages à but de propagande. Souvent les quelques ralliés sont renforcés par d’autres éléments ramassés à gauche à droite : coupeurs de route emprisonnés, rebuts des recrutements forcés opérés par le MPS ou le MJE, etc. pour gonfler le nombre. Certains de ces pseudo ralliés sont en réalité des éléments infiltrés dès le départ et qui retournent chez leur commanditaire, soit par ce qu’ils étaient sur le point d’être démasqués soit simplement parce qu’ils ont accompli leur mission et doivent passer le relais à de nouveaux infiltrés.

Lyadish AhmedNe croyez-vous pas qu’à force de nier l’évidence vous êtes en train de laisser l’UFR se vider de ses forces ?

Acheikh Ibn-Oumar – La crainte à avoir ce n’est pas que l’UFR se vide de ses forces mais qu’elle soit plutôt artificiellement gonflée par de nouveaux infiltrés du régime qui viendraient remplacer les anciens, ou par des professionnels des ralliements à répétition qui font un tour par l’opposition afin de pouvoir mieux se vendre au régime.

D’ailleurs pour un mouvement de lutte, le nombre n’est pas le facteur décisif. Pas plus que le matériel. Le plus important, c’est la cohésion idéologique et organisationnelle et la détermination ; sinon comment comprendre que dans toutes les batailles remportées par l’opposition, le rapport de forces était pratiquement toujours de un contre cinq en faveur du régime, sans compter les avions, les blindés, le soutien des forces françaises, etc.

Lyadish AhmedL’opinion nationale croit pourtant que ceux qui rallient sont découragés parce que la rébellion perd toujours tous les combats du fait qu’elle ne se prépare pas, ne s’organise pas et lance des offensives à hue et à dia sous la pression médiatique des militants.

Acheikh Ibn-Oumar – Tant qu’on n’aura pas réussi à renverser militairement le régime, on passera toujours pour des perdants. Alors que ce n’est pas vrai. Le bilan de pertes dans tous les combats a toujours été largement en défaveur de la coalition MPS/MJE.

Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas commis d’erreurs tactiques ; la précipitation fait partie de ces erreurs. C’est vrai pourquoi, le Commandement de l’UFR a reporté à plusieurs reprises sa décision de reprendre l’initiative militaire, malgré la pression psychologique et médiatique de la base ; ce report est du à des raisons de réorganisation interne et des raisons de conjoncture tactique aussi.

Sur le plan de la réorganisation interne, j’avais fait allusion à l’existence de taupes en notre sein. Les combats de mai avaient révélé que nos forces étaient gangrenées par des agents du régime avec pour mission de propager des fausses rumeurs, créer des dysfonctionnements au moment les plus décisifs des combats par la transmission de renseignements ou la création de « trous » dans les dispositifs, etc.

Ajoutez à cela, les difficultés de communication entre les différentes bases à cause de la saison des pluies, sans compter cette maladie infantile des mouvements militants qu’on appelle la « réunionite ».

Lyadish Ahmed – Vous confirmez donc que vous ne lancez vos offensives que sous la pression médiatique de vos militants ou bien d’autres raisons vous empêchent d’agir ?

Acheikh Ibn-Oumar – Ce n’est pas tout à fait cela ; mais bref, Il y a aussi des raisons liées à la conjoncture tactique.

C’est-à-dire qu’il y a eu une série de développements militaires dans la zone qui nous avaient amenés à ajourner nos plans d’action.

Par exemple, il y a eu les attaques de l’aviation tchadienne en territoire soudanais, le régime cherchant à noyer tous les problèmes de la région dans un affrontement direct entre les armées des deux pays, entraînant les forces internationales présentes dans la région. Puis il y a eu des attaques conjointes entre le MJE et l’Armée tchadienne toujours en territoire soudanais. Puis il y a eu la contre-offensive de l’Armée soudanaise contre les bases du MJE dans la zone frontalière. Puis des combats internes aux mouvements darfouri, entre l’aile Minni Arkoï Minawi, alliée aux forces gouvernementales, et l’aile Khalil Ibrahim. Comme toutes ces opérations se déroulaient non loin de nos bases, nous avions préféré calmer l’impatience de nos troupes de peur qu’une action de notre part dans ces différents contextes très compliqués, ne soit confondue aux tensions entre le Tchad et le Soudan, ou aux micmacs soudano-soudanais. Surtout qu’au même moment, nous avions entamé des contacts diplomatiques pour montrer que notre problème est strictement interne au Tchad.

Par ailleurs, nous avons appris que le régime avait mobilisé ses milices pour que celles-ci attaquent les camps de réfugiés, concomitamment à nos offensives, en essayant d’en faire porter la responsabilité par les forces de l’UFR.  N’djamena est très agacé par les rapports des ONG et des forces internationales, confirmés par les administrateurs tchadiens eux-mêmes, qui accusent le gouvernement, à travers ses milices, ses forces armées et leurs alliés « Toro Boro », dans les exactions contre les réfugiés et les autochtones, alors que pratiquement jamais l’opposition politico militaire n’a été mise en cause, à part le triste épisode de l’attaque conjointe  entre l’ex CNT de Djinédi et les dits « Djandjawid » contre les villages de Tiéro et Marena ( région de Goz Béïda : ndlr) en mars 2007 )

Cette prudence de notre part, qui a été appréciée d’ailleurs par nos interlocuteurs (lesquels nous ont encouragés à continuer à faire preuve de discernement dans nos actions), est exploitée par le régime pour dire que l’UFR est incapable de reprendre des actions militaires. Si c’était le cas, pourquoi le régime ne profite pas de notre faiblesse supposée pour répondre à nos appels incessants à un règlement pacifique global et définitif à travers le dialogue inclusif, et persévère dans sa tactique de marchandages individuels, sachant que cela ne fait qu’aggraver le problème de la guerre ? De quoi a-t-il peur ?

Lyadish Ahmed – Adoum Younousmi, Ministre de la Défense par intérim durant les événements, avait fixé à 3 ans la durée de convalescence de l’UFR après les combats de mai dernier. On ne vous a pas entendu commenter cette bravade triomphaliste ?

Acheikh Ibn-Oumar – Personnellement, je ne suis pas partisan de répondre du tac au tac à tous les délires médiatiques du régime. L’opinion n’est pas dupe. Pour la petite histoire, le public de TéléTchad avait constaté que les responsables du régime qui avait monté les mises en scène de matériel prétendument récupéré sur l’UFR, avaient oublié d’enlever les plaques d’immatriculation sur certains véhicules, montrant clairement que c’était des véhicules gouvernementaux.

D’ailleurs, le ministre en question vient d’être démenti par son propre gouvernement qui a affirmé avoir procédé à des bombardements des positions de l’UFR dans le Dar Sila et le Salamat, après avoir clamé que les forces de l’UFR ont été complètement anéanties.

Ces bombardements, soit dit en passant, ont fait des victimes civiles dans de villages frontaliers tchadiens et soudanais, car les mercenaires pilotes qui sont payés à la tâche, évitent de s’attarder trop au dessus de nos positions et larguent leurs charges meurtrières à l’aveuglette sans que cela semble gêner la France et les autres pays européens dont les forces sont présentes au Tchad pour, dit-on, « protéger les civils » !

Lyadish Ahmed – Reconnaissez quand même que les affrontements  d’Am-Dam ont été une véritable Bérézina pour l’UFR…

Acheikh Ibn-Oumar – Le nom de la rivière « Bérézina » est devenu un cliché universel pour désigner un échec dans une entreprise. Je l’accepte dans ce sens banalisé dans la mesure où le repli de nos forces peut être interprété comme un échec. Mais s’il faut prendre ce terme avec toutes ces connotations stratégiques, je le rejetterais car on ne peut pas comparer les combats de mai dernier à l’aventure de l’armée napoléonienne en Russie.

Lyadish Ahmed – Il y a quand même cette réalité que vous ne pouvez pas contester : la capture d’un de vos commandants en chef qui dirigeait les combats que Déby n’a pas hésité à exhiber aux médias pour une ultime humiliation.

Acheikh Ibn-Oumar – La capture du colonel Mahamad Hamoda était un mauvais coup médiatique pour nous. Mais elle ne reflète pas une faiblesse mais plutôt une force. Je m’explique : en tant que Commandant en Second, le frère Hamoda avait toute la possibilité de se retirer avec toute la protection nécessaire, mais il avait préféré rester avec une unité qui était coupée très en profondeur au sein des lignes adverses, en attendant les secours qui avaient tardé. Son sacrifice exemplaire, montrant qu’un vrai chef n’abandonne jamais ses collaborateurs dans les situations les plus désespérées ; et la leçon de  noblesse de caractère qu’il a infligée à ses geôliers, ont un formidable  effet dopant pour ses frères d’armes officiers et combattants.

Pour ce qui est du bilan, mon évaluation est que les combats d’Am Dam étaient loin d’avoir été la déroute de l’UFR clamée à tue-tête et à longueur de journée par les batteurs de tam-tam débystes. Les témoignages visuels de la population dans les zones de combats, décrivent une débandade terrible de la très mal nommée Armée Nationale Tchadienne ; doublement mal nommée d'ailleurs, car, d’une part, elle n’a rien d’une Armée du fait de son organisation et, d’autre part, elle n’a rien de national sur le plan de sa mission et de sa composition.

Les pertes matérielles et  humaines de l’UFR étaient très limitées en comparaison. L’UFR n’a pas peut-être pas remporté un KO, mais au moins une « victoire aux points ».

Je dois reconnaître cependant qu’il y a eu des problèmes de coordination des opérations et l’après Am Dam n’a pas été bien géré par l’UFR, et sur le plan de la communication, et sur celui de la réorganisation interne.

Lyadish Ahmed – Voulez-vous dire que vous n’avez pas remporté la victoire parce que certains parmi vous, notamment le colonel Adouma Hassaballah et le général Nouri, n’ont pas pris part aux combats ?

Acheikh Ibn-Oumar – Si vous faisiez un tour dans nos bases arrière, vous constateriez que justement, l’UFCD et l’UFDD ont eu le plus grand nombre de blessés ; ce qui ne veut pas dire qu’à l’inverse, ils étaient plus impliqués que les autres. De toute façon, les colonnes qui étaient parties en opérations étaient résultat de brassage entre les forces des différents mouvements constitutifs, contrairement aux expériences précédentes où c’était des simples coordinations, chaque mouvement gardant l’autonomie de son armée.

Ce brassage a été un peu mis à mal pendant le repli et l'Etat-major est en train de mettre au point une nouvelle répartition des unités et des officiers d'encadrement.

Pour ce qui est de la non participation des forces de l’UFCD et de l’UFDD, une fois de plus, nous avons affaire à une campagne d’intoxication des agents du régime pour essayer de semer la confusion. Cette campagne exploite peut-être le fait que, d’une part, le 1er Vice-président Adouma Hassaballah était évacué pour des raisons  de santé quelque temps avant les combats et que, d’autre part, l’UFDD a connu des problèmes internes illustrés par la scission sous le sigle UFDD-R dont les initiateurs ont fini par rallier le régime ; sans compter la série de ralliements individuels observés depuis les combats de mai et dont l’importance a été plus que gonflée par la propagande du régime. Ces problèmes internes réels, non rien à voir avec la prétendue manque de combativité des éléments de l’UFCD et l’UFDD.

D’ailleurs, sur le plan opérationnel, le vrai problème n’est pas le manque de combativité supposée de tel ou tel groupe, tout au contraire c’est l’excès de combativité si j’ose dire : beaucoup de combattants et d’officiers ont tendance à foncer tête baissée contre les positions adverses, certaines unités refusent de se faire relever et s’entêtent à rester des jours et des jours, sans dormir ou même manger, plus guidés par leur mépris des forces d’en face et par une émulation interne démesurée que par une véritable planification tactique.

Lyadish Ahmed – Après ses multiples attaques infructueuses et ses ralliements, de moindre importance soient-ils, on a l’étrange impression que la rébellion est gravement affaiblie.

Acheikh Ibn-Oumar – Dans toute lutte, il y a des phases d’euphorie pendant lesquels tout le monde croit en une victoire immédiate et des phases où la tâche paraît très longue et difficile. C’est un processus normal qui a l’avantage de faire le tri entre les militants convaincus qui redoublent de détermination et les  indécis, qui ne sont prêts à s’engager que s’il y a garantie d’un succès facile et rapide.

Les économistes le répètent en permanence : quand on s’écarte des règles de l’orthodoxie, les dégâts sont immédiats, massifs et difficilement réversibles ; alors que quand on suit la voie juste, les résultat sont lents, fragmentaires et précaires.

L’UFR est débout, déterminée, avec une haute conscience de sa mission historique pour contribuer à enrayer la descente aux enfers de notre pays. L’UFR est au travail pour relever les défis.

Lyadish Ahmed – Quels sont donc vos projets actuels ?

La première priorité c’est la réorganisation militaire.

Les combats de mai ont révélé des failles dans les forces armées de l’UFR, dont certaines assez graves, illustrées par l’infestation de nos rangs par des taupes du régime, l’usage anarchique des téléphones, et surtout, la précipitation dans les combats. Depuis les chefs politiques, jusqu’aux logisticiens et infirmiers, c’est la course de vitesse pour être en pointe dès le premier choc avec l’adversaire. D’où la dislocation des chaînes de commandement, de ravitaillement, d’évacuation de nos blessés et des prisonniers  etc. Le commandement militaire a mis en place une commission d’évaluation des opérations et il est en train de revoir l'ordre de bataille ainsi que d'autres questions techniques que je ne maîtrise pas et dont les détails n'ont de toute façon pas leur place dans une interview destinée au public.

Le deuxième axe, c’est la finition de la structuration interne. La liste des membres de l’organe délibérant de l’UFR, à savoir le Conseil Supérieur de la Résistance (CSR) vient juste d’être confectionnée ; et d’autres structures, telles que les commissions spécialisées, les représentations extérieures, et les cellules de bases pour canaliser la disponibilité des militants dans divers secteurs, sont encore en en gestation.

Le Troisième axe, c’est le travail diplomatique : La propagande du régime et des ses alliés extérieurs tend à présenter le problème interne tchadien comme un simple débordement de la crise du Dar Four et les opposants comme des va-t-en-guerre, tribalisés à mort, et assoiffés de pouvoir. Aussi nous avons entamé un travail d’explication auprès des pays et organisations partenaires pour, à défaut d’être soutenus ou approuvés, au moins être entendus et, un peu, compris.


« Nous avons dans nos rangs des individus à la moralité douteuse qui ternissent l’image de l’opposition en général »

Entretien avec Acheikh Ibn-Oumar

(Suite et fin)

 

Lyadish Ahmed – Parlant de vos activités diplomatiques, vous avez effectué très récemment des déplacements à Genève. Avez-vous aussi établi des contacts avec les autorités françaises pour leur expliquer vos projets ?

Acheikh Ibn-Oumar – Des responsables de l’UFR ont fait des déplacements dans divers pays européens, principalement pour diffuser notre programme politique, sensibiliser les autorités concernées sur le problème de la protection des prisonniers,sur la manipulation gouvernementale concernant les enfants –soldats, etc. Mais jusqu’à présent, il n y a rien qui mériterait une projection médiatique.

Car, vous savez, les contacts diplomatiques ont besoin de temps. L’UFR a commencé à exister en janvier. La Représentation Europe a été nommée juste au moment du déclenchement des combats de mai. Il est donc trop tôt pour faire un bilan diplomatique ou pour parler de contacts officiels avec quelque autorité que ce soit ; si tant est qu’un mouvement qualifié de « rebelle » puisse avoir des relations qu’on pourrait qualifier d’officielles avec des gouvernements qui ont des rapports d’Etat à Etat avec N’djamena. L’essentiel c’est de faire parvenir notre point de vue aux partenaires concernés, d’une manière ou d’une autre.

Pour ce qui est de nos projets, on ne peut pas encore vraiment parler de « projets », car cela suppose des textes précis sur les questions importantes ; et, sur ce plan, notre réflexion interne aussi a besoin de temps pour prendre corps, être assimilée par tous, et formulée de façon consistante. Car nos programmes politiques classiques reprenant les mêmes catalogues de critiques sur la gestion du pouvoir, et de promesses de redressement, sont peut-être un instrument acceptable pour la mobilisation de nos sympathisants, mais ne sont pas très vendables sur le plan diplomatique. De toute façon, nous ne recherchons pas le sensationnel. C’est très facile d’écrire sur le Net qu’un tel a été reçu au Quai d’Orsay, et que tel autre a des bonnes entrées auprès de je ne sais quelle organisme, etc. …non, ce n’est pas le genre d’effet que nous recherchons. Les problèmes du Tchad, sont nombreux, anciens et complexes. La scène politique est marquée par la multiplication des sigles, la légèreté des écrits et des démarches, et l’anarchie des initiatives ; tout cela nous dicte une démarche patiente, calme et méthodique  pour gagner en crédibilité et en cohérence.

Lyadish Ahmed –  A qui, précisément, faites-vous allusion en parlant de légèreté des écrits et des démarches ?

Acheikh Ibn-Oumar – Vous savez bien que les auteurs de 90% des écrits tchadiens sur le Net se présentent comme des opposants  et pour les observateurs qui dit « opposants » dit UFR. Ainsi, nous payons le prix en termes d’image. D’autres contactent la Presse internationale ou les milieux diplomatiques, ce qui est leur droit d’ailleurs en tant que d’individus ; mais en se présentant comme militants ou sympathisants de l’UFR, ils donnent à leurs interlocuteurs la fausse impression qu’ils sont mandatés pour exprimer le point de vue de l’UFR. Ainsi, la confusion se crée au niveau des observateurs et nous avons besoin de leur dire, que tout cela n’engage nullement l’UFR, dont les opinions et positions ne peuvent être exprimées que par des responsables ayant un mandat officiel. Un camarade vient de me rappeler récemment les propos que nous avait ironiquement tenus l’ex président éthiopien Mengistu, en 1984: « Frères Tchadiens, vous êtes très forts : cela fait 10 ans que nous sommes en train de préparer la création d’un parti, alors que vous, vous en créer facilement tous les jours ! » Je crois que je n’ai pas besoin d’en dire plus pour me faire comprendre.

Lyadish Ahmed –  Revenons à vos démarches diplomatiques, même non officielles. Genève marque quand même une volonté d’engager des négociations avec N’Djamena par l’intermédiaire de ses partenaires politiques occidentaux…

Acheikh Ibn-Oumar – L’UFR a établi un plan de campagne d’explication en direction des partenaires internationaux, en particulier l’ONU, l’Union européenne, l’Union africaine, et certains pays de la région. Notre représentation, dans son champ d’action a naturellement une petite participation dans ce travail. Nous sommes encore à la phase préliminaire de nos contacts. Quand on aura fait le tour de tous les partenaires pressentis, nous allons en faire une synthèse au niveau du Bureau exécutif, évaluer les possibilités et les conditions d’un dialogue réel avec la Communauté internationale et avec le régime, élargir les concertations internes, et, passer peut-être à une phase plus concrète. Mais aujourd’hui, parler des négociations avec les partenaires occidentaux ou avec le régime,  c’est prématuré.

Lyadish Ahmed – Vous excluez donc de vos démarches toute idée de négociation avec N’Djamena ?

Acheikh Ibn-Oumar – Pour ce qui est du principe de la  négociation, c’est au Pouvoir MPS et ses « coaches » internationaux qu’il faut poser la question.

Quant à notre position de principe, ce n’est pas un secret : nous ne cessons de répéter que la guerre n’est pas un but un soi ; ce n’est qu’un moyen, et même un mauvais moyen d’ailleurs. Seulement, la poursuite de la violence depuis des décennies ne procède pas d’un choix délibéré des militants. On ne se lève pas un matin en disant : « tiens les gars, et si on déclenchait une bonne petite guerre ! ».

Le général Déby avait eu une chance exceptionnelle pour mettre fin à l’engrenage de la violence, malheureusement, il a plutôt aggravé la militarisation du débat politique. Rappelez-vous le : « Moi, je ne suis pas parvenu au pouvoir par un billet d’Air Afrique » !

L’opposition armée, à l’instar des autres forces patriotiques de l’extérieur et de l’intérieur, a toujours affirmé que le problème essentiel du Tchad n’est pas de nature militaire mais politique, et la solution ne peut être donc que politique.

L’UFR est non seulement disposée pour un dialogue, mais dès la formation du bureau, nous avons mis sur pied une équipe pour approfondir la réflexion sur la solution pacifique.

Mais comme je le disais, le pouvoir a des séreuses difficultés à se libérer de cette mentalité de récupération individuelle et de « partage du gâteau », sous couvert de « retrouvailles entre frères ». Or, beaucoup d’entre nous ont déjà occupé de très hautes fonctions, et je ne sais pas quelle promesse de postes peut nous attirer, à moins de créer vingt  postes de Premier ministre et quinze postes de chef d'État !

Lyadish Ahmed – A vous entendre, on croirait que la rébellion suscite encore la sympathie des Tchadiens. Mais ne pensez-vous pas que les Tchadiens ainsi que les partenaires politiques du Tchad ont de moins en moins confiance aux chefs rebelles, jugés pas sérieux ?

Acheikh Ibn-Oumar – Quand je vois, et j’entends, ceux qui parlent au nom du gouvernement, je crois qu’en termes de sérieux, la comparaison est largement favorable à l’opposition.

Cependant, il est vrai que nous avons des failles.

L’incapacité à s’entendre lors des combats de N’djamena de février 2008, au cours desquels, pour paraphraser le général De Gaulle, « le pouvoir n’était pas à prendre mais à ramasser », avait sérieusement affaibli notre crédibilité

Nous avons dans nos rangs des individus à la moralité douteuse qui ternissent l’image de l’opposition en général.

La composition de nos organes dirigeants n’est pas très représentative de la diversité nationale ; il y a une réalité, c’est que la désignation des membres des organes ne se fait pas sur la base du  mérite ou de la compétence mais sur la base d’une répartition par quotas entre les différents mouvements.

Une partie de ces failles s’expliquent aussi par les écrits de certains compatriotes, qui se présentent comme sympathisants ou militants de tel ou tel mouvement, parfois même, comme « présidents » de ceci ou cela, et qui tiennent des propos irresponsables, insultant telle ou telle personnalité tchadienne ou étrangère, attisant les haines ethniques, ou simplement en se lançant dans des commentaires et des analyses sur des problèmes dont ils ne prennent pas la peine de maîtriser les dimensions essentielles.

Un jeune compatriote me faisait remarquer récemment : « il est facile de réunir les Tchadiens, mais il est très difficile de les unir »

Tout mouvement de lutte connaît des tares et des défauts, et le combat pour le changement national passe par le combat contre nos propres défauts, parfois au prix de remises en cause et de ruptures assez douloureuses.

Cela aussi fait partie du sacrifice et la victoire n’en sera que plus douce.

Lyadish Ahmed – Si ces écrits que vous incriminez foisonnent sur internet c’est que certains dirigeants encouragent ou laissent faire parce qu’ils sont fortement tentés par leur promotion personnelle, ignorant ainsi le but principal de leur combat…

Acheikh Ibn-Oumar – Je dois reconnaître qu’en tant que dirigeants nous sommes parfois défaillants : nous avons  tendance à nous laisser facilement flatter et à être trop complaisants ou laxistes.

Le règlement intérieur est violé tous les jours, mais il n’y a presque jamais de sanctions ou des procédures disciplinaires. Presque aucun mouvement ne tient de congrès statutaire pour régler les divergences internes. Résultat: la moindre dissension, parfois très simple, se règle par une scission et la création d’un nouveau mouvement qui connaît à son tour une nouvelle scission et ainsi de suite.

On peut citer les contacts anarchiques avec l’extérieur par des individus non mandatés pour brouiller toute lisibilité de nos positions par nos partenaires, l’absence de distinction entre les problèmes internes qui doivent être discutés au sein de la structure, en respectant la hiérarchie, d’une part, et les problèmes publics, d’autre part.

La conséquence ultime pourrait rendre impossible toute vie organisationnelle interne cohérente, décourager les militants et sympathisants et justifier les ralliements séparés, en tant que solution du moindre mal.

Lyadish Ahmed – Ce saucissonnage par scission des mouvements contribue à affaiblir l’UFR même si vous ne voulez pas le reconnaître

Acheikh Ibn-Oumar – Je reconnais les manquements de l’UFR, à commencer par mes manquements personnels. Mais dans une logique d’amélioration de notre instrument de lutte et non une logique de dénigrement et de découragement qui relève du sabotage.

On peut épiloguer longtemps sur les faiblesses de l’opposition, qui sont, en réalité, celles de la classe politique tchadienne, en général. Mais, au total, on se retrouve face à deux options : ou bien s’engager dans cette lutte et renforcer le cadre commun tout en cherchant à l’améliorer, et surtout, à s’améliorer soi-même, ou bien se jeter pieds et poings liés dans la machine à broyer du  Pouvoir.

Je serais personnellement partant pour une éventuelle troisième voie, mais honnêtement, je ne vois pas par quel cheminement réalisable on pourrait changer les choses en renvoyant dos à dos le régime et l’opposition armée. L'expérience a montré que les insatisfaits qui ont essayé de sauter hors de la pirogue de l'opposition, au nom d’une troisième voie plus radicale ou plus modérée qu’importe, se sont finalement retrouvés entre les mâchoires du crocodile MPS.

Lyadish Ahmed – Que pensez-vous de la recrudescence ces dernières années de regroupements politiques ou d’adhésions fondés exclusivement sur les attaches claniques ou tribales des individus ?

Acheikh Ibn-Oumar –  Le problème, c’est que nous, Tchadiens, avons un héritage assez lourd à gérer. Depuis des décennies, le paysage politique est marqué par l’émiettement, la multiplication des sigles, le « cheffisme », sur fond de méfiance et même d’animosité inter communautaire. Beaucoup de compatriotes ont pris de mauvaises habitudes, au nom de l’engagement politique. Regardez l’évolution des partis civils dits « démocratiques » : on retrouve les mêmes tares : mobilisation communautariste, personnalisation à outrance des directions, etc.; oui, car, tout en accusant le général Déby d’instaurer une présidence à vie, nous avons des petites présidences à vie à la tête de nos partis et nos mouvements.

Ce sous-développement politique et idéologique est le reflet de notre Histoire commune. On ne peut pas s’en libérer du jour au lendemain.

Lyadish Ahmed – Avouez que les attaches claniques sont utilement exploitées par les responsables politiques eux-mêmes, plus portés sur la valorisation de l’ethnie que les simples citoyens.

Si les mouvements ont une coloration tribale, la responsabilité incombe bien sûr à nous autres responsables, qui ne réussissons pas à transformer notre type de recrutement, mais elle incombe aussi à ceux qui refusent de s’engager dans les mouvements sous prétexte de ne  pas être dirigés par un ressortissant de telle ethnie ou telle région.

Lyadish Ahmed – Que voulez-vous dire ?

Des compatriotes, parfois se disant « opposants » ou « démocrates », renforcent inconsciemment la campagne d’intoxication du régime, en focalisant sur l’origine ethnique ou géographique des chefs des mouvements, au lieu de critiquer les programmes et les conceptions.

Si on me dit que les Timane, Adouma, Abdalwahid, Nouri, Adoum Yacoub, Abadour Acyl, Djibrine Assali, Tollimi, etc. ne gèrent pas bien, on peut porter des correctifs ou même des sanctions. Mais si on me dit qu’un tel est neveu de Déby, tel autre a été un collaborateur du régime, tel autre est du BET, tel autre est un Arabe, ou un Tama, etc., honnêtement, je ne sais pas comment apporter des correctifs. La loi permet de changer de nationalité et même de nom, mais on ne peut pas changer son lieu de naissance, ni sa généalogie, ni sa carrière politique passée.

Et le problème est plus grave et plus profond que celui de la prédominance du facteur tribal au sein de tel ou tel mouvement. Ce n’est que la partie visible de l’iceberg. En fait, toute la société tchadienne est en train d’être délibérément et méthodiquement minée, de la ville à la campagne, par le virus de la division.

Quand on observe les failles silencieuses qui sont en train de s’installer sur le plan social, religieux, économique, sécuritaire, foncier, scolaire, administratif, judiciaire, etc. selon des segments centrifuges multiples en apparence, mais qui cachent mal une profonde cassure Nord/Sud, il y a de quoi être vraiment inquiet quant à la viabilité de l’unité nationale. La tâche n’est pas du tout facile surtout que l’Etat lui-même se comporte en pompier-pyromane.

Lyadish Ahmed –N’est-ce pas là une grave défaillance des élites dans la construction d’une nation tchadienne ?

Acheikh Ibn-Oumar –Parfois les responsables politiques et les cadres en général sont pris au piège malgré eux. Il ne faut pas chercher des responsabilités individuelles ; car on ne peut pas dire que tous les individus sont mauvais. Il faut voir ce phénomène de la division comme une sédimentation historique qui s’est mise en place à travers un processus sociopolitique complexe. Il faut en analyser rationnellement toutes les strates pour en dégager un programme de réflexion et d’action bien articulé.

Je le répète souvent, il faut un travail de longue haleine, une structure organisationnelle unitaire cohérente, des cadres conscients, compétents et déterminés, des dirigeants inspirés, des méthodes de travail scientifiques et un discours responsable.

La structure unitaire existe avec l’avènement de l’UFR, pour le reste, et bien…comment dire…il y a sûrement encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire.

Lyadish Ahmed – Pour terminer, que pensez-vous de la dernière interview que Déby a accordé à Jeune Afrique, en particulier s’agissant de l’affaire du porte-parole de la CPDC, Monsieur Ibni Oumar Mahamat Saleh ?

Acheikh Ibn-Oumar –  Permettez-moi de dire que les patriotes tchadiens doivent commencer tout énoncé politique par un rappel de la responsabilité du régime dans la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh. Après le rapport de la Commission d’enquête qui a établi que Ibni a été arrêté par les forces de sécurité tchadienne, le régime, notamment à travers la pitoyable interview du général Déby à Jeune Afrique, tente d’échapper à ses responsabilités en noyant le problème dans un bourbier judiciaire, espérant que le temps finira par faire oublier l’affaire. Il faut maintenir la pression sur les soutiens français et européen du régime pour que le crime de l’oubli ne vienne pas s’ajouter au crime de l’assassinat.

Lyadish Ahmed – Acheikh Ibn-Oumar, je vous remercie.

Acheikh Ibn-OumarMerci

 

 

Propos recueillis par :

Lyadish Ahmed

Chroniqueur bénévole

La Dissidence

Presse Libre d’investigations et de réflexions politiques sur le Tchad