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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Par Talha Mahamat Allim

                                                                Genève, Suisse.

 

 A la veille de la fête nationale tchadienne et du début du mois saint du ramadan, nous voudrions tout d’abord souhaiter à tous nos concitoyens nos meilleurs vœux de santé et de prospérité ainsi que de paix et de développement pour notre cher pays, le Tchad. Aussi, permettez-nous de présenter notre profonde reconnaissance à tous nos compatriotes, notamment ceux exerçant dans les ambassades du Tchad à l’étranger et le Département des Relations Extérieures à N’Djamena, qui ont bien voulu apporter de nombreuses contributions riches et variées dans le débat constructif sur le fonctionnement de nos représentations diplomatiques afin d’impulser une véritable dynamique de progrès social, économique, culturel, scientifique, spirituel et politique à la hauteur des défis du monde actuel. Ce qui permettrait de rehausser l’image et la place du Tchad non seulement sur la scène régionale et internationale, mais aussi aux yeux des tchadiens et tchadiennes. Cette prise de conscience nous conforte dans notre combat pour une diplomatie du développement, celle qui ne se contente pas uniquement de porter les habits classiques de bienséance et de la mondanité mais qui contribue de manière efficace, cohérente et efficiente au développement réel du pays représenté, en l’occurrence le Tchad. Ce qui nous remplit d’espoir d’un meilleur avenir pour notre pays.

 

Cela ne peut être réalisé que si on est habité par une profonde conviction de défendre et de promouvoir l’intérêt général, c’est-à-dire d’être utile et efficace pour son pays, pour ses compatriotes, pour tous. C’est ce principe qui a guidé nos différentes analyses depuis quelques mois et qui va continuer à orienter notre combat intellectuel. C’est dans cette optique que nous aimerions préciser ici que ces analyses ne visent pas le représentant diplomatique en tant qu’individu, mais en tant qu’incarnation symbolique et institutionnelle de l’Etat qu’il représente ;  en d’autres termes, la manière dont il assume concrètement cette incarnation et non pas l’individu en tant que tel. L’ambassadeur, ce n’est pas seulement un titre mais surtout une fonction qui engage l’image et la vie de tout un pays, de tout un peuple. Le représentant diplomatique n’est pas seulement un individu mais un pays, un peuple. Ainsi, la personne qui assume cette fonction doit être à mesure de porter ce costume et de jouer ce rôle, sinon elle ne fait que coller aux apparences ; elle n’est pas à sa place ! Cela est d’autant plus exigé pour les personnes qui assument à la fois les fonctions d’Ambassadeur et de Représentant Permanent. Ce qui demande d’être ferme dans leur recrutement et d’éviter des parachutages de circonstances.

 

C’est cette précision que nous voudrions apporter dans le présent article en réponse à certaines personnes qui prennent les critiques de leurs fonctions de manière personnelle, confondant leurs positions de responsables publics et leurs ego, entachant leur fonction par leur égoïsme, leur égocentrisme et leur égotisme. 

 

Par ailleurs, certains de nos représentants diplomatiques oublient souvent qu’au-delà de l’œuvre de représentation et d’information, ils doivent protéger, négocier et promouvoir les intérêts du Tchad et des tchadiens. Ils se complaisent dans l’archaïsme et mesurent leur performance par la quantité de correspondances expédiées, surtout au pays-mère. Ils sont le plus souvent sans chaleur humaine, faisant tout pour réduire les contacts chaleureux et bienveillants avec leurs collaborateurs, ignorant que ce sont ces contacts qui construisent et consolident une équipe ; le savoir-faire entouré d’un savoir-être augmentent les chances de la performance de l’équipe. Ils oublient également qu’en dehors des discours et démarches officiels, l’obtention de bons résultats passe aussi par une bonne organisation et  un bon fonctionnement des structures diplomatiques, par des négociations et démarches de couloirs, renforcés par la manière de penser, de s’exprimer et d’agir. Ils préfèrent rester dans l’ombre, cultivant l’anonymat, comme s’il y avait des choses qu’ils aimeraient cacher ; ce qui est plus qu’étonnant à l’heure de nouvelles technologies de l’information et de la communication, d’autant plus que ces technologies ont déjà fait leurs preuves ailleurs en matière de contribution au développement.

 

Au regard de l’évolution actuelle du monde, un Chef de Mission se doit à lui-même et doit à son pays d’avoir une bonne culture générale, une maîtrise de certaines langues et certains outils technologiques, avec une bonne capacité de communication et une culture de la performance, ainsi qu’une volonté et une certaine capacité d’en faire bon usage et d’obtenir d’excellents résultats au profit de son pays. Ce que peuvent apporter les jeunes générations, mais elles se heurtent le plus souvent aux griffes des "faucons", prêts à défendre becs et ongles leurs postes et habitudes. Certains des anciennes générations peuvent aussi être source d’un apport substantiel, mais ils se heurtent à des manœuvres de découragement et d’autres subterfuges de la part de ceux qui ne veulent pas que les choses changent et qui cherchent à préserver leurs avantages.

 

Certains de nos Chefs de mission cherchent, par tous les moyens et en chaque circonstance, à maximiser leurs intérêts personnels, privilégiant ce qui peut leur apporter la reconnaissance des autorités hiérarchiques, une promotion, une certaine puissance dans le jeu du pouvoir, des privilèges symboliques et matériels ; le tout sur le dos de leurs collaborateurs qui sont le plus souvent à l’origine des réussites et mérites que s’attribuent ces Chefs. Il serait avantageux, pour la paix sociale, le développement et la prospérité de notre pays, qu’ils se fassent violence et brident leurs appétits matérialistes et leurs désirs frénétiques de reconnaissance et de pouvoir afin de revêtir les valeurs morales, avec un sens d’intérêts collectifs, de l’honneur, de la dignité et du respect pour autrui.

 

Ces observations ont été nourries par notre expérience dans l’Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève ; elles ont été renforcées par des échos qui nous sont parvenus d’ici et là. Ce qui nous étonne, c’est qu’à notre connaissance peu de choses ont changé dans cette Ambassade, Mission permanente ; même les règles élémentaires de l’administration sont piétinées. Si cela relève de l’ignorance, c’est compréhensible mais une formation continue en administration s’avère nécessaire. Par contre, si ça relève d’une simple méchanceté, c’est dommageable pour le responsable et pour la fonction qu’il assume ; le seul remède, c’est de songer à une autre carrière ! En passant, nous voudrions pointer du doigt la bassesse dans laquelle l’Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève est tombée : au moindre rappel, à la moindre mutation, les serrures des locaux abritant l’Ambassade sont démontés et changés sous le prétexte que le personnel rappelé ou muté pourrait revenir pour accéder à Internet, au téléphone, etc. Quelles dépenses inutiles ! Surtout quelle absurdité !

 

Nous aimerions que nos observations soient une source supplémentaire de motivation pour ceux et celles qui voudraient embrasser la carrière diplomatique ou de fonctionnaire en vue d’un véritable changement au profit de la population tchadienne. Nous nous réjouissons déjà de constater certains changements : à titre indicatif, au lieu de continuer à louer les locaux de ses représentations diplomatiques, l’Etat tchadien a entrepris d’acheter ses propres locaux ; ce qui nous semble judicieux et rationnel. Mais, il nous semble aussi sage d’une part de penser davantage au contenu qu’au contenant, et d’autre part, d’œuvrer réellement pour un véritable dialogue en vue de la réconciliation nationale et la consolidation de la paix au Tchad. Le fait que de nombreux tchadiens et tchadiennes s’intéressent à ce débat laisse entrevoir une lueur d’espoir et d’optimisme.

 

De manière spécifique, le Ministère tchadien des relations extérieures devrait prendre le flambeau et entretenir la flamme du changement créateur de paix sociale, de développement, de prospérité… La nature du site d’information sur lequel les différentes analyses et observations sont publiées ne devrait pas leur enlever leur pertinence ni être un obstacle à leur approfondissement en vue de l’adoption et l’application de propositions y formulées ; ça reste un débat tchado-tchadien qui n’a d’autre ambition qu’un meilleur avenir pour les tchadiens et une belle image du Tchad à l’étranger. Quel que soit le gouvernement en place, le débat se poursuivra tant que cette ambition ne sera pas réalisée. Alors soyons à la hauteur des costumes que nous imposent les fonctions publiques que nous assumons, et ne perdons pas de vue la raison d’être de ces fonctions dont le soubassement fondamental reste l’intérêt général avant les intérêts personnels ; sinon changeons de métier ! Rappelons que « les hommes passent, mais les institutions restent » ! Les jours, les semaines, les mois, les années qui viennent nous seront témoins.

 

Talha Mahamat Allim

hatalha@yahoo.fr


Merci pour votre collaboration et surtout pour vos contributions à la construction d'un avenir meilleur pour le Tchad.
Je réitère ici tout notre soutien au frère Makaila Nguebla et à tous les tchadiens et tchadiennes qui oeuvrent inlassablement pour le bien être de leur pays.

Talha Mahamat Allim

Genève, Suisse.