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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

USA:   La nouvelle ouverture des américains peut elle servir le Soudan et le Tchad ?

Par Dr. Djimé Adoum, tchadnews.info


L’inspiration nous vient de la déclaration de l’envoyé du Président Obama pour le Soudan (Darfour) sur le site officiel www.america.gov.  Il faut partir du constat que la situation du Darfour a causé trop de peines aux populations du Darfour comme à celles du Tchad.  Nous estimons aussi que pendant longtemps, le problème n’a pas été géré de manière désintéressée. La nouvelle ouverte américaine nous semble donc être porteuse de beaucoup d’espoir, mais cet espoir doit être accompagné de mesures concrètes pour permettre aux citoyens de retrouver la tranquillité et construire une vie meilleure.


L’envoyé américain, le Général à la retraite Scott Gration auquel le Président Obama a confié la lourde mission de s’occuper de ce problème épineux de la sous-région, est africain dans l’âme pour avoir passé quelques années de sa vie enfantine sur le continent africain.  Il a donc une connaissance intime des intrigues et autres combines qui ont entouré ce problème. Aussi, n’est-il pas surprenant qu’il ait adopté une attitude nouvelle vis-à-vis du Soudan en déclarant caduque la position qui était jusque-là celle du Département d’Etat qui considérait le Soudan comme un état terroriste.  M. Gration d’ajouter que les services de renseignements américains n’ont jamais présenté une preuve irréfutable pour incriminer le Soudan. 

De ce fait, il estime que la décision d’inscrire le Soudan sur la liste des états terroristes « était politique ».  Ceci étant, il veut en finir avec cette phase qu’il estime avoir été un obstacle ayant empêché les Américains d’aider au développement de solutions pour le Soudan en commençant par le Sud-Soudan.  Cette déclaration qu’il a faite devant la Commission des Affaires Etrangères du Sénat américain n’est pas sans antagonistes.  Des voix se sont élevées de part et d’autre, y compris celle du Dr. Susan Rice, Représentante des Etats-Unis aux Nations Unies et celle des ONGs représentée par John Norris du projet Enough.  Les voix dissidentes estiment que le gouvernement de Khartoum doit faire plus pour bénéficier de la levée des sanctions.


Question : Si cette nouvelle disposition arrivait à se matérialiser, quel serait donc l’impact au niveau de la sous-région et quels sont les facteurs qui peuvent aider à la réalisation de la nouvelle vision américaine ?


Pour répondre à cette question, nous devons nous rendre à l’évidence que le problème du Darfour  a été exacerbé par les guerres frontalières que se livrent le Soudan et le Tchad.  Ces deux pays s’accusent mutuellement d’aider leurs rebellions respectives.  De ce fait, les populations sinistrées sont prises aussi en tenailles.   Vu sous cet angle, la nouvelle détermination des américains doit s’attacher à éliminer ce cauchemar militaire et politique qui dure depuis pratiquement quatre ans.  Et plus particulièrement, le Soudan ne doit pas trouver sa paix au détriment du Tchad et vice-versa. 


Nous avons vu les va-et-vient entamés par le Général Gration pour le règlement du conflit soudano-soudanais surtout par l’entremise du Qatar.  Le Dr. Khalil Ibrahim et les autorités soudanaises se sont retrouvés à maintes reprises pour ces négociations.  Nous savons aussi que le Dr. Khalil a élu domicile au Tchad.  Bien que les choses trainent légèrement, cette nouvelle disposition montre la détermination des américains à soutenir le processus jusqu'à son aboutissement.  Ceci nous amène maintenant au problème tchado-tchadien.  Il n’est un secret pour personne que le Soudan abrite les maquisards tchadiens.  Contrairement à ce qui se passe au grand jour dans les tentatives de paix soudano-soudanaises, les efforts de paix tchado-tchadiens sont toujours dans l’obscurité.  Bien qu’il soit nécessaire de procéder ainsi pour donner aux initiatives le maximum de chances de réussite à court terme, la question du retour de la paix au Tchad doit pouvoir se traiter au grand jour si elle doit porter des fruits à moyen et long termes.  C’est dire que si les américains veulent en finir avec cet imbroglio, il faudra déployer beaucoup d’efforts pour solutionner ces crises jumelles.  Il est vrai qu’une branche de l’opposition militaire dirigée par l’ancien ambassadeur Ahmat Hassaballah Soubiane vient de signer un accord de paix avec le gouvernement de Ndjamena, les autres chefs maquisards tels que Mahamat Nouri, Adouma Hassaballah, Aboud Mackaye, Timane Erdimi, Adoum Yacoub Kougou, Djibrine Dassert, Djibrine Assali, Acheikh Ibn Oumar, Albissaty Alazam, Abdarahman Koulamallah et beaucoup d’autres sont toujours en état de belligérance avec le Gouvernement Tchadien.  Le fait que eux aussi se soient déclarés prêts au dialogue, mais de manière inclusive, devrait encourager les américains à jeter un coup d’œil afin d’aider les tchadiens à renouer avec le dialogue et la paix globaux.


Nous reconnaissons le rôle non moins important que joue l’Union Européenne dans le processus démocratique à l’intérieur du pays par le biais de l’accord du 13 août.  Bien que cela puisse être très louable, il est indispensable que les partenaires puissent redoubler et conjuguer leurs efforts avec les voisins du Tchad et l’Union Africaine pour faciliter le retour de la paix au Tchad.


Il incombe aussi aux tchadiens de faire preuve de bon sens et finir avec les intrigues et poser les problèmes le plus humblement possible afin de permettre à nos partenaires de mieux nous aider dans la nouvelle dynamique de paix.  Si nous sommes tous d’accord qu’il n’y a pas de tchadiens supérieurs à d’autres et que le pays nous appartient à nous tous, nonobstant les différences tribalo-ethniques, il devient de plus en plus impératif de finir avec les méthodes peu orthodoxes.  Le pays ne peut pas continuer à être pris en otage pour des fins inavouées.  Le temps est venu pour nous de nous mettre au travail, saisir l’occasion offerte par la nouvelle ouverture des américains et soutenue par les autres partenaires pour sortir de l’ornière.  Nous ne pouvons pas rater cette disponibilité.


Il nous semble clair que l’administration Obama veut rompre avec les vieilles pratiques de ses prédécesseurs.  Cette volonté doit être égalée par celles des africains.  Personne ne fera le travail à notre place.  Les partenaires sont là pour nous donner un coup de pouce mais pas pour faire le tout pour nous, à notre place.  A nous de saisir cette opportunité pour le bien commun de tous les tchadiens et pour un Tchad de paix et de progrès.