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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Un accord de paix vient d’être signé entre le régime du président Déby et le Mouvement National. Bonne nouvelle : au moins des vies sont sauvées. Les différends entre Tchadiens ne peuvent plus continuer à être régler que par la violence. On peut utiliser l’option armée pour obliger le régime de Déby à venir à la table de négociation et surtout lui imposer un partage de pouvoir. Mais au-delà de cet accord et de tous les précédents, une question me taraude l’esprit. Dans aucun accord, et seul Dieu sait combien il y  en a eu depuis l’existence de l’opposition armée, il n’a été fait nulle part mention du sort des victimes de ces guerres fratricides.

Ces morts qui ont donné leur vie pour un changement sont oubliés. Ces défunts  sont passés par pertes et profils. Aucun dirigeant de l’opposition armée n’a fait valoir les droits qui doivent revenir aux ayants droits. Combien sont-ils ces martyrs ? Qui les connait ? Est-ce que les chefs rebelles tiennent des statistiques de leurs pertes sur le terrain militaire ? Combien de soldats ont-ils perdu sur le champ de bataille? Est-ce que les états  major des différents groupes rebelles possèdent-ils des listes de leurs disparus ? De leurs mutilés et de ceux qui sont devenus invalides pour le restant de leur vie ?

Par mi ces victimes, il y a des jeunes qui ont cru à un idéal auquel ils ont sacrifié leur vie, laissant des parents éplorés dont personne n’y pense. Il y a aussi ces chefs de familles qui sont partis abandonnant derrière eux des veuves et des orphelins. Qui se soucient de tous ceux là ? Apparemment personne. Les chefs de la rébellion, après avoir assuré leur strapontin, mettent noir sur blanc parmi les articles, entre autres réclamations, la réinsertion des leurs soldats dans l’armée nationale. Pas mal. Et après ? He bien, après, je l’impression que par leurs actes, ces ex-rebelles disent à ceux qui les ont suivi : «  tout est fini, on oublie tout et chacun pour soi ». Les exemples les plus patents sont sous nos yeux : depuis deux à trois ans, plusieurs de ces chefs ont regagné le régime du président Déby. Une partie de leurs soldats est reversée dans l’armée, des postes de responsabilités et des grades pour les responsables. Quid des morts ? Dommage.

Le journaliste Saleh N’Gaba, a composé et chanté un morceau en 1979 alors que le pays baignait en pleine guerre civile. Le couplet disait « Ils sont tous morts, dit-on, pour la justice et la liberté ». Mais aujourd’hui, il faut que les responsables rebelles disent : « ils sont morts pour la justice et la liberté », pas de « dit-on ». Pour cela, il faut  que les familles de ces disparus sur les champs de bataille soient indemnisées, qu’il y ait une allocation spéciale pour les orphelins et les veuves et que les mutilés soient pris en charge par l’Etat. De l’utopie, me direz-vous ? A chacun son avis.

Ils sont morts pour cet Etat, pour que les générations futures vivent mieux. Et pour cela, la reconnaissance honorifique de l’Etat n’est pas suffisante. Il faut en plus une compensation financière pour ces familles qui ont perdu le socle sur lequel elles se reposaient. Au Tchad, ce n’est pas l’argent qui manque. Il faut rendre justice à ces fils du Tchad.

Hommage à toutes les victimes de ces guerres fratricides.

Pour les morts, que leur âme repose en paix.

Brahim Moussa

brahmous@hotmail.fr